Éolien : Hydro-Québec avance prudemment, mais les zones d’ombre persistent

Par Félix Côté 5:30 AM - 26 mars 2026
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Victor Carré | Le Charlevoisien

Alors que les tensions montent autour du développement éolien dans Charlevoix-Est, Hydro-Québec affirme être toujours à une étape exploratoire. Or, sur le terrain, plusieurs acteurs dénoncent un manque de clarté, alimentant un climat de méfiance déjà bien installé.

Dans une entrevue accordée au Charlevoisien, la porte-parole d’Hydro-Québec en matière d’approvisionnement énergétique et finances, Paule Veilleux-Turcotte, a tenté de préciser la démarche en cours — tout en reconnaissant implicitement que plusieurs détails restent à venir.

Une démarche « exploratoire »… sans échéancier clair

Hydro-Québec confirme avoir récemment déposé des demandes de permis d’occupation temporaire afin d’installer quatre mâts de mesure de vent dans Charlevoix-Est.

Selon Mme Veilleux-Turcotte, ces installations s’inscrivent dans une phase préliminaire : « L’installation des mesures de vent, c’est vraiment une étape exploratoire qui vient mieux documenter le potentiel éolien et raffiner notre compréhension du territoire. »

Bien que le potentiel éolien de la région soit connu depuis plus d’une décennie, la société d’État insiste sur la nécessité de raffiner les données techniques. « Il peut y avoir un potentiel éolien, mais nous, on a besoin d’avoir une meilleure compréhension du territoire et une compréhension plus technique de ce potentiel de vent-là. »

Cependant, interrogée sur les critères précis analysés, Hydro-Québec n’a pas été en mesure de fournir d’exemples concrets au moment de l’entrevue, indiquant devoir revenir ultérieurement avec ces informations.

Une analyse plus large que le vent

La société d’État souligne que les mâts de mesure ne représentent qu’une partie visible de ses démarches. « Les mesures de vent, c’est la partie visible de notre démarche d’exploration du territoire. Mais il y a beaucoup d’autres éléments qu’on regarde aussi, notamment l’analyse des sols. »

Hydro-Québec affirme également prendre en compte des facteurs techniques, environnementaux, sociaux et économiques pour évaluer la faisabilité éventuelle d’un projet. « Il y a beaucoup de considérations techniques, environnementales, sociales, économiques qui entrent dans cette réflexion-là. » 

Malgré ces précisions générales, aucun calendrier ni niveau d’avancement précis n’a été confirmé.

Transparence remise en question

Dans les dernières semaines, plusieurs acteurs du milieu — dont la ZEC Lac-au-Sable — ont dénoncé un manque de transparence dans les échanges avec Hydro-Québec.

La porte-parole rejette cette critique, mettant de l’avant les rencontres réalisées : « Le simple fait de tenir des rencontres avec des parties prenantes, on ne peut pas nous accuser de manquer de transparence, parce que l’objectif, justement, c’est de donner de l’information. »

Elle ajoute que l’objectif de ces rencontres est d’assurer : « une harmonisation des usages du territoire » (…) « un dialogue qui est soutenu, qui est transparent »

Hydro-Québec soutient avoir rencontré plusieurs intervenants et se dit prête à transmettre une liste des parties prenantes consultées, ainsi que les thèmes abordés.

Toutefois, malgré ces affirmations, les réponses fournies lors de l’entrevue sont demeurées générales et peu détaillées, ce qui alimente les inquiétudes déjà exprimées dans la région.

Acceptabilité sociale : un processus qui « commence maintenant »

Questionnée sur les critiques voulant que l’acceptabilité sociale arrive trop tard dans les projets, Hydro-Québec affirme que la démarche est déjà en cours. « L’acceptabilité sociale, ça se construit. C’est un processus qui se construit à travers le dialogue, la participation du public. » (…) « La démarche d’acceptabilité sociale commence dès maintenant avec les actions qu’on fait dans le milieu. »

La société d’État insiste sur le fait qu’elle ne cherche pas à aller rapidement : « Hydro-Québec ne cherche pas à aller vite, on cherche d’abord à faire bien les choses. »

Expropriation : un pouvoir reconnu, mais non envisagé

Interrogée sur les outils légaux dont dispose Hydro-Québec — notamment en matière d’expropriation — la porte-parole a reconnu leur existence, tout en affirmant qu’ils ne sont pas à l’ordre du jour. « On ne parle même pas d’un projet en ce moment. Donc on n’en est pas là dans nos réflexions. »(…)« C’est un droit qui existe, mais on n’en est pas là. »

Hydro-Québec affirme privilégier une approche basée sur le partenariat : « La volonté, c’est de faire des projets en partenariat avec les MRC et les communautés autochtones. »

Une stratégie provinciale en toile de fond

La démarche en cours dans Charlevoix-Est s’inscrit dans une stratégie plus large. « Hydro-Québec évalue le potentiel éolien un peu partout au Québec, puis on échange avec les milieux locaux. »

Le nouveau modèle de développement prévoit que la société d’État agisse comme maître d’œuvre, en collaboration avec les communautés locales.

Des réponses attendues

Au terme de l’entrevue, Hydro-Québec s’est engagée à revenir avec des informations supplémentaires, notamment :

• des exemples concrets de critères techniques analysés dans les études de vent

• une liste des parties prenantes rencontrées

• des précisions sur les autres analyses en cours (sols, environnement, etc.)

Un dossier en évolution

Alors que les préoccupations du milieu touristique, des gestionnaires de territoire et de certains élus continuent de s’exprimer, Hydro-Québec maintient qu’aucun projet n’est actuellement sur la table.

Reste que, sur le terrain, plusieurs estiment que cette phase exploratoire pourrait déjà tracer les contours d’un développement futur.

Dans ce contexte, et considérant les réponses partielles obtenues lors de cette entrevue, Le Charlevoisien effectuera un suivi dès réception des informations promises par Hydro-Québec.

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François Lessard
François Lessard
1 mois il y a

Devant le mur de critiques, même discours que NioBay (projet de mine de titane) et que Argyle Ressources (projet de mine de quartz), Hydro dit venir juste admirer le paysage sans nécessairement avoir de grandes ambitions.
Rendors-toi mon public rendors-toi.

François Lessard
François Lessard
1 mois il y a

Quelqu’un aurait vu Madame la députée qui pourrait venir nous répéter la même chose qu’Hydro? L’éolien c’est quand même pas un petit dossier dans la Destination/Réserve de biosphère.

tremblay sylvain
tremblay sylvain
1 mois il y a

Bienvenue au temps d’une
Paix

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