Le Canada doit s’attendre à une hausse des demandeurs d’asile haïtiens et syriens
Frantz André, en premier plan, porte-parole du Comité d'action des personnes sans statut (CAPSS), s'entretient avec un migrant haïtien, qui a souhaité rester anonyme et qui a récemment franchi la frontière depuis les États-Unis, dans ses bureaux à Montréal, le mercredi 4 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi
Par Morgan Lowrie
Le Canada doit s’attendre à une hausse des demandeurs d’asile haïtiens et syriens à partir de la frontière avec les États-Unis, selon des groupes qui viennent en aide aux demandeurs d’asile.
Frantz André, porte-parole du Comité d’action des personnes sans statut (CAPSS), à Montréal, a dit faire ce constat depuis que la justice américaine a autorisé l’administration Trump à mettre fin aux protections juridiques accordées aux migrants fuyant la violence et les catastrophes naturelles en Haïti et en Syrie.
Certains seront autorisés à déposer une demande d’asile, car ils ont de la famille proche au Canada, mais d’autres seront probablement remis aux autorités américaines, où ils risquent d’être placés en détention, puis expulsés vers des pays où ils courent un danger, a-t-il expliqué en entrevue.
M. André affirme connaître plusieurs personnes qui ont entrepris le voyage vers le nord depuis les États-Unis après avoir pris connaissance de la décision de la Cour suprême américaine, qui expose des centaines de milliers de personnes à un risque de détention et d’expulsion.
Jeudi, la Cour suprême des États-Unis a autorisé l’administration Trump à mettre fin aux protections juridiques pour les migrants fuyant la violence et les catastrophes naturelles en Haïti et en Syrie. Des centaines de milliers de personnes sont aujourd’hui confrontées à la perspective d’une expulsion.
Quelque 350 000 Haïtiens ont obtenu le statut de protection temporaire, dont beaucoup ont vécu et travaillé légalement aux États-Unis pendant des décennies, et ont des enfants qui sont citoyens américains. La décision de jeudi, qui devrait entrer en vigueur le 27 juillet, s’applique également à environ 6000 Syriens en sol américain. Cela pourrait également ouvrir la porte à l’administration, qui met fin aux protections de 1,3 million de personnes dans 17 pays.
Une avocate d’Amnistie internationale Canada affirme que cette décision de justice illustre une fois de plus pourquoi les États-Unis ne devraient pas être considérés comme un pays sûr pour les demandeurs d’asile.
Julia Sande estime que le Canada devrait se retirer d’un accord clé pour les réfugiés qui lui permet de refouler les demandeurs d’asile entrant depuis les États-Unis au motif que ce pays est sûr.
— Avec des informations de l’Associated Press
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