Chaque printemps, avant même que les trains ne reprennent pleinement leurs activités, un travail essentiel s’amorce sur le réseau ferroviaire de Charlevoix. Derrière ce redémarrage saisonnier : des inspections déterminent l’état réel des infrastructures et orientent les interventions à venir.
En entrevue, Nancy Belley, directrice générale de Chemin de fer Charlevoix et du Réseau Charlevoix, explique que ces travaux sont incontournables. « Le milieu ferroviaire demande de suivre la réglementation de façon très stricte. Les premiers éléments qui doivent être faits en ouverture, ce sont des inspections », précise-t-elle.
Un territoire passé au peigne fin
Ces inspections printanières couvrent l’ensemble du territoire ferroviaire. Rien n’est laissé au hasard. « On inspecte tout ce qui est relié à un territoire ferroviaire. Les berges, la structure de voie, les traverses, l’état des rails. On regarde aussi les falaises, les tunnels, les ponts, les ponceaux », énumère Mme Belley.
Il s’agit d’une inspection visuelle réalisée au début de chaque saison, afin d’identifier les anomalies et d’orienter les travaux spécialisés qui suivront. Ces premières observations servent de base à des interventions plus techniques. Dans les prochaines semaines, des équipements spécialisés seront déployés sur le terrain. « On va avoir des machines pour ausculter la géologie de la voie ferrée et la qualité du rail. Il y aura aussi des équipes pour analyser le sol et les falaises, ainsi que les structures comme les ponts et les tunnels », explique la directrice générale.
Ces experts viendront approfondir les constats initiaux et ajuster les programmes d’entretien en fonction des problématiques observées.
Un réseau à préserver pour éviter la détérioration
L’entretien du réseau ferroviaire n’est pas une option. Sans suivi adéquat, les infrastructures finissent inévitablement par se détériorer. « Poser la question, c’est y répondre. Si on ne l’entretient pas, ça se détériore », lance Mme Belley.
Elle nuance toutefois : la dégradation d’un réseau ferroviaire ne se fait pas du jour au lendemain. « On a encore des traverses qui datent des années 1930. Mais ce qui pose problème, c’est surtout l’érosion des berges et les conditions environnementales. » Un exemple bien connu illustre les conséquences d’un manque d’entretien : le rail de la Gaspésie, dont la dégradation a entraîné des interruptions de service importantes.
L’état et l’entretien du réseau sont directement liés à sa classification, elle-même déterminée par la vitesse des trains. « La classification est directement reliée à la vitesse du train. Par exemple, sur certains tronçons, on est à environ 30 km/h. Les inspections doivent se faire en fonction de cette classification », précise Mme Belley.
Un potentiel de développement à l’étude
Dans ce contexte, le réseau ferroviaire de Charlevoix pourrait jouer un rôle accru dans le développement économique régional.
Une étude, pilotée par la MRC de Charlevoix-Est, est actuellement en cours pour évaluer le potentiel du transport ferroviaire, notamment entre l’usine de Clermont et le quai, ainsi qu’entre le parc de la Chute-Montmorency et l’est du territoire. « On veut avoir une idée complète du territoire et analyser les possibilités de transport ferroviaire », souligne Mme Belley.
Quant à l’état global de la voie ferrée, le verdict final n’est pas encore connu. « On va payer des spécialistes pour avoir la situation et obtenir un rapport », conclut la directrice générale.
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