Les municipalités de Charlevoix et les oiseaux officiels
L'oiseau officiel de Saint-Hilarion : le merlebleu.
Ça fait plusieurs mois que je mets continuellement cette chronique sur pause.
Le projet de convaincre toutes les municipalités de Charlevoix de se doter d’un oiseau officiel me tenait à cœur depuis longtemps. La raison pour le délai : plusieurs municipalités ont accepté, mais il fallait attendre que la résolution soit adoptée. Une fois adoptée, je me préparais à publier, mais une autre municipalité entamait le processus. Aussi bien attendre un peu pour inclure dans la chronique la prochaine ville, puis attendre encore car une autre ville débute la réflexion, etc. etc.
Finalement, je publie aujourd’hui, même si plusieurs de nos villes et villages n’ont pas encore terminé leur processus d’adoption. Je parlerai des autres dans les prochaines chroniques.
Les oiseaux officiels comptent pour les citoyens des municipalités de Charlevoix parce qu’ils transforment un simple symbole en projet collectif, en santé publique et en fierté locale. Ils servent à rapprocher les gens de leur milieu de vie, tout en rappelant que la protection de la nature fait partie du développement d’une communauté.
Un oiseau officiel donne une identité commune à une municipalité. Quand des citoyens se reconnaissent dans le merlebleu, l’hirondelle ou une autre espèce choisie, ils disposent d’un repère concret pour parler de leur territoire et de ce qu’ils souhaitent préserver. Dans Charlevoix, cette idée prend tout son sens, puisque le territoire abrite plus de 260 espèces d’oiseaux et une grande richesse naturelle.
La première municipalité qui a adopté un oiseau officiel fut Saint-Hilarion. Il s’agit du merlebleu. L’administration a fait un bon choix car cette municipalité, située au cœur de l’astroblème, constitue un habitat de choix pour cette espèce remarquable. St-Hilarion a également installé sur son territoire de nombreux nichoirs, et en a offert 40 à ses citoyens.
Puis Saint-Irénée a emboité le pas en adoptant le Garot d’Islande. On ne pouvait mieux choisir car l’espèce au statut précaire a fait de la baie de Saint-Irénée son refuge pour y passer les longs mois d’hiver, avant de retourner nicher dans le muskeg de la basse Côte-Nord pendant la belle saison. L’équipe municipale a également installé plus de 75 nichoirs un peu partout sur son territoire, dont 50 furent offerts aux citoyens.

L’équipe dynamique de L’Isle-aux-Coudres a très rapidement, et avec grande fierté, adopté son Couac comme oiseau officiel. Il s’agit du Bihoreau gris, espèce de héron que l’on observe difficilement au Québec, mais qui est très visible sur l’île. Difficile de trouver un oiseau plus caractéristique de l’île que ce héron sympathique. Christyan Dufour et son équipe travaillent fort pour transformer l’île en une destination ornithologique reconnue partout en Amérique du Nord. Ils sont sur la bonne voie de réussir.

Évidemment la Ville de Clermont se devait de faire de l’hirondelle bicolore sa signature aviaire. En visitant le Parcours de Berges, on est émerveillé par l’abondance des couples d’hirondelles qui nichent dans les 57 nichoirs installés à cet endroit par la ville. Clermont fut la première municipalité à installer des nichoirs il y a maintenant 5 ans. L’endroit est magique.

Quiconque s’intéresse au Colibri à gorge Rubis est familier avec le photographe Clément Roy, résident de Saint-Aimé-des-Lacs, dont les spectaculaires photographies de colibris ont fait le tour de la planète. Ce qui est moins connu, c’est que toutes les photos furent prises à Saint-Aimé à la demeure de Clément et Lyne, à quelques mètres de la galerie arrière. La municipalité bénéficie d’un climat assez chaud qui permet une floraison de fleurs de mai à octobre, ce qui en fait un véritable refuge pour le colibri. La municipalité a même décidé de planter des fleurs ‘à colibri’ dans tous ses endroits publics, afin de faire de leur municipalité la capitale québécoise du colibri. Et les citoyens contribuent avec des fleurs et des abreuvoirs sur leurs propriétés.

