Une journée pour souligner la différence
À l’occasion de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, le Regroupement pour l’intégration sociale de Charlevoix (RISC) a tenu, ce samedi 21 mars, une activité rassembleuse au Petit Manoir du Casino. De 11 h à 15 h, participants, familles et intervenants se sont réunis pour souligner à la fois cette semaine de sensibilisation et la Journée mondiale de la trisomie 21.
Pour marquer l’occasion, plusieurs ont porté des bas dépareillés, un geste symbolique devenu emblématique. « À partir du moment où tu acceptes de porter des bas dépareillés, tu acceptes la différence », explique Mireille Landry, coordonnatrice au développement de l’organisme.
L’événement se voulait avant tout festif et inclusif. Un repas, de la danse et même un spectacle inspiré d’une comédie musicale, mettant en scène des participants vivant avec une déficience intellectuelle, ont animé la journée. « L’histoire se passait dans un cirque », précise Mme Landry, soulignant la fierté et l’implication des participants.
Au-delà de l’aspect festif, l’activité répond aussi à un besoin fondamental : briser l’isolement. « Il y a beaucoup d’inclusion sociale qu’on cherche à retrouver. On veut que les participants puissent faire partie de la communauté, participer à des activités, que ce soit récréatif ou même dans des milieux de travail », mentionne le directeur intérimaire de l’organisme, Raynald Paradis.
Pour les parents, ces rassemblements ont une valeur inestimable. Mme Landry, elle-même mère d’un enfant vivant avec une différence, témoigne de l’importance du soutien entre familles. « Quand tu apprends le diagnostic, tu te sens seul, démuni. De côtoyer des gens qui vivent la même chose, ça t’amène des solutions, des réflexions. Moi, ça m’a fait grandir », confie-t-elle. Elle compare même ces échanges à une forme de mentorat, où les expériences partagées deviennent des outils concrets pour avancer.

Cependant, derrière cette journée lumineuse se cache une réalité plus préoccupante. Les intervenants dénoncent certaines coupures récentes qui fragilisent les services offerts. « On a coupé l’allocation que recevaient nos jeunes pour aller travailler. C’était environ 17 $ par semaine, mais c’était leur paie, leur fierté », déplore Mme Landry.
À cela s’ajoute la fin de la prise en charge de certains frais de transport et même la fermeture d’un plateau de travail à Baie-Saint-Paul. « Ces milieux-là, c’est essentiel. Ça développe leurs habiletés sociales, leur autonomie. Sinon, ils se retrouvent à la maison, sans structure. Ce n’est pas une vie », insiste-t-elle.
Malgré ces défis, l’énergie et la motivation des participants demeurent intactes. Plusieurs sont engagés dans des activités régulières, comme des cours de danse, et se préparent même à une compétition régionale prévue en avril. « Ils ont un réel désir d’apprendre et de participer », souligne l’équipe du RISC.
Entre célébration et revendication, cette journée aura permis de rappeler une chose essentielle : derrière les enjeux et les chiffres, il y a des personnes, des familles et une communauté qui souhaite simplement être pleinement incluse
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.