Parc régional : une carte préliminaire mal comprise crée des inquiétudes
Cette carte préliminaire ne constitue pas le projet final du Parc régional discuté à la MRC Charlevoix-Est.
Une carte transmise trop rapidement et sans explication complète a semé l’inquiétude chez certains acteurs du territoire. Les responsables du projet de parc régional tiennent toutefois à rectifier : rien n’est décidé, et tout reste à construire avec le milieu.
Au cœur de la controverse : une première proposition de territoire envoyée au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), dans le cadre des démarches entourant un éventuel parc régional dans Charlevoix. « C’était une version préliminaire, une base de discussion. Elle n’avait pas encore été travaillée avec les acteurs du milieu », explique Justin Verreville-Alarie, chargé de projet à la MRC de Charlevoix-Est.
Selon lui, cette carte devait servir d’outil pour amorcer les échanges. Or, elle aurait été diffusée avant que les partenaires locaux — notamment les ZEC — aient été rencontrés. « Elle a circulé sans qu’on ait pu en expliquer le contexte. Ça a pu donner l’impression d’un projet déjà ficelé, alors que ce n’est pas le cas du tout. »
Du côté des ZEC, la surprise a été bien réelle. « On comprend qu’ils aient été déstabilisés. Ils ont reçu une proposition sans avoir été consultés en amont. » Les promoteurs du projet s’activent maintenant à corriger le tir. Une rencontre est d’ailleurs en préparation afin de présenter officiellement la démarche et d’ouvrir le dialogue.
Contrairement à l’impression laissée par la diffusion de la carte, le projet n’en est encore qu’à ses balbutiements. « Un parc régional, ça se construit avec le milieu et dans le temps. Il y a beaucoup d’allers-retours, de discussions, d’ajustements », souligne M. Verreville-Alarie.
Il rappelle que la démarche actuelle s’inscrit dans une réflexion amorcée depuis plusieurs années, mais que les étapes concrètes de co-construction avec les acteurs locaux sont toujours en cours.
Rien ne sera imposé
Les responsables insistent : le projet ne peut pas avancer sans l’adhésion du milieu. « Ce n’est pas un projet qui descend de Québec. C’est quelque chose qui doit émerger de la communauté et se faire en collaboration avec les acteurs du territoire », explique Karl Dorais-Kinkaid, urbaniste impliqué dans le dossier.
Autrement dit, les partenaires — incluant les ZEC — auront un rôle déterminant dans la suite des choses. « L’idée, ce n’est pas d’imposer quoi que ce soit, mais de construire ensemble. »
Clarifier les perceptions
Au-delà de la question de la carte, l’épisode révèle surtout un enjeu plus large : la compréhension du concept de parc régional.
« Il y a beaucoup de confusion. Certains pensent que ça veut dire interdire la chasse ou la coupe forestière. Ce n’est pas le cas », insiste M. Kinkaid.
Le parc régional vise plutôt à encadrer les usages existants et à favoriser leur cohabitation, en donnant une priorité à la vocation récréotouristique. « Les activités actuelles peuvent continuer. L’objectif, c’est de mieux les harmoniser. »
Une proposition volontairement large
Autre élément ayant pu surprendre : l’étendue du territoire présenté dans la carte.
Les responsables reconnaissent avoir volontairement élargi la réflexion. « On a intégré des zones supplémentaires pour voir plus grand et ouvrir la discussion. Mais ce sont des pistes de travail, pas des décisions. » Ces ajouts visaient notamment à explorer des solutions à certains enjeux, dont la protection de secteurs sensibles.
Si l’épisode a créé des tensions, les promoteurs refusent de parler de crise. « On comprend les inquiétudes. Notre rôle, c’est d’y répondre et de clarifier les choses. » Ils misent maintenant sur les prochaines rencontres pour remettre le projet sur ses rails.
En résumé, rien n’est encore arrêté. Le territoire, les règles de gestion et même la pertinence du projet devront être discutés avec l’ensemble des acteurs concernés. « On est au début du processus. Tout reste à construire ensemble. »
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