Maintenant, le choix de La Malbaie, ville du grand large, de la mer… Il était normal que cette municipalité adopte un oiseau caractéristique de leur milieu. L’Eider à Duvet représente bien cette municipalité. On peut, de la fin avril jusqu’à l’automne, y admirer dette espèce en empruntant la magnifique piste multi-usage qui longe le fleuve et relie les quais Casgrain et le quai de Pointe au pic. Plus de 2 kilomètres de pur émerveillement qui permettent d’entrer un peu dans le quotidien de l’Eider à Duvet.

Pour terminer, la municipalité des Éboulements vient tout juste de m’informer que la résolution pour faire du Chardonneret Jaune leur emblème aviaire fut adoptée à l’unanimité par le conseil de ville. S’il existe bien un oiseau qui représente parfaitement cette municipalité aux paysages agricoles inspirants, c’est cette petite boule de soleil qui y réside toute l’année et qui fréquente les mangeoires des résidents.

Tel que mentionné au début de cette chronique, plusieurs autres municipalités sont actuellement en processus pour adopter « leur oiseau officiel » Je ne peux en parler… Mais aussitôt que les résolutions seront adoptées par les conseils de ville, je vais m’assurer de l’annoncer lors des prochaines chroniques.
Choisir un oiseau officiel, c’est affirmer que la biodiversité n’est pas un luxe, mais une responsabilité. Dans une région comme Charlevoix, où les sites naturels et les haltes migratoires sont précieux, l’oiseau officiel rappelle aux citoyens que protéger le vivant, c’est protéger leur propre avenir.
C’est un beau leg pour les générations qui nous suivent.
Bonnes observations.
Nouvelles ornithologiques de Charlevoix : La SHEC (Société d’Horticulture, d’Ornithologie et d’Écologie de Charlevoix) a ajouté une « Boutique » sur son site WEB, qui permet aux citoyens de commander en ligne des nichoirs à Hirondelles et merlebleus, des dortoirs d’hiver à mésanges, et depuis peu des dortoirs à chauves-souris. Ce sont les résidents du centre d’accueil de Saint-Placide qui fabriquent, et la qualité est exceptionnelle. Cliquez ici pour commander.
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Super de belle idée…d’associer un oiseau avec une municipalité…Cela nous rapproche , nous uni avec ” la nature” dont nous faisons partie également 😊 Bravo pour ce beau projet 👏🫶
Moi j’adopte volontiers le hibou des marais, il a un statut précaire, pour en avoir vu à Baie St -Paul pas loin de la grange des moutons et à lisle aux Coudres et Baie St -Paul est riche en marais qu’on doit protéger à tout prix .
Effectivement c’est un bel oiseau qu’il faut protéger car son habitat tend à diminuer
Un oiseau officiel doit répondre à différents critères. Notamment être résident ou habitué de la municipalité, être suffisamment abondant pour que les citoyens le reconnaissent, avoir des caractéristiques propres au milieu.
Ainsi Québec a adopté le cardinal, abondant. Gatineau a pris le Grand Pic, aussi abondant dans cette ville.
Pour BSP, c’est à l’étude.
Il y a déjà 40 année que je nourri nos beaux p’tits oiseaux.
Cest pour moi un réel plaisir
Je suggère la paruline à collier pour le village de St-Simėon! A moins qu’un autre oiseau soit déjà choisi…
C’est un bel oiseau, effectivement. Pas très fréquent toutefois. La municipalité a retenu un oiseau qui sera annoncé à l’automne. L’oiseau représente le caractère maritime de St-Siméon, est présent sur une base régulière, et ne se retrouve pas dans le reste du Québec en amont de St-Siméon.
Au plaisir.
Alors je me considère chanceux d’en avoir vu! 🙂