Sensibiliser pour préserver le « système immunitaire » de nos plans d’eau
Olivier Liberge a lavé l'extérieur du kayak d'un plaisancier, un service offert lors de la tenue de son kiosque. Photo Charles Dessureault
À propos de la culture du nettoyage des embarcations, « les États-Unis sont 20 ans en avance sur nous », plaide Olivier Liberge, cofondateur de l’entreprise Ozero qui se spécialise en équipements de lavage de bateaux. Samedi avant-midi, il tenait un kiosque de sensibilisation contre les espèces aquatiques envahissantes à l’entrée de la ZEC des Martres.
Au Colorado, par exemple, « laver des bateaux, c’est une profession », compare M. Liberge. Ici, les gens « savent qu’il ne faut pas transporter des espèces envahissantes, mais [en majorité] ils ne lavent pas leurs embarcations ».
Afin de conscientiser les plaisanciers et les décideurs quant aux risques de contaminations entre les plans d’eau, le véhicule bleu d’Olivier se promène de sites de plein air en municipalités régionales tout l’été. En ignorant les bonnes pratiques, « une larve de moule zébrée de la taille d’une bille de stylo » peut causer des dommages permanents aux plans d’eau qu’elle visite.
« La biodiversité du plan d’eau, c’est un peu comme son système immunitaire. Si tu as de la moule zébrée [dans un plan d’eau] par exemple, ça débalance son écosystème et son système immunitaire devient plus faible. C’est donc plus facile pour une prochaine espèce envahissante d’y entrer. » – Olivier Liberge
Les bonnes pratiques
La règle de nettoyage de base des embarcations, c’est : « Tout ce qui touche à l’eau, c’est à laver. » Cela inclut notamment le côté extérieur de la coque, la remorque, le filtre et l’hélice du moteur, le vivier, les salopettes et les filets de pêche, les gilets de sauvetage, les cordages d’encre, les avirons et les vêtements.
Afin d’enlever toute trace d’espèces envahissantes, Olivier Liberge recommande de laisser tremper ses équipements dans de l’eau chaude quelques minutes et de les frotter brièvement. Pour les embarcations et les remorques, il suggère un lavage à l’eau chaude, et un jet à haute pression pour éliminer les résidus vivants tenaces.
Cet exercice de moins de dix minutes est plus facile à implanter dans la routine des plaisanciers lorsque les plans d’eau sont équipés de stations de lavage en libre-service, soutient-il. Le lac Nairne est toutefois le seul endroit qui en possède un dans toute la région de Charlevoix.
Pourtant, le ministère de l’Environnement offre aux municipalités, aux entreprises et aux organismes jusqu’à 30 000 $ en subvention pour chaque projet de station de nettoyage d’embarcations. L’équipement vendu par Ozero, lui, se vend à 40 000 $.

Il est important de nuancer que l’absence de nettoyage des embarcations et des équipements n’est pas la seule origine de contamination des plans d’eau. Les oiseaux ou les hydravions qui voyagent d’un lac à l’autre, ainsi que les contenus d’aquarium déversés dans les canalisations peuvent aussi contribuer à la propagation d’espèces aquatiques envahissantes.
Ces dernières causes ne sont toutefois responsables que de 10 % des contaminations, selon Olivier Liberge.
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