Patrick Lavoie plaide pour une table de concertation régionale sur l’avenir de la forêt
Patrick Lavoie devant la scierie de Saint-Hilarion Photo d'archives
Les décisions touchant l’avenir de la forêt québécoise devraient davantage partir des régions. C’est le message que lance le maire de Saint-Hilarion, Patrick Lavoie, qui estime qu’une table de concertation régionale réunissant élus, industrie forestière, acteurs économiques, groupes environnementaux et utilisateurs du territoire permettrait de mieux répondre aux réalités propres à chaque milieu.
Sa réflexion survient à la suite de la publication d’un rapport de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), qui conclut notamment que plusieurs régions demeurent principalement des fournisseurs de matière première, alors que la valeur ajoutée liée à la transformation pourrait être davantage développée.
Selon Patrick Lavoie, le rapport met en lumière des enjeux connus depuis plusieurs années, mais rappelle surtout la nécessité de revoir la façon dont les décisions sont prises. « Il faut écouter les milieux. Il va falloir écouter les régions et les acteurs. On ne peut pas appliquer la même recette partout au Québec parce que chaque région possède ses particularités. »
Pour le maire, la solution passe d’abord par un dialogue permanent entre les différents utilisateurs de la forêt. « Je crois essentiel d’avoir une table où tout le monde va parler. Les idées doivent partir des milieux. Oui, le gouvernement a un rôle à jouer, mais les régions aussi. »
Patrick Lavoie rappelle qu’une démarche semblable avait été évoquée lors des discussions entourant le projet de loi 97 et souligne qu’une initiative de concertation a également été menée récemment au Saguenay.
Pas qu’une histoire de bois
Si la transformation forestière demeure au cœur des préoccupations, le maire insiste sur le fait que la forêt est aujourd’hui sollicitée par un nombre grandissant d’usagers.
Industrie forestière, tourisme, acériculture, activités récréatives, protection de l’environnement : tous revendiquent désormais une place sur le territoire. « Il faut réfléchir à tout ce que la forêt peut nous apporter. Oui, il y a les matières premières, mais il y a aussi le tourisme, les érablières et tous les usages du territoire. Il faut trouver un équilibre », résume-t-il. Selon lui, cette multiplication des usages rend les décisions beaucoup plus complexes qu’autrefois.

Une industrie qui demeure fragile
Le maire rappelle que Charlevoix possède déjà une importante capacité de transformation du bois, notamment grâce à ses scieries, ce qui distingue la région de certains autres territoires davantage axés sur l’extraction de la ressource. Il demeure toutefois prudent. « Charlevoix a déjà beaucoup de transformation, mais malgré les dernières réformes qui ont permis de répondre à certains enjeux d’approvisionnement à court terme, ça demeure fragile », affirme-t-il.
Il estime que la diversification des produits forestiers, le développement de nouveaux matériaux ainsi qu’une meilleure valorisation de la ressource devront faire partie des solutions pour assurer la pérennité du secteur.

Patrick Lavoie croit également que les nouvelles orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT) pourront contribuer à mieux encadrer les usages de la forêt, mais insiste sur le fait que l’objectif ne doit pas être de contraindre une industrie au profit d’une autre. « Il faut trouver des compromis. Personne ne souhaite exploiter la forêt pour tout couper. Tout le monde veut une exploitation durable qui permettra aux entreprises d’exister encore dans plusieurs années. »
Selon lui, l’avenir de l’industrie forestière passe moins par une opposition entre les différents utilisateurs de la forêt que par une gouvernance davantage ancrée dans les réalités régionales.
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