Des élèves incapables de « nager pour survivre »
Un enfant profite de l'eau rafraîchissante d'une piscine résidentielle. Photo courtoisie
Après 35 ans à enseigner l’éducation physique dans les écoles de Charlevoix, Simon Fortin souhaite voir les cours de natation devenir une composante obligatoire du parcours scolaire québécois.
L’enseignant du Centre de services scolaire de Charlevoix rencontrera ce lundi la direction générale du CSSC afin de discuter de l’implantation du programme « Nager pour survivre » dans les écoles de Charlevoix.
Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, il affirme vouloir relancer un dossier qu’il défend depuis plusieurs années.
« Je pense que le système d’éducation du Québec pourrait inclure les cours de natation obligatoires dans le cursus scolaire, comme il le fait pour le participe passé, les résolutions de problèmes en mathématiques, les cours d’anglais et toute autre matière enseignée pendant nos études de 5 à 17 ans », écrit-il.
Joint par téléphone, Simon Fortin mentionne que les statistiques observées sur le terrain démontrent qu’il reste beaucoup de travail à faire. Malgré la tenue de quatre cours de natation en 3e année et de quatre autres en 4e année à La Malbaie, près de 60 % des élèves réussiraient actuellement le programme « Nager pour survivre ».
« C’est un exercice où tu tombes à l’eau, tu fais une culbute, tu tiens une minute sur place et tu fais 50 mètres pour te rendre au quai. Si tu réussis ça, ça équivaut à un niveau 4 », explique-t-il.
Pour lui, ces résultats sont préoccupants. Si un tel résultat est atteint dans les écoles primaires de l’Est, il estime que les résultats seraient nettement inférieurs pour les élèves qui n’ont pas eu accès à ces cours.
L’enseignant affirme avoir eu plusieurs discussions avec le CSDC au fil des années, mais estime que les mêmes arguments reviennent constamment.
« Plusieurs raisons sont souvent énumérées. Le nerf de la guerre, c’est le côté monétaire. Pourtant ici, ça ne coûte pas cher. Les piscines sont à proximité dans la majorité des cas et il n’y a pas plus d’intention », déplore-t-il.
Simon Fortin indique également avoir transmis un plan d’implantation complet à la députée de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Kariane Bourassa, qui est aussi ministre responsable du Sport, du Loisir et du Plein air.
« J’ai écrit à son bureau. J’ai envoyé notre dossier. Mon nouveau combat, c’est que ça soit intégré au réseau directement », affirme-t-il.
Sa sortie publique survient dans la foulée de deux rapports du coroner Dr Edgard Nassif portant sur une tragédie survenue à Montréal. Le coroner conclut à une double noyade accidentelle ayant coûté la vie à une mère de 34 ans et à son fils de trois ans dans une piscine résidentielle.
Dans ses analyses, le coroner met notamment en lumière plusieurs facteurs de risque et rappelle l’importance de la prévention, de la surveillance constante ainsi que de l’apprentissage de la natation.
« Il est grand temps de mettre fin à la discussion. Il y a de nombreux rapports chaque année et on est toujours dans l’attente. On en parlait déjà sous le gouvernement Charest. Il faut agir », soutient Simon Fortin.
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