À l’avenir, pas d’eau = pas de développement
Réservoir d'eau potable à Clermont Photo Félix Côté
Avant d’ouvrir de nouveaux terrains à la construction, les municipalités devront désormais mieux démontrer qu’elles ont les ressources nécessaires pour les desservir. Avec les nouvelles orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT), les MRC devront dresser un portrait de l’utilisation de l’eau, évaluer les besoins pour les 30 prochaines années et tenir compte de la qualité comme de la quantité disponible.
Cette nouvelle obligation s’inscrit dans l’orientation visant à « assurer la pérennité et la protection des ressources en eau par une gestion intégrée ». Le gouvernement demande notamment aux MRC d’identifier les sites de prélèvement d’eau potable, leurs aires de protection et les enjeux pouvant affecter la disponibilité de l’eau.
Concrètement, cela signifie qu’un développement résidentiel ne pourra plus seulement être évalué selon l’espace disponible ou le potentiel de taxation. Il faudra aussi répondre à une question plus fondamentale : y a-t-il assez d’eau pour accueillir ces nouveaux ménages?
À la MRC de Charlevoix-Est, Jean Guillemette, responsable de l’aménagement du territoire, résume l’enjeu. « Les municipalités devront être capables de démontrer leur capacité à desservir les nouveaux projets. » Il donne l’exemple d’un développement résidentiel qui, à l’avenir, devra s’appuyer sur une preuve de capacité en eau potable et en infrastructures, plutôt que sur une simple volonté de croissance.
Même lecture du côté de la MRC de Charlevoix. Marylène Thibault, coordonnatrice à l’aménagement du territoire, explique que cette donnée deviendra un outil de décision. « L’analyse des terrains disponibles, le diagnostic en habitation et l’évaluation de la ressource en eau devront être mis en relation avant de déterminer jusqu’où une municipalité peut se développer».
Cette approche pourrait avoir un impact direct sur les périmètres urbains. Avant d’agrandir une zone constructible, les MRC devront regarder ce qui est déjà disponible à l’intérieur des milieux existants. La densification douce, la requalification de terrains et l’utilisation plus efficace des infrastructures déjà en place risquent donc de devenir des passages obligés.
L’objectif n’est pas d’empêcher le développement, mais de mieux l’arrimer à la capacité réelle du territoire. Dans un contexte de crise du logement, cela ajoute une nuance importante : construire plus, oui, mais pas n’importe où, ni sans vérifier si les services essentiels peuvent suivre.
Pour les deux MRC de Charlevoix, l’eau devient ainsi plus qu’un enjeu environnemental. Elle devient un critère d’aménagement, un facteur de planification et, possiblement, une limite concrète à certains projets futurs.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.
Très bon énoncé de la situation. En effet, on ne peut assurer le développement domiciliaire sans assurer la pérennité et la protection des ressources en eau.
La connaissance de nos ressources entraîne une planification judicieuse.