La MRC de Charlevoix-Est a donné son aval à la conformité de la demande d’Hydro-Québec visant l’installation de 14 mâts de mesure de vent sur son territoire. Une décision qui ouvre la porte à la poursuite des démarches exploratoires — tout en imposant un ralentissement clair du processus.
Les élus ont en effet accompagné leur décision d’une demande explicite : repousser l’implantation des mâts afin de permettre à la MRC de mettre à jour son schéma d’aménagement.
Une acceptation… sous condition
La décision adoptée par le conseil des maires ne constitue pas un refus du projet, mais elle vient en encadrer le rythme.
Hydro-Québec souhaitait amorcer rapidement cette phase exploratoire, qui vise à documenter plus finement le potentiel éolien du territoire.
Or, la MRC souhaite d’abord revoir ses outils de planification territoriale, notamment son schéma d’aménagement et son plan de compatibilité éolienne, dont les dernières versions remontent à plus d’une décennie.
De son côté, le préfet de la MRC, Michel Couturier, a rappelé l’importance du processus à venir. « On veut bien faire les choses ».
« C’est un dossier important pour la région. On veut bien faire les choses », a-t-il affirmé, en évoquant la volonté des élus de travailler avec le milieu et de consulter la population avant de prendre des décisions structurantes.

L’objectif : s’assurer que toute démarche future s’inscrive dans un cadre actualisé, adapté aux réalités actuelles du territoire et aux nouvelles caractéristiques des projets éoliens.
Une marge de manœuvre encadrée
Le directeur général de la MRC, Jean-Christophe Maltais, a rappelé que toute modification au schéma d’aménagement devra être justifiée et validée par le ministère.
« On peut exclure des zones, mais ça doit être argumenté », a-t-il expliqué, soulignant que la MRC devra travailler en collaboration avec Québec dans ce dossier.
Une démarche encore floue
Hydro-Québec maintient qu’il ne s’agit pour l’instant que d’une étape exploratoire.
La société d’État affirme vouloir mieux comprendre le potentiel du territoire avant toute décision, en tenant compte de facteurs techniques, environnementaux, sociaux et économiques.
Cependant, plusieurs zones d’ombre demeurent.
Lors d’échanges récents, Hydro-Québec n’a pas été en mesure de préciser certains critères techniques analysés, ni de fournir un échéancier clair de ses démarches, alimentant les critiques sur un manque de transparence.
Un équilibre entre développement et planification
En demandant un report du calendrier, la MRC tente de reprendre une certaine maîtrise du rythme dans un dossier où les leviers locaux sont limités.
Des documents publics indiquent en effet que certains territoires de Charlevoix-Est ont été réservés par l’État pour des projets énergétiques depuis plusieurs années, et que des outils légaux permettent, dans certains cas, d’aller de l’avant même en présence d’opposition locale.

Dans ce contexte, la mise à jour du schéma d’aménagement apparaît comme un passage stratégique pour les élus. Mais le préfet suppléant et maire de Clermont, Luc Cauchon, a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre développement et protection du territoire. « On a une richesse ici. Oui, il peut y avoir d’autres retombées économiques, mais à quel prix? », a-t-il soulevé, comparant le territoire à un actif collectif à préserver.
Des inquiétudes maintenues sur le terrain
Président de la ZEC Lac-au-Sable, Francis Gravel a réitéré son opposition, rappelant que son organisation refuse toute installation de mâts ou de projet éolien sur son territoire. « On demande que notre position soit prise en considération dans toute planification », a-t-il affirmé, évoquant l’importance du territoire et de ses retombées économiques pour la région.
Il a également insisté sur la nécessité d’impliquer la population dans les prochaines étapes, notamment à travers un processus de consultation.
La suite du dossier
La réaction d’Hydro-Québec à cette demande de report reste maintenant à surveiller.
La société d’État, qui affirme vouloir travailler en partenariat avec les milieux locaux et favoriser l’acceptabilité sociale, devra décider si elle ajuste son calendrier en conséquence.
Pendant ce temps, le débat régional se poursuit. Entre développement énergétique, protection du territoire et gouvernance locale, le dossier éolien à Charlevoix-Est entre dans une nouvelle phase — plus structurée, mais toujours aussi sensible.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.
Je félicite la vigilance du Zec-lac-aux-sables et son représentant Francis Gravel dans ce dossier si important. Notre région est attaquée de toute part par et de toutes les industries pour s’emparer de notre région à des fins spéculatrices et financières. Tous et chacun vanter les mérites de leur projet respectif avec un apport foncier alléchant sans se soucier de ce que ça en coûtera à long terme à notre patelin si différent. Notre qualité de vie et nos repères en tant qu’habitant sont menacés. La création d’un comité de vigilance primaire de surveillance devrait être créer pour la globalité de la région et protéger l’état ensemble de notre richesse.