La grande finale du Cabaret Festif! a couronné Luan Larobina samedi soir, au terme d’une soirée haute en émotions présentée devant une salle comble à l’Hôtel Le Germain de Baie-Saint-Paul. Dans une ambiance à la fois fébrile et intimiste, les quatre finalistes — toutes des artistes féminines — ont offert des performances marquantes, chacune avec une signature bien distincte.
Dès l’ouverture, le porte-parole de la soirée, Mike Clay, ancien gagnant du Cabaret en 2015, a su donner le ton. Fidèle à sa réputation, il a rapidement électrisé la salle, installant une énergie festive qui a porté le reste de la soirée.
Mais c’est Luan Larobina qui a véritablement conquis le jury. Avec une prestation empreinte de douceur et de profondeur, accompagnée d’un violon et d’une contrebasse, l’artiste a su créer une connexion immédiate avec le public. Dès les premières notes, le silence s’est installé, laissant toute la place à sa voix sensible et à ses textes habités. Le public s’est laissé porter, allant jusqu’à participer spontanément en frappant des mains. Sa prestation s’est conclue par une chanson hommage à son père, moment chargé d’émotion qui a suscité de vives réactions dans la salle.
Sa victoire lui permet de mettre la main sur une part des bourses totalisant 15 000 $, en plus d’accéder à un éventail d’outils essentiels au développement de sa carrière : formations, résidences de création, temps de studio et accompagnement professionnel. Elle bénéficiera également d’une vitrine importante grâce aux partenaires diffuseurs du Cabaret, avec des opportunités de se produire sur certaines des plus grandes scènes du Québec.
La soirée a également permis de découvrir des univers artistiques riches et variés.

l i l a a proposé une performance immersive et introspective, fidèle à son univers. Entourée de bougies et de figurines disposées sur des draps dentelés, elle a invité le public dans un espace presque sacré, où chaque chanson devenait une exploration émotionnelle. Son morceau fourteen, abordant le deuil, a particulièrement marqué les esprits par sa vulnérabilité.

De son côté, Thalia Rosaura a livré une prestation énergique et rassembleuse. Armée d’un mégaphone dès son entrée sur scène, elle a rapidement capté l’attention avec son projet électro-pop. Sa voix puissante et sa présence assumée ont réussi à faire lever l’ambiance, le public répondant en rythme, mains levées.

Enfin, Thee Soreheads ont offert une décharge d’énergie brute. Fidèle à leur esthétique punk, le groupe a pris possession de la scène avec intensité, enchaînant les morceaux engagés et assumés. Leur message sur le consentement a particulièrement résonné auprès du public, qui leur a d’ailleurs décerné le vote du public.
Au-delà de la compétition, le Cabaret Festif! continue de se démarquer comme un tremplin unique au Québec. Premier concours à rémunérer ses participant·es et à offrir une inscription gratuite, il attire chaque année près de 1 500 spectateurs et offre une visibilité majeure à la relève musicale.
Une fois de plus, la finale aura démontré toute la richesse et la diversité de la scène émergente, avec, en tête d’affiche cette année, une artiste qui a su toucher droit au cœur : Luan Larobina.
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