Le Sentier de la Rive de Charlevoix : parlons affaires durables
Le Sentier de la Rive de Charlevoix : parlons affaires durables
Le Groupe Sentier de la Rive de Charlevoix (GSRC) faisait récemment connaître les résultats d’une consultation tenue sur les plates-formes numériques concernant l’aménagement d’un sentier multifonctionnel (vélo, course, marche, ski de fond) sur le littoral charlevoisien. Le nombre exceptionnel de participants à cette consultation (1542) témoigne d’un très vif intérêt pour le projet qu’il porte et de la mobilisation qu’il suscite. Les données et les commentaires recueillis durant ces trois semaines de consultation démontrent que le projet répond à un enjeu d’équité, à un enjeu de santé, à un enjeu de mobilité durable et à un enjeu de développement économique viable.
L’impact d’une telle infrastructure sur la santé et le bien-être des utilisateurs a fait l’objet de très nombreuses recherches dont on peut trouver l’essentiel dans le rapport de l’Observatoire du vélo de Vélo Québec[1]. Simplement d’un point de vue des finances publiques québécoises, on estime que la réduction des frais de services de santé due à la pratique régulière du vélo équivaut à une économie des fonds publics de l’ordre de 2G$ annuellement. Ce n’est une retombée négligeable.
Et il y a plus. Dans une étude très fouillée, la Chaire de tourisme Transat de l’École de gestion de l’UQAM[2] nous apprend que les dépenses touristiques annuelles liées au vélo en 2024 étaient de l’ordre de 803M$ au Québec. De ce total, des dépenses de plus de 650M$ sont attribuables aux touristes québécois qui investissent chez eux dans le cadre d’une activité non polluante et d’un vrai tourisme lent.
Ces touristes et excursionnistes nationaux et les visiteurs internationaux font rouler les établissements d’hébergement (221M$), les restaurants (155M$), le transport (130M$), les épiceries (134M$), les attraits touristiques (48M$), les locations et réparations de vélos (45M$). En prime, les gains fiscaux enregistrés au Québec et au fédéral atteignent les 143M$ annuellement. On comprend mieux dès lors l’intérêt économique de nos gouvernements à investir dans de telles infrastructures. Ce qu’il y a également de remarquable dans ce bilan économique est que les touristes empruntant les sentiers ou les pistes qui leur sont dédiés dépensent dans des secteurs non délocalisables ancrés en région. On estime ainsi que près de 6500 emplois sont reliés à l’opération de ces pistes et à leurs retombées économiques locales.
Qu’en serait-il dans Charlevoix ? Quelles sont les retombées économiques escomptées d’un sentier multifonctionnel reliant Petite-Rivière-Saint-François à La Malbaie le long du littoral du fleuve ?
Nous ne disposons pas encore de données spécifiques sur ce tronçon de 65 kilomètres. Le GSRC, à la suite de la consultation, croit qu’il est impérieux de mener une étude à ce sujet. Toutefois, nous ne sommes pas devant rien. En effet, la MRC de Charlevoix a commandé en 2022 une étude des retombées économiques d’un sentier multifonctionnel qui relierait Baie-Saint-Paul à Saint-Joseph-de-la-Rive sur un tracé de 14 kilomètres. Ce rapport de la maison Raymond Chabot Grant Thornton établit que les retombées économiques annuelles d’un tel sentier se situeraient entre 3,4M$ et 10,1M$ selon le type de piste. On peut présumer qu’un sentier de 65 kilomètres longeant le fleuve et comprenant deux pôles économiques dynamiques engendrerait des retombées encore plus importantes. À titre de comparaison, les pistes de vélo en Montérégie généraient une valeur ajoutée de 96,4 M$ retombées économiques sur le PIB en 2024[3]. Cela représenterait, selon le modèle d’analyse le plus conservateur, des retombées économiques nettes de l’ordre de 26M$ pour le seul Réso Vélo Yamaska long de 97 kilomètres et comptant pour 27% des excursionnistes et touristes à vélo en Montérégie. On pourrait multiplier les exemples partout au Québec. Essentiellement ce qu’il faut en retenir : les économies locales et régionales tirent vraiment profit de cette forme de tourisme viable.
Lors de la consultation que le GSRC a menée, une très très faible mais légitime minorité de participants favorisait le maintien du train touristique ou le redéploiement d’un train de fret ou encore la conservation pure et simple de la voie ferrée sans usage particulier au cas où l’économie de la région pourrait un jour lointain y trouver son compte. Par ailleurs, la très vaste majorité des participants a nettement fait état de sa préférence pour le développement d’un sentier qui offrirait aux charlevoisiens, adultes et enfants, l’accès gratuit à leur fleuve et aux visiteurs de Charlevoix une raison de plus pour venir y séjourner.
Dans toutes les régions, les Québécois font la démonstration qu’ils savent y faire lorsqu’il s’agit de développer et d’opérer des pistes ou des sentiers accessibles au grand public et dont les retombées économiques, sociales et en santé sont éprouvées et connues de tous ; nous cumulons des milliers de kilomètres d’expérience. Charlevoix peut et doit s’inscrire à son tour dans cette trame de développement viable et miser sur une occupation rentable et respectueuse de son magnifique littoral.
[1] https://observatoire.velo.qc.ca/sante/une-activite-physique-au-quotidien/
[2] chrome-extension://efaidnbmnnnibpcajpcglclefindmkaj/https://www.velo.qc.ca/wp-content/uploads/2025/03/rapport-retombees-vq-vf.pdf
[3] chrome-extension://efaidnbmnnnibpcajpcglclefindmkaj/https://www.tourisme-monteregie.qc.ca/wp-content/uploads/2024/09/Rapport_RetombeesVelo-Monteregie_vf.pdf
Camil Bouchard
Secrétaire
Groupe Sentier de la Rive de Charlevoix
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.
Ce fabuleux projet en devenir aurait du être réalisé il y a bien longtemps. Bravo aux instigateurs de ce projet rassembleur.
ce projet est porteur d’une vision de l’occupation du territoire dans l’avenir
qui a un potentiel enorme sur la sante future des charlevoisiens
et s’inscrit parfaitement dans le cadre de reserve mondiale de la biosphere
il y a des vents contraires
c’est normal
mais c’est une minorite
que l’on s’amuse dans l’arriere pays
mais que l’on s’amuse sur le litoral
jean luc dupuis md
Cema Sante Charlevoix
Un projet bien articulé et bien documenté par le GSRC.
Un projet qui rejoint la communauté et qui l’endosse majoritairement.
Un projet important pour Charlevoix et déterminant pour l’avenir des Charlevoisiens.
Merci au GSRC de persévérer.
Ça pourrais être intéressant aussi d’enlever tout les poids lourd de sur la route, des routes en meilleures états, moins d’accidents, moins de pollution, la santé des charlevoisiens ne s’en porterais que mieux dr.
Acteur du milieu touristique depuis plus de 20 ans dans Charlevoix, je suis convaincu que la réalisation de ce projet ferait de la région une destination incontournable pour tout voyageur visitant l’est du pays.
Au-delà de son attrait touristique, ce projet offrirait également aux habitants un véritable sentiment d’appartenance et favoriserait leur mobilité, tout en leur permettant de socialiser et de maintenir un mode de vie sain.
Il est donc légitime de se demander pourquoi un projet aussi porteur n’a pas encore été concrétisé. Charlevoix mérite ce qu’il y a de mieux — et ce projet en fait certainement partie.
Bonne chance dans sa réalisation !