Moulin Bouchard : préserver un témoin unique de l’histoire rurale
Moulin Bouchard Photo Félix Côté
Le Moulin Bouchard, l’un des plus importants témoins du patrimoine industriel et agricole de Saint-Irénée, fait aujourd’hui l’objet d’une vaste mobilisation citoyenne. Réunis sur le site du moulin jeudi matin, les membres du Comité pour la sauvegarde du Moulin Bouchard ont annoncé le lancement d’une campagne de sociofinancement destinée à soutenir des travaux urgents de restauration.
Pour Danielle Bouchard, propriétaire du bâtiment et descendante de la famille qui l’a exploité pendant plusieurs générations, l’objectif dépasse largement la préservation d’une simple construction.
« Il ne s’agit pas seulement de restaurer un lieu, mais de faire vivre ce qu’il raconte et ce qu’il peut encore nous dire aujourd’hui », a-t-elle affirmé.
Situé en bordure de la rivière Jean-Noël, dans le rang Saint-Pierre, le moulin constitue un rare témoin de l’activité économique qui a contribué au développement du secteur nord de Saint-Irénée. Actionné autrefois par la force hydraulique de la rivière, il servait à transformer différentes ressources utilisées par les agriculteurs et les habitants de la région.
Selon Mme Bouchard, le moulin produisait notamment du bois d’érable, du bardeau, des pieux pour les clôtures agricoles ainsi que divers autres produits dérivés du bois. Fait exceptionnel, une grande partie des équipements d’origine est toujours présente à l’intérieur du bâtiment. « Toutes les machines sont encore en place », souligne-t-elle.
Le moulin aurait également joué un rôle déterminant dans la construction de nombreux bâtiments du nord de Saint-Irénée et des environs, fournissant une partie des matériaux nécessaires au développement de la communauté.
Un lieu connu bien au-delà de Charlevoix
Au-delà de son importance historique, le Moulin Bouchard occupe une place particulière dans l’imaginaire collectif québécois. Plusieurs téléspectateurs l’ont découvert dans les années 1980 grâce au populaire téléroman Le temps d’une paix, où il incarnait le moulin de Siméon Desrosiers.
Cette visibilité a contribué à faire connaître le site à l’échelle du Québec et à renforcer l’attachement du public envers ce bâtiment patrimonial niché dans un environnement naturel remarquable.
Aujourd’hui, le projet de sauvegarde vise autant la restauration du bâtiment que la mise en valeur de son histoire, des savoir-faire traditionnels qui y sont associés et du paysage qui l’entoure.
Des travaux déjà amorcés
Le chantier est déjà commencé. Danielle Bouchard explique que les premières interventions ont été réalisées à l’automne dernier avec des travaux de maçonnerie. Les efforts se concentrent maintenant sur la structure et les fondations du moulin, dont l’état nécessite des interventions importantes.
Le projet est porté par un comité citoyen composé de Claude Boulet, Valérie Boulet, Élise Dubuc, Serge Bouchard et Céline Lapointe.
« Moi seule, je ne pourrais pas atteindre le but et réaliser la sauvegarde de ce moulin et de son site exceptionnel », a indiqué la propriétaire.
Selon elle, la restauration pourrait également contribuer à faire découvrir une facette moins connue de Saint-Irénée en invitant les visiteurs à explorer l’arrière-pays du rang Saint-Pierre, ses paysages, ses points de vue et son activité agricole.
Un appui du milieu
Le projet bénéficie déjà de l’appui de la Municipalité de Saint-Irénée ainsi que de la MRC de Charlevoix-Est. Danielle Bouchard a notamment souligné la collaboration de Catherine Gagnon et de Stéphane Charest dans l’avancement du dossier.
Le moulin a également obtenu une aide financière dans le cadre du Programme d’aide aux bâtiments patrimoniaux de la MRC de Charlevoix-Est. Cette contribution était toutefois conditionnelle à la reconnaissance du bâtiment comme bien patrimonial par la municipalité.
La campagne de sociofinancement lancée cette semaine doit permettre de poursuivre les travaux et de franchir les prochaines étapes d’un projet qui s’échelonnera sur plusieurs années.

Les différents acteurs liés au projet. Photo Félix Côté
Pour les membres du comité, l’enjeu dépasse la conservation d’un bâtiment ancien. Il s’agit de préserver un lieu qui témoigne à la fois du savoir-faire des générations passées, du développement agricole de Saint-Irénée et d’une page bien vivante de l’histoire de Charlevoix.
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