Le président de la Zec Lac-au-Sable, Francis Gravel, lance un avertissement clair aux élus de la MRC de Charlevoix-Est : autoriser l’installation de mâts de mesure de vent sur le territoire reviendrait, selon lui, à ouvrir la porte à un éventuel projet éolien industriel dont les conséquences seraient majeures pour le milieu naturel, récréotouristique et économique de la région.
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Dans une entrevue accordée au Charlevoisien, M. Gravel soutient que Charlevoix-Est pourrait bien représenter la « suite logique » du développement éolien après l’avancement du projet éolien des Neiges dans Charlevoix-Ouest. Hydro-Québec indique effectivement poursuivre le raccordement du parc éolien des Neiges – secteur Charlevoix au réseau existant à l’horizon 2027.
Pour le président de la ZEC, les signaux sont suffisamment nombreux pour justifier une réaction immédiate du milieu.
« Si j’autorisais l’installation de tours de vent, c’est comme si je vous ouvrais la porte pour le parc éolien. Après ça, on ne pourra plus revenir en arrière », résume-t-il.
Une opposition formelle déjà adoptée
Le conseil d’administration de la Zec Lac-au-Sable a d’ailleurs officialisé sa position dans une résolution adoptée le 19 février 2026. L’organisme y refuse formellement toute installation de mât ou de tour de mesure de vent sur l’ensemble du territoire sous sa gestion, de même que tout projet de parc éolien, actuel ou futur.
Dans son communiqué transmis aux autorités politiques, la ZEC soutient que sa mission de gestion, de mise en valeur, de conservation et de protection du territoire est incompatible avec l’implantation d’infrastructures éoliennes industrielles. Elle invoque notamment la présence de cinq refuges biologiques, d’espèces à statut précaire, la continuité écologique avec le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie et une démarche déjà amorcée en vue d’une reconnaissance accrue en matière de protection du territoire.

Francis Gravel affirme que la demande actuelle touche huit mâts sur le territoire de la ZEC d’ici 2027. Plus largement, il soutient avoir été informé d’un déploiement régional plus vaste, qui viserait 14 tours de mesure de vent dans le secteur.
« Hydro-Québec veut aller vite »
Au cœur de l’inquiétude exprimée par M. Gravel se trouve un changement de gouvernance qu’il juge déterminant.
Selon lui, Hydro-Québec ne se présente plus simplement comme un partenaire ou un acheteur d’électricité, mais comme le maître d’œuvre des grands projets à venir. Cette approche correspond à la stratégie dévoilée par la société d’État en mai 2024, selon laquelle Hydro-Québec entend devenir maître d’œuvre de projets éoliens de grande envergure, pouvant dépasser 1 000 MW, en partenariat avec les Premières Nations et les municipalités.
Pour M. Gravel, cette nouvelle manière de faire change complètement la dynamique sur le terrain.
« Ce ne sera pas un promoteur qui va venir comme maître d’œuvre. Ils nous l’ont annoncé : leur modèle d’affaires change, puis ils veulent accélérer puis aller rapidement pour la construction des parcs éoliens », affirme-t-il.
Cette rapidité anticipée constitue précisément l’une de ses principales mises en garde. Hydro-Québec affirme vouloir ajouter 10 000 MW de nouvelles capacités éoliennes d’ici 2035, ce qui place cette filière au cœur de son développement énergétique.
Aux yeux du président de la ZEC, cet objectif crée une pression qui pourrait amener les communautés à sous-estimer la portée réelle des premières autorisations demandées actuellement à la MRC Charlevoix-Est.
