Immigration : un sursis pour certaines entreprises de Charlevoix
Une nouvelle mesure annoncée par le gouvernement fédéral pourrait offrir un répit à certaines entreprises de Charlevoix qui dépendent des travailleurs étrangers temporaires. Ottawa permettra à certains d’entre eux de prolonger leur permis de travail jusqu’à 12 mois supplémentaires, le temps que leur demande de résidence permanente soit évaluée.
L’annonce a été faite vendredi par le ministre et lieutenant du Québec, Joël Lightbound, au nom de la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Lena Metlege Diab.
La mesure vise les travailleurs étrangers temporaires qui ont déjà été invités à présenter une demande de sélection permanente du Québec. Ceux-ci pourront obtenir un permis de travail lié à leur employeur pour une période maximale d’un an afin de continuer à travailler pendant que Québec analyse leur dossier.
Un répit pour certaines entreprises de la région
Dans Charlevoix, où plusieurs secteurs comme le tourisme, l’hôtellerie et la restauration dépendent de la main-d’œuvre étrangère, la décision est accueillie positivement, mais avec prudence.
Le directeur général de la Chambre de commerce de Charlevoix, Dave Filion, parle d’un répit pour certaines entreprises. « C’est certain que c’est accueilli favorablement. On pourrait dire que c’est un sursis pour certains travailleurs déjà ici et pour certaines entreprises de la région », explique-t-il.
Selon lui, la mesure arrive aussi à un moment stratégique pour plusieurs employeurs. « Pour plusieurs entreprises qui commencent leur planification pour la saison estivale, surtout dans les domaines touristiques, c’est certain que ça arrive à bon moment », ajoute Dave Filion.
La Chambre de commerce rappelle toutefois que cette annonce ne règle pas les difficultés structurelles liées à la rareté de main-d’œuvre. « C’est un bon pas dans la bonne direction, mais ce n’est pas suffisant. On continue de travailler avec la Fédération des chambres de commerce pour que le gouvernement aille plus loin », souligne le directeur général.
Le tourisme voit un pas dans la bonne direction
Du côté de l’industrie touristique, la nouvelle est également reçue avec un certain optimisme.
Le directeur général de Tourisme Charlevoix, Mitchell Dion, estime que l’augmentation du seuil de travailleurs étrangers temporaires à faible salaire — qui passe de 10 % à 15 % — pourrait aider certaines entreprises. « Même si ce seuil demeure en dessous de la cible de 20 % que nous avions proposée, le passage à 15 % sera bénéfique pour plusieurs entreprises touristiques sur le territoire », indique-t-il.
L’organisation estime que ces mesures pourraient offrir davantage de prévisibilité aux entreprises, tout en affirmant vouloir suivre le dossier de près afin d’en mesurer les impacts réels.
Des effets limités pour certains employeurs
Sur le terrain, toutefois, certaines entreprises disent que l’effet sera limité.
Au Petit Manoir du Casino de Charlevoix, la directrice de la réception, Flore Colmant, explique que la prolongation annoncée ne profitera pas immédiatement à ses employés. « Malheureusement, je n’ai pas un seul de mes employés qui a été sélectionné au Programme de sélection des travailleurs qualifiés du Québec », affirme-t-elle.
Les travailleurs du secteur touristique attendent toujours d’être sélectionnés dans le système de déclaration d’intérêt Arrima. « Le domaine du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration ne fait pas partie des priorités de sélection dans le cadre du programme actuel », précise-t-elle.
Flore Colmant estime donc que la mesure annoncée par Ottawa demeure incomplète. « C’est plus une demi-mesure. Ça vient solidifier certaines situations, mais ça ne règle pas le problème pour la majorité des travailleurs qui sont déjà ici », explique-t-elle.
Un enjeu toujours central pour l’économie régionale
Malgré tout, plusieurs acteurs économiques de la région reconnaissent que la décision pourrait offrir un certain répit à court terme, notamment à l’approche de la saison touristique estivale.
Dans Charlevoix, où de nombreuses entreprises doivent composer avec une pénurie de main-d’œuvre persistante, la question de l’immigration demeure donc un enjeu central pour l’économie régionale
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