À quelques semaines du début de la haute saison touristique, plusieurs entreprises de Charlevoix jonglent encore avec un enjeu majeur : le manque de main-d’œuvre. Entre difficultés de recrutement, dépendance accrue aux travailleurs étrangers temporaires et crainte de devoir réduire les services offerts, le constat est clair dans plusieurs secteurs de l’industrie touristique.
Des postes difficiles à combler malgré la saison qui approche
Au Camping Union – Le Gouffre, la gestionnaire Doris Veillette affirme que certains postes demeurent particulièrement difficiles à combler, notamment ceux liés à l’entretien ménager. « C’est difficile de combler les postes à pourvoir, surtout au niveau de l’entretien et des préposés au ménage », explique-t-elle.
Même si l’entreprise réussit cette année à compléter son équipe estivale, la situation demeure fragile. Selon elle, le moindre imprévu peut rapidement compliquer les opérations. « Si quelqu’un se blesse ou tombe malade, ça devient difficile parce que ce n’est pas évident de combler les postes », souligne Mme Veillette.
Comme plusieurs employeurs en région, le camping mise sur la fidélisation de ses employés et sur l’hébergement offert sur place afin d’attirer et conserver sa main-d’œuvre. « Je pense que l’hébergement, c’est un grand atout », affirme-t-elle. Elle croit également que les entreprises doivent offrir de bonnes conditions de travail pour espérer conserver leurs employés année après année.
Du côté du restaurant Belle & Bum, le copropriétaire Éric Tremblay décrit lui aussi une situation préoccupante.
L’établissement a encore plusieurs postes à combler à l’approche de l’été. Selon lui, les candidatures locales se font rares et proviennent souvent de jeunes sans expérience.
« On reçoit principalement des CV de l’extérieur du Québec et du Canada », explique-t-il.
Des restaurateurs forcés de réduire leurs services?
Face au manque de personnel, l’entreprise envisage de faire venir des travailleurs étrangers temporaires afin d’assurer ses opérations estivales.
Membre du conseil d’administration de Association Restauration Québec, Éric Tremblay affirme que la problématique dépasse largement le cadre de son restaurant. « J’ai des collègues qui vont devoir fermer des quarts de travail, modifier leurs heures d’ouverture ou diminuer leur offre », dit-il.
Selon lui, les récents changements réglementaires concernant les travailleurs étrangers temporaires apportent un certain répit aux entreprises situées en région comme Charlevoix, notamment en permettant le renouvellement de certains permis de travail. Malgré cela, la rareté de la main-d’œuvre locale demeure le principal enjeu. « Des employés locaux, il y en a de moins en moins », résume-t-il.
Dans un secteur où les marges bénéficiaires sont déjà très faibles, les conséquences peuvent être importantes. Réduire les heures d’ouverture ou le nombre de places disponibles signifie directement des pertes financières, particulièrement pendant la saison touristique estivale. « C’est là qu’on va chercher la majeure partie du chiffre d’affaires annuel », rappelle-t-il.
Pour conserver leurs employés, plusieurs restaurateurs misent désormais sur de meilleures conditions de travail, des augmentations salariales et une amélioration du climat en entreprise. « On n’est pas là sans nos employés », insiste Éric Tremblay.
Malgré les défis, les deux intervenants espèrent tout de même une bonne saison estivale, portée par l’achalandage touristique attendu dans Charlevoix cet été.
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