Domtar Clermont : des réponses aux inquiétudes

Par Félix Côté 3:30 PM - 10 mars 2026
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Victor Carré | Le Charlevoisien

L'usine de pâtes et papiers de Clermont est la propriété de Domtar.

Plusieurs nuages inquiétants planent au-dessus de l’usine de pâtes et papiers de Clermont, mais aucun orage n’est officiellement annoncé. L’entreprise Domtar a récemment indiqué vouloir générer 600 millions $ additionnels en flux de trésorerie à l’échelle de son organisation. Dans ce contexte, plusieurs installations du groupe font l’objet d’analyses internes, même si aucune fermeture n’a été confirmée.

Selon le président du Syndicat des travailleurs du papier de Clermont, Éric Marinoff, l’usine de Charlevoix demeure attentive à l’évolution du dossier. « Clermont n’est peut-être plus l’usine la plus près d’une fermeture. Le vent semble avoir tourné. L’usine de Kénogami serait plus menacée actuellement », affirme-t-il.

Le marché du papier journal demeure fragile, alors que la demande continue de diminuer à l’échelle nord-américaine. Domtar reconnaît que l’industrie traverse une période difficile et affirme devoir ajuster ses opérations pour s’adapter à la conjoncture. L’entreprise soutient toutefois que cette démarche vise avant tout à « renforcer sa performance financière, accroître sa résilience et soutenir ses investissements futurs ».

Du côté de l’usine de Clermont, Domtar rappelle que le site demeure performant malgré la pression sur le marché. « L’usine de Clermont demeure l’un des leaders de l’industrie en matière d’efficacité et de productivité, notamment grâce à l’engagement et à la mobilisation de ses équipes », indique Guillaume Julien, directeur principal des affaires publiques de l’Est-du-Canada chez Domtar.

Le projet de conversion de Gatineau toujours à l’étude

Par ailleurs, Domtar confirme que le projet de conversion de son usine de Gatineau vers la production de carton progresse toujours dans son processus d’approbation interne. Un investissement de près d’un milliard de dollars est envisagé pour transformer la production de papier journal vers le carton d’emballage. L’entreprise précise toutefois que la poursuite du projet dépendra de plusieurs facteurs, notamment « un environnement d’affaires stable ainsi que des conditions financières et opérationnelles favorables ».

Pour le président du syndicat, cette éventuelle reconversion pourrait indirectement bénéficier à Clermont. « S’il y a moins de commandes qui passent par l’Outaouais, indirectement ça pourrait tomber dans notre cour », estime Éric Marinoff.

Des inquiétudes ont aussi circulé concernant l’utilisation des barrages hydroélectriques du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour financer cette transition. Domtar a toutefois démenti ce scénario. L’entreprise affirme que le transfert de la propriété des barrages vers une compagnie à numéro appartenant au même groupe s’inscrit dans une simple réorganisation corporative interne, une explication qui continue néanmoins de susciter des interrogations chez certains acteurs du Saguenay.

Le rail au cœur des préoccupations

Sur le plan politique, la question des barrages et de la rationalisation de l’industrie forestière s’est également invitée dans la course à la chefferie de la CAQ. Le député de Jonquière aurait notamment demandé des engagements sur ces enjeux avant d’appuyer Bernard Drainville.

Lors de son passage à La Malbaie, le candidat aurait toutefois évité de se prononcer clairement sur la situation de l’usine de Clermont, selon le représentant syndical. Éric Marinoff affirme être « resté sur sa faim », évoquant un « manque de perspective par rapport à l’emploi dans la région de Charlevoix ».

Le représentant syndical souligne également certains défis structurels pour l’usine, notamment l’absence de scieries ou de contracteurs à proximité et le manque de transport ferroviaire pour l’approvisionnement en copeaux de bois, qu’il considère comme « des désavantages économiques et environnementaux dans l’analyse de rationalisation de Domtar ».

Il soutient que le retour du transport ferroviaire pourrait améliorer la compétitivité du site. À l’inverse, transformer l’ancien corridor ferroviaire en piste cyclable serait, selon lui, « la pire idée pour le développement économique à long terme de la région de Charlevoix ».

« Ne pas réhabiliter le rail risquerait de faire une Gaspésie 2.0 si jamais l’usine devait fermer », ajoute-t-il, en référence à la fermeture de la papetière Gaspésia à la fin des années 1990.

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Jacques Gosselin
Jacques Gosselin
29 jours il y a

13 mars 2026
Gens de Charlevoix
Malheureusement le papier journal est en diminution constante et votre futur n’est pas garanti du tout pour aucune papetière au Canada .
Il est certain que dans 10 ans et moins la majorité des journaux aurons disparus du marché et plusieurs magazines aussi !
Tout se passe avec internet en 2026 !
Bonne réflexion avec sagesse
Jacques Gosselin

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