Le précédent Nutinamu-Chauvin alimente les craintes
Pour illustrer sa crainte de voir un projet prendre forme rapidement, Francis Gravel établit un parallèle avec le projet de développement du potentiel éolien de la zone Nutinamu-Chauvin, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Sur son site, Hydro-Québec présente déjà cette zone comme un projet mené en partenariat avec la Première Nation des Innus Essipit et la MRC du Fjord-du-Saguenay. La société d’État y évoque un potentiel de 500 à 1 000 MW et précise que la zone à l’étude couvre environ 300 km². Elle indique aussi que les partenaires y mènent des initiatives comprenant l’installation d’équipements pour recueillir des données sur la qualité du vent, en parallèle à la consultation du milieu.
Pour M. Gravel, cet exemple démontre surtout à quel point un projet peut progresser rapidement dans l’appareil décisionnel. Et ce, « même sans l’installation de tours de mesure », rapporte-t-il.
Il y voit la preuve qu’il faut intervenir très tôt, dès l’étape des mesures de vent, plutôt que d’attendre qu’un projet atteigne une phase avancée de planification.
« Quand j’ai constaté ça, je me suis rendu compte qu’il y avait une urgence dans la région de réagir tout de suite », dit-il.
Un territoire qu’il juge incompatible avec l’éolien industriel
Francis Gravel insiste : il ne se dit pas opposé de façon générale à l’énergie éolienne. Il soutient toutefois que « Charlevoix-Est n’est pas, selon lui, le bon endroit pour accueillir un tel développement ».
Son argumentaire repose à la fois sur la vocation du territoire et sur sa géographie. « La Zec Lac-au-Sable, accueille un important achalandage annuel, des membres, des villégiateurs, des campeurs et des familles qui recherchent d’abord la nature, la tranquillité et l’intégrité des paysages. »
Selon lui, un parc éolien industriel viendrait transformer profondément cette expérience. Il soutient que l’implantation d’éoliennes sur les hauts sommets — visibles depuis plusieurs municipalités de Charlevoix-Est — aurait un impact sur le paysage beaucoup plus marqué que dans d’autres secteurs moins habités.
Il craint aussi la « fragmentation du territoire par l’ouverture et l’entretien permanent de larges chemins d’accès, la perturbation des forêts matures et des corridors écologiques, ainsi que des effets indirects sur la faune, notamment sur le cheptel d’orignaux, déjà fragilisé », selon lui.
Une décision jugée cruciale pour les élus
Le président de la ZEC affirme faire confiance aux élus pour analyser le dossier, mais il les invite à « ne pas banaliser la portée de la demande actuelle ». À ses yeux, il ne s’agit pas d’un simple exercice technique sans conséquence.
« La question, dit-il, est de savoir si la MRC acceptera ou non d’ouvrir une brèche dès maintenant ». Alors que — selon ce qu’il comprend des démarches d’Hydro-Québec — les véritables ententes de partenariat et les détails plus précis sur les redevances n’interviendraient qu’à une étape beaucoup plus avancée du processus.
Cette perspective l’inquiète d’autant plus que le calendrier politique pourrait changer, avec de nouvelles équipes municipales appelées à gérer plus tard les suites d’une décision prise aujourd’hui.
Des impacts économiques redoutés
En fin de compte, Francis Gravel soutient qu’un éventuel parc éolien ne menacerait pas seulement la mission de conservation de la Zec Lac-au-Sable, mais aussi son équilibre financier.
Selon lui, la construction d’un tel projet aurait de graves conséquences sur les revenus de l’organisme, dont la viabilité repose directement sur l’achalandage lié à la chasse, à la pêche, à la villégiature, au camping et aux autres usages récréatifs du territoire. Il estime aussi qu’une baisse de fréquentation aurait des répercussions sur d’autres entreprises de services de la région qui bénéficient elles aussi de la venue de cette clientèle.
Selon nos informations, d’autres entreprises privées exploitant le territoire à des fins récréotouristiques auraient également été contactées par Hydro-Québec
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Des biens nantis qui profitent d’un territoire public comme si il leur appartenait et s’opposer à un projet qui pourrait aider une des MRC des plus pauvres du Québec et par le fait même sa population, est près de l’indécence.
