Le projet de parc régional lié à la Traversée de Charlevoix est loin d’être ficelé. Derrière les craintes et les réactions, ses promoteurs insistent : tout se joue encore en amont, autour de la table, bien avant toute décision officielle.
Depuis 2022, des discussions discrètes se tiennent autour d’un projet de parc régional dans Charlevoix. Rien n’est arrêté, insiste toutefois Justin Verville-Alarie, chargé de projet, qui rappelle que la démarche en est encore à ses premières étapes. « On est vraiment en amont en ce moment. On a commencé avec des rencontres un à un avec les acteurs du territoire pour comprendre leurs préoccupations et leur présenter les grandes lignes du projet », explique-t-il.
Un statut mal compris
Le concept de parc régional demeure flou pour plusieurs. Pourtant, il ne s’agit ni d’un parc national, ni d’une aire protégée. « C’est un statut qu’une MRC peut donner à un territoire pour confirmer sa vocation récréotouristique. Ce n’est pas un statut de protection stricte », précise M. Verville-Alarie.
Autrement dit, le parc régional n’exclut pas les autres usages déjà en place — chasse, foresterie ou villégiature. Il vise plutôt à organiser leur cohabitation. « On parle d’un outil de gestion et d’harmonisation. Le territoire est déjà partagé entre plusieurs acteurs. Le parc régional vient donner une table de concertation pour mieux travailler ensemble. »
Une réponse à des enjeux déjà présents
Le projet s’appuie notamment sur le tracé de la Traversée de Charlevoix, un réseau de sentiers bien établi, mais vulnérable. « Actuellement, on a très peu de leviers pour encadrer certaines pratiques, comme le camping en altitude. On peut sensibiliser, mais pas encadrer réellement », illustre-t-il.
Le statut de parc régional permettrait justement d’obtenir de nouveaux outils, mais aussi un meilleur accès à du financement. « On vient agrandir la tarte. Ce sont des ressources auxquelles des acteurs comme les ZEC n’ont pas accès actuellement. »
Aucun développement imposé
Contrairement à certaines perceptions, le projet ne vise pas à transformer le territoire ou à y imposer des aménagements. « On n’arrive pas pour déboiser ou développer à tout prix. Au contraire, on cherche des moyens de mieux protéger les sentiers et d’assurer leur pérennité », affirme le chargé de projet.
Il rappelle que même si un territoire est intégré à un éventuel parc régional, les gestionnaires actuels conserveraient leurs droits. « Si un réseau de sentiers appartient à un acteur, il reste gestionnaire. Rien ne lui est retiré. »
Un projet construit avec le milieu
L’un des messages centraux de l’équipe est clair : rien ne sera imposé. « Chaque étape nécessite des discussions, des consultations et des ententes. Même une fois le projet déposé, les MRC peuvent décider de ne pas aller de l’avant. »
Le processus est d’ailleurs long et comporte plusieurs phases : élaboration d’un plan directeur, consultations gouvernementales, consultations publiques, puis ententes finales avec les acteurs du territoire. « On parle d’un horizon de quelques années. Ça peut prendre deux ans comme dix ans, selon la capacité des acteurs à s’entendre. »
Prochaine étape : se rasseoir ensemble
À court terme, les promoteurs souhaitent revenir à la table avec les différents intervenants, notamment les ZEC. « On a fait un premier dessin du territoire. Maintenant, il faut en discuter. S’il y a des éléments qui ne font pas consensus, on pourra les retirer. Rien n’est figé. » Les discussions porteront principalement sur deux éléments clés : le territoire et la gouvernance.
Un enjeu de communication
Si certaines inquiétudes persistent dans le milieu, M. Verville-Alarie y voit surtout un enjeu de compréhension. « Plusieurs préoccupations soulevées pourraient justement être atténuées par un parc régional. Il faut prendre le temps de bien expliquer les outils et les bénéfices. »
Au final, l’objectif demeure simple : préserver un territoire emblématique tout en assurant une cohabitation harmonieuse « La Traversée de Charlevoix existe depuis plus de 50 ans. C’est unique au Québec. L’idée, c’est de s’assurer qu’elle puisse continuer d’exister dans le temps, au bénéfice de tous. »
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