Éolien dans Charlevoix-Est : l’industrie touristique sonne l’alarme

Par Félix Côté 5:30 AM - 25 mars 2026
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Victor Carré | Le Charlevoisien

Alors que le projet de mesures de vent demandé par Hydro-Québec continue de susciter des réactions dans Charlevoix-Est, une nouvelle voix influente s’élève dans le débat. Celle de l’industrie touristique, par l’entremise de son directeur général, Mitchell Dion, qui se dit « très préoccupé » par les impacts potentiels d’un développement éolien sur le territoire.

D’entrée de jeu, Mitchell Dion souligne un élément qui alimente particulièrement les tensions : l’absence de consultation en amont. « On a appris ça un peu comme tout le monde, par les médias. On n’a pas été contactés par Hydro-Québec », déplore-t-il.

Rapidement, les téléphones se sont mis à sonner. Des gestionnaires d’entreprises touristiques – pourvoiries, exploitants de la ZEC, acteurs du Mont Grand-Fonds – ont exprimé leurs inquiétudes face à ce qu’ils perçoivent déjà comme un projet aux conséquences potentiellement importantes.

Pour Tourisme Charlevoix, cette réaction immédiate n’est pas anodine : elle témoigne d’un secteur économique sensible à toute transformation du territoire.

Le spectre d’un projet plus vaste

Officiellement, il n’est question que d’installer des mâts de mesure de vent. Mais pour Mitchell Dion, cette étape soulève déjà des questions. « On a l’impression qu’on minimise ce pas-là en disant que ce sont seulement des mesures de vent. Mais quand on investit dans ce type de tests, c’est qu’il y a probablement une intention derrière. »

L’expérience passée alimente cette prudence. Dans d’autres projets, rappelle-t-il, les mesures de vent n’ont pas toujours été un prérequis absolu au développement éolien. À ses yeux, il serait donc naïf de considérer cette phase comme anodine.

Un territoire à haute valeur touristique

Le secteur visé ne laisse personne indifférent. Il s’agit d’un territoire reconnu pour son potentiel récréotouristique, où cohabitent ZEC, pourvoiries et infrastructures comme le Mont Grand-Fonds. « Ce que les gens viennent chercher ici, c’est la quiétude, le calme, le caractère encore vierge du paysage », insiste le directeur général. C’est précisément ce qui, selon lui, est en jeu.

L’implantation d’éoliennes ne se limiterait pas à leur présence visuelle. Elle impliquerait également la construction de chemins d’accès, des modifications au territoire et des perturbations dans des milieux naturels parfois fragiles, incluant des habitats d’espèces à statut précaire et des corridors écologiques liés au parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie.

Déjà des répercussions sur la clientèle

Au-delà des craintes théoriques, des impacts concrets commencent déjà à se faire sentir, affirme-t-il. « Il y a des clients qui ont appelé des entreprises pour dire qu’ils étaient inquiets. »

Un signal préoccupant pour une industrie qui repose en grande partie sur l’image du territoire. Selon lui, même l’évocation d’un projet éolien peut affecter la perception des visiteurs. « Ce n’est pas nécessairement une très bonne presse pour la destination. »

Une question de gouvernance et de contrôle

Mitchell Dion soulève également un enjeu plus large : celui du contrôle du développement territorial. « On a l’impression que de grands projets industriels s’installent, et que le milieu n’a pas toujours son mot à dire. »

Des entreprises auraient notamment été informées de l’installation de mâts de mesure sur leur territoire sans réelle possibilité d’intervention. Une situation qu’il juge préoccupante, surtout dans un contexte où Hydro-Québec dispose de pouvoirs importants.

Pour lui, la clé réside dans une gouvernance plus inclusive. « Il doit y avoir plus qu’une personne qui a les mains sur le volant. »

Redevances ou paysage : un faux débat?

Si les retombées économiques sont souvent mises de l’avant pour favoriser l’acceptabilité sociale, le directeur général nuance leur portée à ce stade-ci. « On comprend qu’il y a des besoins énergétiques et que les redevances peuvent être intéressantes. Mais pour les entreprises, la question n’est pas là. »

Selon lui, l’enjeu principal demeure la protection du paysage et du modèle touristique de la région. « Ce qui inquiète les entreprises, ce n’est pas la redevance. C’est la création même du projet et son impact sur notre joyau. »

Une position encore en évolution

Malgré ces préoccupations, Tourisme Charlevoix ne ferme pas la porte au dialogue. L’organisation en est encore à l’étape de la collecte d’information. « C’est très récent. On veut comprendre les impacts, connaître les intentions, puis peaufiner notre position. »

Entre temps, les entreprises touristiques comptent bien faire entendre leur voix. Dans un dossier où se croisent développement énergétique, protection du territoire et acceptabilité sociale, une chose apparaît déjà claire : pour l’industrie touristique, le paysage de Charlevoix n’est pas seulement un décor — c’est un actif économique fondamental, qu’elle entend défendre.

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Fabien goulet
Fabien goulet
1 mois il y a

Lors des webinaires de hydro quebec destinés aux élus, hydro a été très clair, leur seul critère de développement est la capacité d’accueil du réseau. Il ne consulte personne! Cependant ils ont aussi précisé qu’une résolution d’une conseil municipal en faveur du projet éolien est un pré-requis pour qu’un projet aie lieux. Donc allez dans vos conseil municipaux et demandé une résolution contre le projet éolien de votre coin. Et répétez la demande à chaque séance de conseil.

François Lessard
François Lessard
1 mois il y a

La Destination biosphère certifiée Tourisme Charlevoix complètement absente pour Éolien Des Neiges Charlevoix vient de se réveiller. Ce qui est bon pour l’un devrait aussi être bon pour l’autre me semble? Il n’y a qu’un seul Charlevoix.

Claude Harvey
Claude Harvey
1 mois il y a
Répondre à  François Lessard

Vous êtes bien un des seuls à dire qu’il n’y a qu’un seul Charlevoix. Ce rêve est éteint depuis 40 ans.

François Lessard
François Lessard
1 mois il y a
Répondre à  Claude Harvey

Je ne parle pas ici de limites administratives, je parle d’une réalité géographique incontournable. Pour ce qui est des limites administratives oui je trouve aussi que 2 MRC pour 30,000 habitants c’est assez abusif. Les MRC supposément parmi les plus pauvres au Québec roulent en Cadillac et c’est le contribuable qui paye les termes, l’assurance et le gaz.

François Lessard
François Lessard
1 mois il y a

Combien de Charlevoix pour Tourisme Charlevoix, un ou deux? Deux régions, l’est et l’ouest, ou une seule et même région?

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