Les nouvelles informations dévoilées au compte-gouttes dans le dossier des quais ne rassurent pas le maire des Éboulements, Emmanuel Deschênes. Bien au contraire, elles viennent renforcer un sentiment d’impuissance et d’incertitude qu’il juge préoccupant pour les municipalités de la région.
« On apprend ça dans les médias comme tout le monde. Moi, j’ai zéro pouvoir là-dedans », affirme-t-il d’entrée de jeu.
Selon l’élu, le projet tel qu’imaginé au départ aurait été revu en cours de route, sans que cela soit clairement annoncé. « Je pense qu’ils ont voulu prendre une bouchée trop grosse. Ils nous ont fait miroiter des changements, puis ils ont viré de bord », avance-t-il.
Le maire croit que les investissements récents pour prolonger la durée de vie des quais pourraient être révélateurs. « Le 52 millions, il n’est pas là pour rien. Il est là pour consolider et faire durer ça encore 10-15 ans », dit-il, évoquant un possible recul du projet initial.
Il rappelle que l’annonce initiale du projet, il y a quelques années, avait suscité des attentes importantes.« Ça a ouvert les yeux à tout le monde. Mais cinq ans plus tard, on est encore à spéculer. On a perdu cinq ou six ans », déplore-t-il.
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Le maire des Éboulements insiste : les municipalités n’ont pratiquement aucun levier dans ce dossier. « Moi, j’ai zéro pouvoir d’influencer la décision. Zéro. Je ne fais pas partie du processus décisionnel », affirme-t-il.
Une situation qu’il juge difficile à accepter, d’autant plus qu’il dit apprendre les développements en même temps que le public. « Cette nouvelle-là, j’aurais dû l’apprendre bien avant », lance-t-il.
Un système qui rend les municipalités dépendantes
Pour Emmanuel Deschênes, le problème dépasse largement le dossier des quais. Il pointe du doigt un système de financement qui maintient les municipalités dans une dépendance constante envers les gouvernements. « Le système est mal fait. On est obligé de dépendre des subventions. Quand les valves ferment, tout arrête », explique-t-il.
Selon lui, cette structure empêche toute planification à long terme. « On est tributaires de ce qui se passe au-dessus de nous. On n’a pas plus de pouvoir, mais on a plus de responsabilités », dénonce-t-il.

Une planification impossible
Dans ce contexte, difficile pour les municipalités de se préparer adéquatement aux impacts du projet, quel qu’il soit. « Ils ne peuvent pas planifier autre chose que ce qu’ils ont en ce moment », dit-il, en référence notamment au transport maritime vers L’Isle-aux-Coudres.
Pour lui, une annonce claire permettrait au moins de s’ajuster et de se développer en conséquence. « Là, on est dans le néant », résume-t-il.

« On joue avec des rumeurs »
En attendant, le dossier continue d’alimenter les spéculations. « Il y a plus de bruit que d’informations », constate le maire. Une situation qu’il associe directement au manque de transparence et de communication dans le processus.
Alors que les prochaines étapes du projet demeurent floues, les municipalités de Charlevoix devront continuer de composer avec cette incertitude. « On va réagir, mais on ne peut rien faire », conclut Emmanuel Deschênes.
Le dossier des quais continuera de faire l’objet d’un suivi.
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