Le mari de la gouverneure générale s’en prend à ceux qui dénigrent sa femme

Par La Presse Canadienne 1:30 PM - 18 avril 2026
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Whit Fraser, le mari de la gouverneure générale du Canada, Mary Simon, à Rideau Hall, le 14 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Spencer Colby

Dans ses Mémoires qui paraîtront lundi, Whit Fraser, le mari de la gouverneure générale du Canada, s’en prend aux médias, aux politiciens et même aux ministres libéraux québécois pour avoir critiqué la maîtrise insuffisante du français de Mary Simon.

M. Fraser leur a reproché de faire preuve d’hypocrisie dans leur dénonciation.

Dans un livre intitulé «From Ragged Ass Road to Rideau Hall», l’ancien journaliste défend Mme Simon en écrivant que, même si elle était née au Québec, personne ne lui avait enseigné le français à l’école. Il s’est également moqué des détracteurs en leur demandant s’ils avaient essayé d’apprendre l’inuktitut, la langue maternelle de Mme Simon.

Ce n’est pas la première fois que M. Fraser prend pour cible les médias et les politiciens québécois. En 2024, dans un long message publié sur Facebook, il avait dénoncé les reproches adressés à Mary Simon, les qualifiant de «ramassis de conneries».

L’incapacité de Mary Simon à bien s’exprimer en français a suscité de nombreuses critiques au Québec et embarrassé les politiciens fédéraux. En 2024, elle avait dû renoncer à une visite dans un organisme communautaire de Québec.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, avait alors déclaré que Mme Simon n’aurait pas dû être nommée sans être capable de parler français. 

M. Fraser, qui a notamment travaillé à la CBC, a également dénoncé la manière dont certains médias couvraient les activités de la gouverneure générale.

«Malheureusement, j’ai appris par l’observation et l’expérience que pour certains dans ces nouveaux médias — peu nombreux, certes, mais de plus en plus nombreux —, le journalisme est devenu un passe-droit pour mentir, accuse M. Fraser. Aujourd’hui, un individu ou une agence peut mentir en toute impunité tout en étant membre de la Galerie de presse parlementaire, établie depuis longtemps sur les principes de la liberté de la presse et du droit du public à l’information.»

Mais ce livre est loin d’être une simple série de remontrances à l’encontre des médias.

M. Fraser y évoque plusieurs des tâches qu’il a accomplies pour la CBC. Il a été correspondant pour la chaîne publique au bureau parlementaire pendant huit ans, puis a occupé le poste de présentateur sur ce qui s’appelait alors CBC Newsworld.

Parmi les récits qu’il relate, on trouve notamment un voyage en 1982 dans une région reculée du Nunavik — où des milliers d’animaux avaient péri après avoir été emportés par une cascade alors qu’ils tentaient de traverser une rivière — et la couverture de l’accident du vol 1285R d’Arrow Air en 1985, qui a coûté la vie à 256 personnes et reste à ce jour l’accident d’aviation le plus meurtrier jamais survenu sur le sol canadien. De nombreux observateurs, dont M. Fraser, affirment qu’il reste encore des questions sans réponse concernant cette tragédie.

«Je ne sais pas si, à l’avenir, nous aurons plus de réponses que nous n’en avons aujourd’hui. Personne ne pose plus de questions», écrit-il. Ce que je sais, c’est que je n’aime pas atterrir à Gander. Cela me ramène à une période très troublée et incertaine de notre histoire.»

Amour du hockey

Whit Fraser n’oublie pas de consacrer un chapitre de son livre à son amour du hockey. Il se souvient de la finale de 1967 — la dernière fois que les Maple Leafs de Toronto ont remporté la Coupe Stanley —, qu’il a suivie à la radio depuis la Légion royale canadienne de Frobisher Bay.

«Il faisait tellement froid à la Légion canadienne que nous gardions la bière au réfrigérateur pour l’empêcher de geler», blague M. Fraser.

«Nous étions assis à différentes tables et nous lancions des piques et des railleries quand des buts étaient marqués, des pénalités étaient décernées ou des occasions étaient manquées. J’ai été frappé à l’époque de voir comment une demi-douzaine d’hommes inuits pouvaient si facilement suivre le déroulement du match, alors qu’ils parlaient si peu l’anglais ou le français.»

La passion de M. Fraser pour le hockey l’a suivi jusqu’à Rideau Hall, où il a défendu un projet visant à rénover la patinoire en y installant une surface réfrigérée. Il détaille ce travail dans son livre, décrivant comment il a fait appel à son réseau de relations dans le milieu du hockey pour l’aider dans ce projet, notamment son ancien collègue et actuel commentateur sportif de TSN, Gord Miller.

«Quelques déjeuners plus tard, je suis passé de jouer au hockey de rue tout seul à faire partie d’une équipe de superstars repérées par Miller, avec Chris et Bill O’Reilly, les frères du grand Terry O’Reilly des Bruins de Boston, tous deux très bien connectés dans de grandes entreprises commerciales et d’ingénierie», écrit M. Fraser.

Alors que le couple s’apprête à quitter Rideau Hall — comme l’a rapporté le Globe and Mail à la suite de sa propre interview avec Whit Fraser, au cours de laquelle il a laissé entendre que lui et Mme Simon étaient à la recherche d’un appartement —, il a déclaré qu’une dernière chose qu’il souhaitait accomplir était de couvrir la patinoire d’un toit.

«Si nous pouvons aller de l’avant et couvrir la patinoire pour permettre des activités toute l’année, ce sera un grand rêve», a déclaré M. Fraser à la Presse canadienne, ajoutant qu’il envisageait un pavillon dédié aux spectacles culturels.

«Je pense que nous y arriverons, je pense que quelqu’un y parviendra. J’essaierai de rester impliqué et Gord aussi. Mais nous y arriverons. Un jour, oui.»

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