Les défis auxquels s’attendent de futurs médecins de famille

Par Katrine Desautels, La Presse Canadienne 1:35 PM - 4 avril 2026
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Un stéthoscope est visible au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), à Montréal, le mercredi 20 août 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov

Revaloriser la médecine de famille; avoir un meilleur partage du dossier des patients; lourdeur de la paperasse. De futurs médecins de famille ont identifié des défis qui les attendent dans leur début de carrière. 

La pénurie de personnel en santé en fait partie parce que les médecins sont de plus en plus appelés à orienter les patients vers d’autres professionnels qui peuvent répondre à leurs besoins. 

«C’est connu de longue date que le manque de ressources complique énormément la tâche des médecins de famille», mentionne Rosalie Kègle, une étudiante qui commencera incessamment sa résidence en médecine familiale. 

«Souvent, les patients sont référés par leurs médecins de famille à un médecin spécialiste ou à un professionnel, mais les listes d’attente sont interminables. Les patients continuent de souffrir, ils ne savent plus vers qui se tourner et ils reviennent voir leur médecin de famille. Je comprends totalement parce que ce sont des patients qui sont à bout de ressources. Mais au final, le médecin de famille, à part écouter et dire que la personne a déjà été référée, il ne peut pas faire plus parce que le reste est en dehors de son champ d’expertise ou son offre de services», explique Mme Kègle. 

Alexandre Rivard, qui sera prochainement résident en médecine familiale, abonde dans le même sens. «Le médecin de famille, c’est une partie de la première ligne, et on a besoin d’autres professionnels, entre autres des physiothérapeutes, ergothérapeutes, travailleurs sociaux et j’en passe. On a besoin de toute cette équipe pour que la population ait accès à la première ligne et je pense que ça va être un défi pour les médecins de famille de pouvoir avoir accès à ces professionnels.»

Les ratés des systèmes informatiques

Le partage d’informations sur les patients entre les professionnels de la santé est défaillant. Le Dossier santé numérique (DSN) est censé améliorer les choses, mais il tarde à être mis en place. 

«Malheureusement, avec le déploiement des systèmes informatiques qui est très lent et qui connaît aussi beaucoup de difficultés en ce moment, ça va être un défi parce que la médecine de famille a un rôle de coordination, de faire le suivi avec les patients sur les différents spécialistes qu’ils voient», expose Félicia Harvey, vice-présidente de la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ), qui entamera bientôt sa résidence en médecine familiale.

Selon elle, le jour où le Québec sera doté d’un système centralisé avec le dossier numérique du patient, ça va «beaucoup faciliter» le travail des médecins. 

Mme Harvey dénonce aussi les lacunes importantes dans les systèmes de prise de rendez-vous. Il faudrait un système avec une option de confirmation du rendez-vous, ce qui réduirait le nombre de fois où les patients ne se présentent pas, ce qu’on appelle les «no-show». 

«On voit encore beaucoup de ”no-show”, car c’est difficile de rejoindre la secrétaire qui a donné le rendez-vous. Ou même d’avoir mal pris en note la date ou l’heure du rendez-vous, et le patient ne peut pas avoir accès à une plateforme pour revoir quand est la date», déplore Mme Harvey. 

La paperasse encore trop lourde

Redorer l’image de la médecine de famille au Québec sera un défi dans les prochaines années, selon la vice-présidente de la FMEQ. 

«Moins il y a de médecins de famille, plus il y a de fardeaux sur les médecins de famille présents. Je pense que ça va être un travail à faire dans les prochaines années de revaloriser la médecine de famille, notamment auprès des étudiants, mais aussi des médecins actuels pour qu’ils aient le goût de continuer à pratiquer au public au Québec», explique Mme Harvey. 

D’autre part, la paperasse encombre beaucoup le travail des médecins. Selon un rapport de l’Association médicale canadienne publié en 2026, les médecins de famille au pays consacrent dix heures par semaine à des tâches administratives. 

«On entend souvent parler de paperasse, de délais, de patients qu’on doit revoir plusieurs fois juste parce qu’ils n’ont pas encore eu leur rendez-vous avec un spécialiste, rappelle Mme Harvey. Ce sont des freins à une pratique efficace. Mais on voit quand même une ouverture du gouvernement, notamment avec des projets de loi pour diminuer la paperasse, mais je pense qu’il y a encore du travail à faire.»

Le gouvernement Legault a en effet annoncé des assouplissements dans les dernières années, par exemple en supprimant l’exigence de certaines ordonnances pour les assurances privées. 

Étienne Turcotte, un étudiant qui débutera prochainement sa résidence en médecine familiale, estime que l’intelligence artificielle pourrait jouer un rôle dans la réduction de la paperasse. Il croit aussi que le développement de la télémédecine pourrait réduire les listes d’attente en donnant un meilleur accès à un médecin, surtout pour les gens qui habitent en régions éloignées. 

Il rappelle cependant qu’il faut faire preuve de prudence avec ces technologies et qu’il est important que le clinicien voie le patient en personne lorsque c’est possible. 

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Bernard Boulianne
Bernard Boulianne
1 mois il y a

J’aimerais aussi lire que nos futurs médecins de famille ont hâte de contribuer à la santé collective des Québécois.
Je suis présentement en Martinique et je vous assure que la Santé publique martiniquaise a elle aussi bien des défis à relever. Je ne suis pas certain par contre que les médecins ici sont aussi traités que ceux de la Belle Province!

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