Québec rouvre une porte attendue par l’industrie touristique
Petit Manoir du Casino Photo Félix Côté
Le gouvernement de la première ministre Christine Fréchette avait promis un virage en immigration économique lors de la course à la chefferie de la Coalition Avenir Québec. En marge des Assises annuelles de l’Union des municipalités du Québec, Québec a confirmé plusieurs mesures qui étaient attendues avec impatience par l’industrie touristique.
Parmi les annonces, le gouvernement prévoit la réouverture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour une période de deux ans, ainsi que l’ajout du secteur touristique à la liste des secteurs prioritaires du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).
Dans Charlevoix, les réactions ont rapidement été teintées d’espoir. Éric Tremblay, propriétaire du restaurant Belles et Bum et secrétaire-trésorier de l’Association des restaurateurs du Québec, voit d’un très bon œil la réouverture du PEQ. Selon lui, il s’agit d’une mesure positive pour les entreprises de la région qui dépendent fortement de la main-d’œuvre étrangère et immigrante. Il estime également que la reconnaissance du secteur touristique comme secteur prioritaire dans le PSTQ représente un gain important pour l’industrie. Malgré cet optimisme, il considère qu’il reste encore du travail à faire pour répondre aux réalités des régions plus urbaines.
Du côté de Tourisme Charlevoix, les annonces sont également accueillies favorablement.
« Ce sont de bonnes nouvelles pour notre industrie. L’ajout du secteur touristique à la liste des priorités du développement économique québécois figurait parmi nos demandes prioritaires. Nous espérons que la réouverture du PEQ pour une période de deux ans apportera un certain répit à nos entreprises touristiques, dont plusieurs dépendent de cette main-d’œuvre essentielle », a déclaré l’organisation, qui souhaite maintenant prendre le temps d’évaluer les impacts concrets des mesures avec ses membres.
« On a besoin des actes »
Au Petit Manoir du Casino, la nouvelle est reçue comme un soulagement prudent.
La directrice de la réception, Flore Colmant, affirme que l’entreprise attendait cette annonce depuis longtemps. Elle rappelle toutefois que plusieurs travailleurs voient actuellement leurs permis de travail arriver à échéance, alors que les entreprises sont toujours confrontées à des délais et à des quotas qui compliquent le recrutement. « On est content et on espère simplement voir ceci se concrétiser », explique-t-elle.
Selon elle, l’ajout de l’hôtellerie aux secteurs prioritaires du PSTQ pourrait permettre à plusieurs employés déjà en poste d’obtenir éventuellement leur résidence permanente. « Ce qu’on attend, c’est de voir nos employés se faire sélectionner. C’est vraiment ce qu’on espère », souligne-t-elle.
Flore Colmant ajoute que les décisions gouvernementales, autant du côté fédéral que provincial, ont déjà des impacts importants sur le recrutement dans l’industrie touristique. Plusieurs travailleurs étrangers souhaitent venir travailler dans la région, mais les employeurs demeurent limités par les quotas entourant les permis de travail fermés.
Elle croit que si les nouvelles mesures sont réellement appliquées rapidement, elles pourraient alléger considérablement la pression administrative sur les entreprises touristiques. « On a quand même beaucoup de promesses. Là, on a besoin des actes », conclut-elle.
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