L’Union des producteurs agricoles (UPA) se montre déçue du budget 2026-2027 du gouvernement du Québec, estimant qu’il ne répond pas aux attentes du secteur agricole et forestier.
Dans un communiqué publié mercredi, l’organisation parle d’un statu quo budgétaire, alors que ce dernier exercice avant les élections générales représentait, selon elle, une occasion importante d’agir. « Ce budget est le dernier d’ici les élections générales de cet automne. Le gouvernement avait une ultime occasion de répondre à plusieurs des attentes légitimes et récurrentes des productrices et producteurs agricoles et forestiers », a affirmé le président général de l’UPA, Martin Caron. Il ajoute que les entreprises devront « malheureusement chercher ailleurs » un environnement d’affaires plus compétitif, malgré les intentions évoquées par le ministre des Finances, Eric Girard.
L’UPA rappelle que le secteur agricole demeure un pilier économique important, avec près de 29 000 entreprises, plus de 52 000 emplois et des investissements annuels de 1,7 milliard de dollars dans les régions. Dans ce contexte, elle juge que des investissements plus significatifs étaient nécessaires pour soutenir son développement, d’autant plus que les finances publiques sont moins fragilisées qu’anticipé.
Certaines mesures annoncées dans le budget retiennent tout de même l’attention, notamment des investissements pour améliorer la compétitivité du secteur bioalimentaire et pour soutenir des initiatives environnementales en agriculture. Une enveloppe est également prévue pour l’écoulement de bois feuillu de faible qualité, ce qui bénéficiera en partie à la forêt privée. L’organisation estime toutefois que ces mesures demeurent insuffisantes, en particulier du côté forestier, où l’aide continue de cibler prioritairement la forêt publique et l’industrie.
La question de la tarification du carbone demeure l’un des principaux irritants. Depuis 2015, les entreprises agricoles ont versé plus de 550 millions de dollars au Fonds d’électrification et de changements climatiques. L’UPA juge que les sommes prévues pour compenser ces coûts ne corrigent pas la situation, surtout dans un contexte de hausse des prix du carburant.
Au-delà de ces enjeux, l’organisation aurait souhaité voir des gestes concrets pour soutenir la relève agricole, renforcer les régions périphériques et appuyer davantage l’agriculture de proximité. Elle évoque également la nécessité de mieux encadrer la fiscalité foncière et de réduire le poids financier qui pèse sur les entreprises.
À quelques mois des élections, l’UPA souligne que certaines propositions récentes avancées par des figures politiques, notamment en matière de remboursement de la tarification carbone et d’allègement réglementaire, vont dans la bonne direction. Elle s’attend maintenant à ce que ces engagements se traduisent en actions concrètes.
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