Mon premier amour… aviaire.

Par Michel Paul Côté 6:00 AM - 21 juin 2026 Chroniqueur | oiseauxcharlevoix@gmail.com
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On observe facilement le merle d’Amérique autour de notre propriété, dans les parcs publics, en ville comme à la campagne. Et on l’écoute du matin au soir, du printemps à l’automne. Il nous chante le beau temps.

Aujourd’hui, la chaleur, la vraie, est de retour. Enfin. Le café du matin est dégusté dehors sur la terrasse, lentement, pour la première fois de la saison. Je profite de l’instant, de la chaleur du soleil, du calme de la matinée qui débute. Le merle chante, et me ramène à mes souvenirs de jeunesse, un peu nostalgique.

Très jeune, le merle d’Amérique me fascinait. Il était toujours présent, peu importe où je me trouvais. Nullement farouche, il se laissait observer à loisir, du matin au soir. Avant même de sortir dehors, son chant m’indiquait qu’il était bien là, probablement à chercher des vers et des chenilles dans la pelouse afin de nourrir ses petits, tout près.

Le merle d’Amérique fait partie de ces présences discrètes mais constantes qui traversent une vie entière sans jamais perdre leur charme. Dans un monde en constante évolution, le merle incarne une forme de continuité rassurante, réconfortante.

Pour beaucoup de québécois, le chant du merle nous ramène à notre enfance, période de jeu et d’insouciance, alors que dès l’aube ce fidèle compagnon nous invitait, avec insistance, à aller le rejoindre. Et son chant constant, mélodieux, riche et modulé, nous accompagnait souvent jusqu’au coucher du soleil.

Tout le monde reconnait le merle : poitrine rousse, imposante, dos sombre. Bec jaune, assez long et costaud afin de creuser dans la pelouse, et un discret anneau blanc autour d’un regard sympathique.

Dans Charlevoix, le merle d’Amérique passe de plus en plus l’hiver chez nous. Pas tous, mais quelques bandes de téméraires qui se nourriront de petits fruits gelés aux arbres et arbustes de nos propriétés. Mais son chant est moins fréquent l’hiver, et il est plus discret, fréquentant les boisés en quête de nourriture.

Vers de terres, chenilles : beaucoup de protéines…

C’est au printemps, dès la mi-avril, avec le retour de ses compagnons qui reviennent du Sud, que les chants caractéristiques reprendront. Lorsque le merle chante, c’est signe que la vie reprend et que l’hiver s’efface, pour quelques mois.

Le mâle courtise sa douce, s’accouple, et forme un couple monogame pour la saison. La femelle construit le nid, souvent non loin de la maison, dans une branche, dans des buissons, même sur une petite plateforme fixée sous une corniche de bois. Brindilles, tiges, herbe, le tout retenu avec un peu de boue, c’est solide. Environ 4-5 œufs seront pondus et couvés pendant 11 à 14 jours. La femelle couve, le mâle la nourrit.

À l’éclosion les deux parents vont nourrir les petits en alternance. On assure une surveillance constante. Les insectes, chenilles, vers de terre, assurent une nourriture riche en protéines. Après 3 semaines, on tente le premier envol, sous l’œil attentif des parents.

Mais les petits ont beaucoup à apprendre et ils demeureront avec les parents pendant presque 1 mois.

Beaucoup de bouches à nourrir. Les deux parents ont beaucoup de travail.

Étant donné que la saison de reproduction du merle débute très tôt au printemps, il n’est pas rare que le couple puisse élever 2 couvées avant l’arrivée de l’automne.

D’ailleurs, la population du merle d’Amérique se porte bien. On en compte 50 millions au Canada, avec une augmentation annuelle d’environ 7%. Son aire de distribution tend à s’étendre, car l’espèce cohabite bien avec l’humain et profite des ses aménagements, que ce soit en ville ou à la campagne.

Alors ne négligez pas le merle d’Amérique, observez-le, écoutez-le, et laissez-le vous transporter pour quelques instants dans votre enfance.

Bonnes observations.

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