Un projet d’électrification mis sur pause chez Cedreco
Cedreco est une scierie située à Saint-Aimé-des-Lacs.
Après plusieurs années de démarches, l’entreprise Cedreco, située à Saint-Aimé-des-Lacs, a décidé de mettre sur pause un projet d’électrification de sa scierie. L’initiative visait à réduire sa dépendance au diesel et à améliorer sa compétitivité énergétique.
Contacté dans le cadre d’un suivi journalistique, le propriétaire de l’entreprise, Simon Lavoie, explique que l’objectif était de raccorder l’installation au réseau d’Hydro-Québec afin de remplacer les génératrices actuellement alimentées au carburant.
« Nous autres, on consomme pratiquement 300 000 litres de carburant par année. On s’est dit qu’il devait sûrement y avoir des programmes pour aider des entreprises comme la nôtre à se brancher à l’électricité », raconte-t-il.

Plusieurs années de démarches
Le projet remonte à quelques années. L’entreprise avait notamment présenté son idée lors d’une rencontre avec le ministre de l’Économie de l’époque, Pierre Fitzgibbon, lors d’un passage dans la région.
Le dossier a ensuite été transféré chez Investissement Québec afin d’être analysé. « Il y a une directrice de comptes qui a étudié le projet, mais finalement on nous a dit qu’il n’y avait aucun programme normé qui pouvait nous aider dans notre cas », explique Simon Lavoie.
Certaines aides liées à la transition énergétique ont été évoquées, mais celles-ci demeuraient modestes comparativement à l’ampleur du projet. « On parle d’un projet d’environ 1,5 million de dollars. Il y avait peut-être autour de 15 000 $ d’aide possible. Ça ne changeait pas vraiment l’équation », précise-t-il. <
Après quatre à cinq ans de démarches, l’entreprise a donc choisi de mettre le projet en veille pour le moment.
Un contexte économique plus serré
Aujourd’hui, le contexte économique rend encore plus difficile la relance d’un tel investissement. « En ce moment, le prix du marché est à terre et on traverse un passage plus difficile. Ce n’est pas vraiment le moment d’investir », explique le dirigeant.
La scierie fonctionne actuellement avec un mégawatt de génératrices alimentées au diesel, ce qui entraîne des coûts énergétiques importants. Simon Lavoie affirme qu’un programme d’aide mieux adapté pourrait éventuellement raviver l’idée, mais la réalité financière actuelle du secteur forestier demeure un obstacle. « Si un jour il y avait un programme qui permettait vraiment de régler la facture, on regarderait ça. Mais pour l’instant, on n’a pas les marges nécessaires. »
L’importance de l’industrie forestière
Au-delà de l’investissement énergétique, le projet représentait aussi pour l’entreprise une occasion de renforcer l’économie régionale tout en réduisant son empreinte carbone. « On aurait aimé pouvoir dire qu’on se décarbonise et qu’on fonctionne avec une énergie propre. Ça aurait été une belle nouvelle pour la région », souligne-t-il.

L’entrepreneur rappelle que l’industrie forestière demeure un pilier important dans plusieurs régions du Québec. « Notre entreprise existe depuis 30 ans. Ce sont des emplois à l’année et ça fait vivre des familles dans la région », dit-il.
Selon lui, la forêt privée de Charlevoix possède encore un potentiel important. « Il y a même du bois qui se perd parce qu’on ne coupe pas toute la possibilité forestière. Pourtant, c’est une ressource renouvelable qui peut créer de l’emploi et remplacer des matériaux plus polluants. »
Pour l’instant, Cedreco concentre donc ses efforts sur ses opérations actuelles, tout en gardant l’idée d’un raccordement électrique dans un coin de sa tête si les conditions deviennent plus favorables.
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