Charlevoix cartographie sa pollution lumineuse
Richard Poisson, du Club d'astronomie de Charlevoix, participe au projet de cartographie de la pollution lumineuse à l'aide du LANCube. Photo Jérôme Gagnon
Le Club d’astronomie de Charlevoix a entrepris de cartographier la pollution lumineuse sur l’ensemble du territoire grâce au projet LANCube. Réalisée en collaboration avec la Fédération des astronomes amateurs du Québec (FAAQ) et le département de physique du Cégep de Sherbrooke, l’initiative permettra de dresser un portrait précis afin d’offrir un outil aux municipalités.
Charlevoix est l’une des premières régions du Québec à participer au projet LANCube, un programme de science citoyenne qui vise à mesurer la pollution lumineuse à l’aide d’un instrument spécialisé présenté comme unique au monde. Le secteur de Lac-Saint-Jean-Ouest participe également cet été à cette seconde phase du projet.
« Ça fait plusieurs années qu’on a ce projet à l’ordre du jour. Cette année, on a franchi une grande étape avec le début de la cartographie », explique Richard Poisson, du Club d’astronomie de Charlevoix, rencontré lundi devant l’observatoire de Baie-Saint-Paul.
Le relevé est effectué à l’aide d’un appareil appelé LANCube, fixé sur le toit d’un véhicule. Équipé de cinq caméras, d’un GPS et d’un système d’enregistrement, il permet de mesurer les différentes sources d’éclairage en circulant à faible vitesse.
Il évalue notamment l’intensité et la couleur de l’éclairage.

Les premières observations, réalisées dans la MRC de Charlevoix, démontrent que la région bénéficie encore d’un ciel relativement sombre, particulièrement dans les secteurs ruraux.
« En général, la noirceur est plutôt bonne. Les rangs sont bien préservés. Il y a quelques endroits précis où des améliorations pourraient être apportées, surtout au centre-ville et près des quais », souligne Richard Poisson.
Voici d’ailleurs ici un exemple. La couleur bleue sur la carte représente un impact potentiel sur la santé et les écosystèmes plus élevé, alors que le rouge-orange représente un impact potentiel plus faible.

À titre comparatif, la majeure partie de Charlevoix se situe entre les niveaux 2 et 4 de l’échelle de Bortle, qui mesure la pollution lumineuse de 1 (ciel le plus sombre) à 9 (centre-ville fortement éclairé). Les secteurs ruraux offrent ainsi des conditions d’observation parmi les meilleures au Québec, tandis que les principaux noyaux urbains affichent un niveau de pollution lumineuse modéré.
Un outil pour les municipalités
Les données recueillies serviront à sensibiliser les municipalités aux enjeux liés au suréclairage et à mieux orienter leurs choix en matière d’éclairage public.
« C’est un outil supplémentaire que nous voulons présenter aux municipalités. Nous cartographions tout Charlevoix afin que celles qui le souhaitent puissent en bénéficier », indique M. Poisson.
Le Club d’astronomie souhaite éventuellement accompagner les villes et municipalités dans l’élaboration de recommandations ou de règlements favorisant un éclairage plus respectueux de l’environnement nocturne.
Au-delà de l’observation des étoiles, la pollution lumineuse entraîne des conséquences sur la santé humaine et les écosystèmes.
Richard Poisson rappelle que les lumières DEL de couleur blanche ou bleutée réduisent la production de mélatonine, une hormone essentielle au sommeil, tout en perturbant plusieurs espèces animales. Il recommande de privilégier, lorsque cela est possible, des luminaires de couleur ambrée.
Pour le Club d’astronomie, la protection du ciel étoilé constitue également un enjeu touristique.
« Charlevoix est un attrait touristique majeur. Tout en poursuivant notre développement, il faut préserver notre beau ciel étoilé, qui fait partie de l’identité de la région », affirme Richard Poisson.
La cartographie se poursuivra au cours des prochaines semaines vers la MRC de Charlevoix-Est, lorsque les conditions météorologiques le permettront.
Selon la FAAQ, le projet LANCube sera graduellement déployé dans d’autres régions du Québec au cours des prochains mois et des prochaines années.
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Belle initiative qui marquera les décideurs je l’espère. Pour économiser les villes se sont retournées vers le DEL sans se préoccuper des problématiques reliées à cette utilisation moderne mais non sans conséquence pour l’humain.
Bravo pour cette initiative