REPORTAGE | Une passion qui traverse les générations
La troupe du théâtre Dell’Arte s’apprête à présenter une nouvelle production
Au Centre éducatif Saint-Aubin, la troupe du théâtre Dell’Arte s’apprête à présenter une nouvelle production : La Bolduc. Fidèle à sa mission, le projet réunit une vingtaine de participants, jeunes et adultes, autour d’une même passion.
À la tête de cette initiative depuis plus de 30 ans, l’enseignante Lyne Dufour continue de transmettre cet art avec la même énergie. Active dans le milieu depuis 1994, elle a découvert le théâtre lors d’un cours au cégep — une révélation qui ne l’a jamais quittée.
« Le théâtre, ce n’est pas juste jouer. C’est développer la confiance, apprendre à travailler en équipe et se dépasser », explique-t-elle.
Dès son arrivée à l’école, elle a voulu offrir aux élèves un espace pour s’exprimer autrement. Année après année, la formule s’est imposée : une troupe intergénérationnelle où élèves, enseignants et membres de la communauté partagent la scène.
« Il n’y a pas de compétition. Quand on est sur scène, il n’y a plus d’âge. On est tous là pour le plaisir, mais aussi pour offrir un spectacle de qualité », souligne-t-elle.
Une expérience marquante pour les jeunes
Pour plusieurs élèves, l’expérience théâtrale devient un moment déterminant de leur parcours scolaire.
Olivier Tremblay, 17 ans, en est à sa dernière année au secondaire. Il se souvient encore de sa première présence sur scène, dans Les Belles-Sœurs.
« La première fois que tu joues devant 200 personnes, ça marque. C’est un mélange de peur, d’excitation et de plaisir. Tu as peur de te tromper, mais en même temps, tu es content d’être là », raconte-t-il.
Une passion née après avoir vu sa sœur jouer dans une production scolaire. « J’ai découvert un monde complètement différent. Des gens qui jouent sur scène, pas sur un écran. Ça m’a accroché tout de suite. »
Même les imprévus deviennent des souvenirs. « Je me suis trompé dans une réplique la première fois, mais personne ne s’en rend compte. Ça fait partie de l’expérience. »
Une vocation qui se dessine
Du côté de Kristopher Vallée, élève de secondaire 4, le théâtre occupe déjà une place centrale. Présent dans plusieurs productions depuis ses débuts, il affirme vouloir en faire sa carrière.
« Moi, j’ai toujours aimé être sur scène. J’aime incarner des personnages, mais aussi voir le public sortir avec le sourire à la fin du spectacle », dit-il.
Il souhaite poursuivre sa formation au Conservatoire d’art dramatique de Québec. « Je me vois juste faire ça. Quand je regarde une pièce, je m’imagine déjà sur scène. »
Comme son collègue, il reconnaît que le défi reste bien réel, même avec l’expérience. « Jouer devant des inconnus, c’est moins gênant. Mais devant tes proches, c’est là que le stress embarque. »
Un projet rassembleur
Au-delà des performances, Lyne Dufour insiste sur l’impact humain du projet.
« Ce que je veux, c’est que les jeunes développent leur plein potentiel. Le théâtre permet de se dépasser, de gagner en confiance et de créer des liens forts », affirme-t-elle.
Plusieurs anciens participants poursuivent d’ailleurs dans le domaine artistique, que ce soit en théâtre, en musique ou dans d’autres disciplines.
Cette année, la production autour de La Bolduc marque un retour à la comédie musicale, un format qu’elle affectionne particulièrement. « J’avais envie de revenir à la musique, et j’avais les bons musiciens pour le faire. »
Quatre représentations au programme
La troupe du théâtre Dell’Arte présentera sa pièce les 9 et 10 avril, ainsi que les 15 et 16 avril, à 20 h, au Centre éducatif Saint-Aubin.
Les billets sont disponibles via la page Facebook de la troupe ou directement à la porte le soir des représentations.
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