Retour sur les bancs d’école, il faut suivre des cours d’été…
Goéland Marin : Unique, robuste, manteau noir, moins nombreux, souvent en retrait.
Ça y est, il fait chaud, très chaud. On n’a pas vraiment le goût d’aller marcher observer les oiseaux, le soleil est cuisant. De toute façon, en après-midi, les oiseaux ne sont pas très actifs ni visibles. Les hirondelles bicolores commencent à quitter les nichoirs avec la petite famille.
Je vous suggère donc, pour contrer cette canicule, de retourner sur les bancs d’école. Mais pas n’importe quelle école. L’école des goélands et mouettes. Elle est ouverte tout l’été dans Charlevoix, sur les plages et bords de mer de Baie-Saint-Paul jusqu’à Baie-Sainte-Catherine.
Je propose que vous vous installiez bien confortablement à une table de pique-nique, ou dans une chaise de plage. T-shirt, short, maillot sont permis, et même encouragés. Plusieurs, sur la plage de Saint-Irénée, trainent même leur parasol.
Il ne manque que les jumelles ou, si disponible, un télescope sur trépied.
Devant vous, des dizaines, même des centaines de « goélands ». Ils reculent sur la batture en même temps que la marée. Ça vole, ça crie, ça semble se chamailler, c’est en grand nombre qu’ils marchent sur le sable, tout près.
De simples goélands communs, comme on en voit partout ? Rien n’est plus loin de la réalité.
Nous sommes choyés dans Charlevoix. On y trouve régulièrement six espèces de goélands et deux espèces de mouettes. Et il est assez facile, avec un peu d’attention, de réussir à les identifier. Les caractéristiques de chaque espèce sont assez uniques, ce qui rend la tâche simple. L’avantage que nous avons ici est que toutes les espèces sont probablement présentes devant vous, en même temps. Il suffit de prêter un peu attention. C’est la raison pour laquelle on croise souvent un observateur, debout près de sa voiture stationnée le long d’une plage, qui semble scruter attentivement chaque oiseau au travers la lunette de son télescope. Les 100 « goélands » qu’il observe sont en réalité des représentants de différentes espèces. En les observant tous un après l’autre, on remarque les différences. C’est un peu comme un album « Où est Charlie ».
Débutons par les mouettes. Deux espèces sont abondantes : la Bonaparte et la Rieuse. Un signe qui ne ment pas : les mouettes sont toujours 50 à 75% de la taille des goélands. Le bec est plus fin, souvent rouge chez l’adulte, avec des pattes rougeâtres et des ailes plus pointues, ce qui permet un vol ayant des changements de directions rapides, qui ressemble un peu au vol des hirondelles. Les deux espèces ont un capuchon noir qui couvre le devant de la tête, ainsi que du noir au bout de la queue.
Comment les distinguer :
Bonaparte : bec noir et pattes roses.
Rieuse : Bec plus fort, rouge sombre, et pattes aussi d’un rouge plus sombre.
C’est tout.


Les goélands maintenant. Les trois espèces les plus fréquentes l’été sont le bec cerclé, l’hudsonien et le marin.
Le Bec Cerclé possède un bec… ceinturé d’un anneau noir. Difficile de trouver une espèce qui se décrit si facilement par son nom. C’est un goéland qui se plait autant en ville dans le stationnement d’un McDo que sur les rives du Saint-Laurent. La tête est blanche, le bec cerclé est jaune, comme les pattes. Le manteau est gris, le bout de la queue est noir.

L’Hudsonien, autrefois appelé le goéland argenté, est commun chez nous le long du fleuve. Le corps est blanc, le manteau est gris clair (argenté), la pointe des ailes est noire, pattes jaunes. La différence majeure avec le Bec cerclé : le bec est jaune est marqué d’une tache rouge.

Le Goéland Marin, autrefois appelé goéland à manteau noir, est le plus gros des goélands. En vol, ses ailes déployées font 1,66 m d’envergure. Il peut vivre de 23 à 30 ans. C’est un prédateur opportuniste omnivore et charognard. Il n’hésite pas à s’emparer des petits des autres goélands. Moins abondant que les autres espèces, il est toutefois toujours présent. Son dos totalement noir et sa taille nettement plus imposante le rendent facilement reconnaissable, même de loin. On l’observe souvent, seul, perché sur un rocher qui émerge à mer basse.
J’ai mentionné que nous avions six espèces de goélands dans Charlevoix. Les trois autres sont le Bourgmestre, le Brun et l’Arctique On les rencontre moins fréquemment, surtout pendant les périodes de migration.
Une fois qu’on est retourné sur les bancs d’école et qu’on identifie d’un seul coup d’œil nos goélands et mouettes les plus communs, alors nous pourrons sursauter lorsqu’un oiseau observé de correspondra pas… C’est ainsi qu’on observe parfois des raretés…
Bonnes observations.
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