Le bruit des applaudissements a résonné dans l’immense usine de Galv-Éco vendredi matin à Saint-Urbain lorsque la première pièce d’acier a été plongée dans le bassin de zinc, lançant officiellement les opérations de cette nouvelle usine de galvanisation à chaud de 70 M$. Pour le fondateur Charles Simard, ce moment marque l’aboutissement de plus de cinq années de travail et la concrétisation d’un projet pensé dans Charlevoix pour Charlevoix.
L’entreprise amorce officiellement la production commerciale de cette usine de galvanisation à chaud présentée comme unique au Québec par son approche écoresponsable. À terme, une centaine d’emplois devraient y être créés.
« C’est un grand jour aujourd’hui parce que ça fait quand même depuis 2020 que je travaille le projet. On a travaillé fort pour y arriver, mais maintenant c’est fait. L’usine est en marche », a-t-il lancé.
« Je le fais dans Charlevoix pour Charlevoix »
Charles Simard insiste sur la portée régionale du projet.
« Je le fais dans Charlevoix pour Charlevoix », affirme-t-il. « Je crois que la région est capable d’avoir du manufacturier malgré le fait qu’on est une région étiquetée touristique. Ça ne peut pas faire de tort de diversifier l’économie. »
Le maire de Saint-Urbain, Carl Gilbert, estime lui aussi que l’arrivée de Galv-Éco pourrait représenter un moment charnière pour la municipalité.
« Ça peut être un point tournant pour notre municipalité », soutient-il. «Ça vient ajouter une corde à notre arc. Ça va nous permettre d’être plus forts et peut-être d’avoir une certaine croissance démographique. »
Selon lui, le projet pourrait également attirer d’autres entreprises dans la région.
« Ça fait partie d’une grande technologie qui peut amener d’autres entreprises ou industries. »
Une usine pensée autrement
La galvanisation à chaud consiste à immerger l’acier dans un bain de zinc afin de le protéger contre la corrosion pendant plusieurs décennies. Les invités, ce vendredi, ont pu voir de près les étapes derrière la magie de Galv-Éco.
« Ça sert à protéger les pièces d’acier pour 50 ans, 75 ans, dépendamment de l’épaisseur de zinc qu’on met », explique Charles Simard.
Le dirigeant soutient toutefois que Galv-Éco se démarque surtout par ses choix environnementaux.
« Notre ligne de galvanisation est complètement électrique et le prétraitement ainsi que le séchoir fonctionnent à la biomasse. Donc, on ne dégage pas de GES. »
L’usine possède également un vaste entrepôt intérieur permettant de conserver les pièces galvanisées à l’abri jusqu’à leur expédition afin d’assurer une meilleure qualité de finition.
« Tout ce qu’on fait, c’est essayer d’améliorer le processus, surtout en écoresponsabilité », résume-t-il.
Le maire Carl Gilbert, ingénieur de formation, affirme avoir été impressionné par l’ampleur et la qualité des installations.

«L’automatisation de cette façon-là et de cette ampleur-là, c’est remarquable à voir. C’est une installation impeccable », souligne-t-il.
Une fierté déjà palpable chez les travailleurs
Chez les employés, le lancement des opérations s’est déroulé dans une ambiance fébrile.
Michael Gaudreault et Steve Chevalier, deux manœuvres embauchés récemment, disent avoir ressenti beaucoup de fierté lors du premier trempage.
« Aujourd’hui, on a abouti, ça commence », raconte Michael Gaudreault.
Steve Chevalier parle aussi d’une certaine nervosité liée aux premiers essais de production.
« On veut que ça se passe bien pour tout le monde, autant pour les patrons que pour les employés. »

Les deux employés chez Galv-Éco Photo Jérôme Gagnon | Le Charlevoisien
Les deux travailleurs voient également le projet comme une occasion rare dans la région. L’un provient du secteur de l’alimentation, l’autre du domaine de la construction dans la région de Montréal avant de venir s’installer dans Charlevoix.
« C’est une occasion unique. Ce qu’on vit là, ça n’arrivera plus », affirme Steve Chevalier.
Charles Simard croit d’ailleurs que cette adhésion des employés reflète la culture d’entreprise qu’il souhaite instaurer.
« L’ADN de Galv-Éco, c’est que tout le monde est relativement au même niveau », explique-t-il, ajoutant partager régulièrement les repas avec les travailleurs et participer lui-même à certaines tâches du quotidien.
Des commandes déjà au rendez-vous
L’usine dispose d’un bassin de 18 mètres et d’une capacité de levage de 20 tonnes, permettant de galvaniser autant de petites pièces que des structures imposantes.
« Ça peut aller d’une petite pièce jusqu’à un trailer de vanne de 53 pieds », précise Charles Simard.
Galv-Éco prévoit pouvoir traiter jusqu’à 50 000 tonnes d’acier par année et le carnet de commandes est déjà bien rempli.
« On a presque la moitié de l’année de vendue d’avance », indique le fondateur.
Pour Charles Simard, le projet démontre surtout qu’il est possible de concilier développement industriel et respect du territoire dans Charlevoix.
« Souvent, on pense qu’un ne va pas sans l’autre, mais au contraire. Si on met les efforts pour y arriver, ça se fait très bien. On est la preuve vivante. »
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.