Le cœur dit oui, mais la réflexion est loin d’être terminée. Au lendemain de la troisième édition du Festival Pour un instant, sa présidente Angélique Boulet se réjouit de la progression observée cette année tout en reconnaissant que l’avenir de l’événement passera inévitablement par un meilleur soutien financier.
Malgré une météo parfois capricieuse, l’organisation estime avoir livré sa meilleure édition à ce jour. L’achalandage a progressé, la programmation s’est diversifiée et plusieurs ajustements apportés à l’expérience des festivaliers semblent avoir porté fruit.
« Je pense que c’est unanime du côté des festivaliers, du comité organisateur et du conseil d’administration. On est satisfaits. C’est une progression par rapport à l’an deux, autant en termes d’achalandage, d’organisation que de programmation musicale », affirme Angélique Boulet.
Selon elle, le festival est parvenu à rejoindre une clientèle plus large sans perdre l’essence qui le distingue.
« Tout en gardant notre créneau très intimiste, cette proximité et cette authenticité avec les artistes », explique-t-elle.
La présidente attribue cette progression au travail réalisé au cours de la dernière année. L’organisation a notamment pris le temps d’analyser les commentaires reçus lors des éditions précédentes et de s’entourer davantage dans la prise de décisions.
« La clé, c’est vraiment de réfléchir, de s’entourer et d’analyser. On a constitué un conseil d’administration et ça nous permet de nous faire une tête à plusieurs et d’aller plus loin dans nos réflexions », indique-t-elle.
Elle souligne également l’apport essentiel des bénévoles qui rendent l’événement possible.
« Sans la passion, on ne serait jamais arrivés là. On est une équipe de direction entièrement bénévole avec des bénévoles extraordinaires. Ça fait trois jours qu’on travaille jusqu’aux petites heures du matin. »
Des festivaliers conquis
Tout au long de la fin de semaine, Angélique Boulet et son équipe ont pris le pouls des festivaliers. Les commentaires reçus confirment, selon elle, que les changements apportés au site ont été appréciés.
Le déplacement des activités vers le premier palier des Jardins des Lilas a notamment permis de créer une ambiance plus chaleureuse et plus conviviale.
« Les gens ont beaucoup aimé le côté plus cocooning et plus fluide. On a mieux pensé notre site », résume-t-elle.
L’ajout d’un chapiteau, installé en prévision du mauvais temps, s’est également avéré bénéfique. Malgré les conditions météorologiques variables, les spectacles de samedi soir ont attiré un nombre de spectateurs jugé satisfaisant par l’organisation.
Pour Mme Boulet, cette réponse du public démontre que l’expérience globale offerte aux festivaliers joue un rôle aussi important que la météo.
L’accueil réservé aux artistes demeure également au cœur de l’identité du festival.
Selon sa présidente, plusieurs musiciens soulignent chaque année le caractère unique de l’événement, tant pour la proximité avec le public que pour l’attention portée à leur séjour.
« Ce qui plaît aux artistes, c’est l’authenticité du lieu et l’accueil qu’on leur réserve. Quand ils viennent manger à notre zone gourmande, ce sont des produits du terroir et des plats faits maison. Ce sont de petits détails qui font une grande différence », estime-t-elle.
Le nerf de la guerre
Si le bilan est positif, la question du financement demeure toutefois au centre des préoccupations de l’organisation.
Le Festival Pour un instant est actuellement produit avec un budget variant entre 75 000 $ et 80 000 $, tout en reposant essentiellement sur le travail de bénévoles.
« Quand tu produis un festival de cette qualité avec moins de 100 000 dollars et une équipe à 100 % bénévole, ça ne pourra pas continuer de fonctionner comme ça », affirme Angélique Boulet.
La présidente soutient que plusieurs partenaires privés ont déjà démontré leur volonté d’accroître leur contribution à la suite de cette troisième édition. Elle souhaite maintenant voir les institutions publiques emboîter le pas afin d’assurer la pérennité et le développement de l’événement.
« Il faut trouver l’équilibre entre l’âme du festival et sa rentabilité. C’est cette balance-là qu’il faudra continuer à travailler », résume-t-elle.
La volonté de poursuivre l’aventure est bien présente au sein de l’organisation. Toutefois, avant de confirmer officiellement une quatrième édition, l’équipe entend réaliser un bilan complet de l’événement et analyser les différentes possibilités pour l’avenir.
« Le cœur dit un gros oui », lance la présidente.
Elle reconnaît également que la croissance du festival devra s’accompagner d’un meilleur partage des responsabilités.
« Je ne suis pas une machine puis je travaille comme une machine actuellement. J’ai besoin que mon rôle soit plus humanisé. Ça me prend des ressources pour m’aider un peu. »
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