Menacé d’expulsion, Émile Falène Diatta lance un ultime cri du coeur
Émile Falène Diatta, en compagnie de sa femm Saly Diatta et de leur fils Pierre-Alphonse. Victor Carré | Le Charlevoisien
Un préposé aux bénéficiaires d’origine sénégalaise est aujourd’hui menacé d’expulsion par le gouvernement fédéral. Si rien n’est fait d’ici 21 h ce soir, il devra prendre l’avion en direction de son pays d’origine.
Installé au Québec depuis près de 10 ans et à Baie-Saint-Paul depuis 2023, Émile Falène Diatta s’est vu refuser mercredi, pour une sixième fois, sa demande d’asile par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR), sous le prétexte que sa sécurité n’était pas en danger. Le gouvernement fédéral a alors ordonné son extradition.
Cette situation ne vient pas sans crainte pour lui, puisqu’il devra laisser derrière lui sa femme, Saly Diatta, ainsi que son fils Pierre-Alphonse, seulement âgé de 2 ans.
« C’est comme si on me poussait à dire : “Émile, vas-y et pense plus à ta famille”. C’est ça qui me fait mal. […] Le petit n’arrive pas à comprendre. Je sais une chose, c’est qu’il est tellement attaché à moi. Chaque matin, c’est moi qui le prépare pour aller à la garderie. J’essaie de voir comment il va réagir demain matin en voyant que son père n’est pas là. […] Je vis beaucoup d’incertitude face à l’enfant que je devrai abandonner contre mon gré », affirme avec aplomb M. Falène Diatta.
« Si j’étais seul et sans famille, je dirais que c’est normal et que tout va s’arranger et pouvoir avoir une autre vie ailleurs. Mais quand je laisse des gens qui sont chers, ça me fait mal au cœur », ajoute celui qui travaille pour le CIUSSS de la Capitale-Nationale.
Émile Falène Diatta reste toutefois optimiste d’ici le moment fatidique. « J’y crois toujours, même jusqu’au dernier pas pour monter dans l’escalier de l’avion », dit-il.
L’homme entend également ne pas rester les bras, croisés et continuer les démarches, même si son extradition s’avère. « J’ai un devoir envers mon enfant, pour qu’il ait une belle éducation familiale. »
Émile Falène Diatta demande à la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada, Lena Metlege Diab, d’écouter le cri du cœur « d’un père de famille qui désire rester et qui demande la clémence pour vivre ma vie ici ».
Le député fédéral de Montmorency-Charlevoix, Gabriel Hardy trouve regrettable la décision. « C’est 100 % une situation libérale ce qui se produit. C’est très triste sur le plan humain. Les libéraux ont présenté le Canada comme une terre d’accueil gentille sur un faux système d’immigration. […] Moi, je demande un système respectueux. Je ne peux pas demander à la ministre d’intervenir après six décisions de juges différents. L’analyse a été faite. C’est malheureux, mais cet homme s’est fait avoir par les libéraux », a-t-il commenté.
Pour sa part le CIUSSS de la Capitale-Nationale affirme que, comme employeur, il accompagne monsieur Diatta dans ses démarches. « Comme travailleur de la santé dans la région de Charlevoix, il participe activement au maintien d’une expertise locale qui assure à la communauté un accès à des soins et des services de santé de proximité », mentionne l’organisation dans une déclaration.
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