La MRC de Charlevoix-Est s’attaque de front à un enjeu bien connu des régions : l’exode des jeunes. Avec la mise en place de son tout premier Plan jeunesse, l’organisation souhaite mieux comprendre les besoins des 15 à 29 ans et poser des actions concrètes pour les retenir… et en ramener certains au bercail.
« On n’a jamais eu de plan jeunesse structuré dans la région », explique Dulce Vivar, agente de développement territorial. « On avait des plans pour les tout-petits et pour les aînés, mais rien qui permettait de concerter les organismes autour d’un portrait global des jeunes. »
À l’automne dernier, une première cartographie a permis d’identifier près de 19 organismes ayant une mission jeunesse sur le territoire. Une base importante, mais insuffisante pour comprendre en profondeur les dynamiques à l’œuvre.
Le projet, financé par une stratégie jeunesse municipale, repose désormais sur une démarche en plusieurs phases : sondages, consultations terrain et analyse des données. « On est allés directement dans les écoles secondaires, au cégep et en formation générale aux adultes pour parler avec eux. On veut savoir pourquoi ils partent, mais surtout ce qui pourrait les faire rester », souligne Mme Vivar.
Les premiers constats sont clairs : plusieurs jeunes quittent faute de formations adaptées à leurs ambitions, notamment en administration, en droit ou dans les arts. « Ils nous le disent déjà. Si ces programmes ne sont pas offerts ici, ils vont naturellement ailleurs… et souvent, ils y restent. »
Un enjeu de communication… plus que d’emplois
Contrairement à certaines perceptions, le problème ne serait pas uniquement lié au manque d’emplois. « On se rend compte qu’il y a une méconnaissance importante. Il y a des emplois, de plus en plus à l’année, mais les jeunes ne les voient pas », affirme Mme Vivar.
En cause : une communication fragmentée et peu adaptée aux habitudes des jeunes. « Ils doivent s’abonner à plusieurs pages, suivre différentes municipalités… Il n’existe pas de plateforme centralisée dédiée à la jeunesse. »
La création d’un outil numérique commun figure donc parmi les pistes envisagées, tout comme le développement d’espaces physiques où les jeunes pourraient se rencontrer, échanger et développer des projets. « On n’a pas vraiment d’endroit gratuit où ils peuvent se rassembler, réfléchir à leurs idées ou même parler d’entrepreneuriat. »
Un choc des générations à apprivoiser
Au-delà des structures, un autre défi s’impose : le choc des générations. « Les entrepreneurs ont bâti leurs entreprises dans un contexte où il fallait se battre pour avoir un emploi. Aujourd’hui, les jeunes ont accès à plusieurs opportunités et ont d’autres attentes », observe Mme Vivar.
Cette réalité crée parfois des incompréhensions, notamment sur les conditions de travail, la conciliation vie personnelle et les attentes salariales. « Il faut concilier ces deux visions. Ce n’est pas une génération qui doit s’adapter à l’autre, mais bien un travail de rapprochement. »
Des initiatives intergénérationnelles sont d’ailleurs prévues afin de favoriser le dialogue entre employeurs, jeunes et acteurs du milieu. Fait notable, les jeunes sont directement impliqués dans la démarche. Un comité consultatif jeunesse a été mis sur pied afin de valider les actions et orienter les décisions. « Ils nous disent ce qui fonctionne ou non. C’est essentiel si on veut que le plan leur ressemble », insiste Mme Vivar.
La prochaine étape consistera à aller à la rencontre des jeunes ayant quitté la région, afin de comprendre les conditions d’un éventuel retour. L’analyse complète des données, à laquelle participeront également des étudiants du cégep, mènera au dépôt officiel du plan en 2027.
Miser sur l’action
En attendant, la MRC n’a pas l’intention de rester les bras croisés. « On n’attend pas 2027 pour agir. On commence déjà à mettre en place certaines bases », affirme Mme Vivar.
L’objectif est clair : transformer les constats en actions concrètes, qu’il s’agisse d’améliorer l’accès à l’information, de développer des formations adaptées ou de soutenir l’entrepreneuriat local. « Il y a énormément d’opportunités ici. Il faut simplement mieux les faire connaître et donner aux jeunes les moyens de les saisir. »
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.
Ça prend des racines très fortes et un sentiment d’appartenance développé pour captiver les jeunes dans leur patelin. L’attrait du ailleurs est aussi très fort. Vouloir quitter pour voir ce qui se passe en ville, à distance de ce qui parfois nous voulons quitter ou éloigner. C’est normal à l’âge de la découverte du monde entier. Suffisons seulement à encrer ces racines et commençons par le début en montrant l’exemple du rapprochement, de la compréhension et de la volonté de réussir. Les jeunes seront sensibles à cette approche. Ils ne sont pas nombreux dans notre région. De moins en moins. La démographie à la baisse nous rattrape. Par contre, il n’est jamais trop tard. Bonne initiative et un bon début.