Le très large débat sur la filière éolienne telle que développée actuellement au Québec est bien loin de se résumer à cette affirmation anecdotique.
Le passé étant garant de l’avenir, voilà une excellente posture à adopter. Bravo à la ZEC qui monte au front dès maintenant. Un exemple à suivre dans Charlevoix.
L’avenir c’est les énergies vertes et les eoliennes c’est l’avenir.
Possiblement oui, mais dans la concertation régionale, et non dans l’imposition…
Il y a personne qui parle d’imposition actuellement. Les elus sont là pour représenter peuple et en général ils décident dans la concertation. Ce n’est pas un groupe qui profite du bien qui appartient à tout les queecois et jouisse d’un privilège à faible coût pour initierine telle contestation.C’est leur etc
Oui mais pas dans ma cours?
Quand ce n’est ni utile ni nécessaire ce n’est pas vert. C’est de l’opportunisme environnemental affairiste.
Durant ce temps on attend des nouvelles du certifié Destination biosphère Tourisme Charlevoix complètement absent pour Éolien Des Neiges Secteur Charlevoix en pleine Réserve de biosphère et habitat du caribou à restaurer et non pas à rempirer.
Enfin des positions courageuses des ZEC.
Oui, il y urgence régionale à définir les règles et les balises d’implantation de parc industriel éolien en Charlevoix.
Silence total de la biosphère de Charlevoix?
Visiblement, les promoteurs profitent du flou et de nos chicanes.
A quand la création d’une charte régionale issue de la concertation des résidents ?
Va t-on de nouveau se faire imposer des situations décidées en petit comité quasi privé ?
Doit-on ne laisser à la jeune relève créative de Charlevoix que le pouvoir de s’indigner dans un BAPE ?
Pouvons-nous utiliser notre intelligence charlevoisienne pour enrichir notre avenir plutôt que de le détruire ?
votre commentaire englobe beaucoup mais pas pour le bien commun mais pour une petite clique de bien nantis qui nOnt pas les mêmes objectifs que vous.
De quelle clique parlez-vous donc M. Girard? Personnellement je n’appartient à aucune clique et je ne sais pas de quoi vous voulez parler. Dans ce débat il y a aussi des gens qui s’intéressent à la protection du territoire dans son ensemble tout simplement.
Je ne parle pas de vous. Je parle de ces gens qui profitent des forets publiques et agissent comme s’ils en étaient propriétaires. Il y a un égoïsme qui est difficile à supporter quand un tel projet peu rapporter gros à une mrc, une des plus pauvres du Québec . Quand la protection du territoire devient un facteur d’apauvrissement d’une population il faut faire le choix de se sortir de la pauvreté ou de continuer à vivre dans la décadence .
Comme ce gouvernement est totalement sans vision au niveau de la mise en place de lignes directrices pour un développement harmonieux de cette filière, des effets cumulatifs sur le paysage, les écosystèmes, les impacts sur les habitats naturels, les pertes de valeurs, les enjeux sur plusieurs attraits récréotouristiques et autres, c’est vers un BAPE générique que la population doit se tourner. Malgré le refus du gouvernement suite à des pressions et demandes faites à répétition, de même qu’aux recommandations faites dans le cadre de BAPE(s) spécifiques par la présidence et les commissaires. Il est temps plus que jamais de régulariser l’implantation de ces parcs, pour laquelle rien ne définit l’arrêt de multiplication des volontés gouvernementales pour ce développement. Nous avions, il y a à peine quelques années, 4000 MW d’éolien installé, quel sera le nouvel objectif désiré suite à l’atteinte des 10,000 MW déjà planifiés ? Je rappelle que la capacité actuelle avec les projets en cours et ceux autorisés sans avoir débuté s’élève déjà à plus de 8 500 MW. Beaucoup trop de questions demeurent sans réponses. Je ne comprends aucunement comment la population peut être exclue des décisions relatives à l’avenir de son territoire. Joignez “Vent d’élus”, qui,… Lire la suite »