Après près d’un an à siéger à la Chambre des communes, Gabriel Hardy affirme conserver intacte sa motivation politique, malgré une vision de plus en plus critique du fonctionnement du gouvernement fédéral.
Dans une entrevue accordée au Charlevoisien, le député soutient avoir découvert à Ottawa un appareil gouvernemental « déconnecté des citoyens », particulièrement depuis que les libéraux sont devenus majoritaires. « Être élu, c’est avant tout être là pour les gens, pour le bien commun », affirme-t-il. Selon lui, le climat politique à Ottawa laisse toutefois peu de place aux idées de l’opposition. « On sent encore plus que c’est leurs idées, leur manière de faire, et tout ce qui ne s’aligne pas parfaitement avec eux devrait être tassé du revers de la main », critique-t-il.
Un gouvernement « de façade »
Gabriel Hardy estime que le changement de premier ministre au sein du Parti libéral n’a pas amené de transformation réelle dans les orientations gouvernementales. Il accuse Ottawa de multiplier les annonces sans modifier les politiques qu’il juge « antidéveloppement ».
Le député cite notamment l’exemple du fonds souverain évoqué par le gouvernement fédéral, comparé au modèle norvégien. Selon lui, le parallèle ne tient pas la route. « On utilise un terme qui frappe l’imaginaire, mais on ne prend pas la formule qui vient avec », soutient-il, rappelant que la Norvège a bâti sa richesse grâce à l’exploitation de ses ressources naturelles.
À ses yeux, les politiques fédérales demeurent marquées par « la taxation, l’imposition et la bureaucratie », sans résultats concrets pour les citoyens.
Des critiques sur la gestion des fonds publics
Le député de Montmorency–Charlevoix dénonce également certains dépassements de coûts au fédéral, qu’il compare au scandale SAAQclic au Québec.
Il évoque particulièrement le système Cùram, dont les coûts seraient passés de 1,7 milliard à 6,7 milliards de dollars. « On est dans un genre de SAAQclic fédéral », lance-t-il.
Gabriel Hardy reproche également au gouvernement fédéral un manque d’efficacité dans le traitement des grands projets. Il affirme qu’après un an de travail et 42 millions de dollars investis dans le Bureau des grands projets, « zéro projet a été approuvé ». Il compare la situation canadienne à celle de l’Allemagne, qui aurait construit un terminal de gaz naturel liquéfié en moins d’un an lors de sa crise énergétique de 2022.
« Je ne suis pas là pour le pouvoir »
Malgré ses critiques, le député affirme ne pas être devenu cynique depuis son arrivée en politique fédérale. « J’apprécie chaque minute que je passe au Parlement », dit-il, ajoutant qu’il considère son rôle comme un privilège et une responsabilité envers les citoyens.
L’ancien entrepreneur rappelle qu’il avait « une vie avant la politique » et qu’il ne s’est pas lancé dans cette aventure pour le pouvoir ou pour faire carrière. « La journée que les citoyens ne voient plus en moi une personne qui peut être leur élu, je vais retourner faire autre chose », affirme-t-il.
Une deuxième année sous le signe de l’offensive
Avec le retour d’un gouvernement majoritaire, Gabriel Hardy prévoit intensifier ses interventions publiques et continuer à « démocratiser la politique fédérale ».
«All gas, no brake », résume-t-il en riant pour décrire son approche. Le député souhaite notamment continuer à vulgariser les décisions prises à Ottawa et rapprocher les citoyens des enjeux fédéraux.
Selon lui, les Canadiens devraient d’abord s’intéresser à « la transparence » et à « l’éthique » derrière les décisions gouvernementales. « Est-ce que les décisions sont prises dans l’intérêt des citoyens? Est-ce qu’elles sont transparentes? », questionne-t-il. « À partir du moment où il n’y a plus de transparence, on sait que le citoyen n’est plus au cœur de la décision. »
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