La municipalité de Saint-Irénée souhaite renforcer la sécurité sur un tronçon névralgique de la Route 362. En cause : la vitesse excessive, le bruit des véhicules lourds et des motos, ainsi que la sécurité des piétons, particulièrement des enfants.
Au cours des derniers mois, des plaintes citoyennes ont incité la municipalité à déposer une demande officielle auprès du Ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec afin d’obtenir l’installation de panneaux de sensibilisation supplémentaires et d’évaluer d’autres mesures d’atténuation.
Une quatrième traverse piétonne réclamée
Le secteur visé comprend déjà trois traverses piétonnes : deux le long de la promenade du littoral — dont une à proximité du dépanneur et une autre près de la rue Saint-Antoine — ainsi qu’une troisième dans le noyau villageois.
Or, un citoyen dont la résidence est située de l’autre côté de la route 362 a récemment interpellé la municipalité. Ses enfants doivent traverser la route pour accéder à un terrain de jeu et aux installations sportives, notamment le terrain de balle et le centre communautaire. Aucune traverse n’est actuellement aménagée à cet endroit.
La Ville souhaite donc l’ajout d’une quatrième traverse piétonne près du chemin des Rivières afin de sécuriser les déplacements. L’objectif est double : ralentir la circulation et offrir un passage balisé vers les espaces fréquentés par les jeunes.
Une limite peu respectée
Sur ce tronçon, la limite de vitesse est déjà fixée à 30 km/h. Toutefois, la configuration des lieux complique son respect. La côte accentuée entraîne une accélération naturelle des véhicules qui la descendent, et les courbes réduisent la visibilité.
Selon le maire, il n’est pas rare de voir des automobilistes circuler à 60 ou 70 km/h dans cette zone. « Les gens descendent quand même encore trop vite », constate-t-il, en soulignant que ce ne sont pas principalement les touristes qui posent problème, mais bien des conducteurs locaux « habitués de faire le trajet » et qui banalisent le danger.
La municipalité dit avoir demandé une surveillance policière accrue dans le secteur. D’autres pistes sont évoquées : panneaux lumineux clignotants indiquant la vitesse, marquage routier plus visible, voire radar photo. Toutefois, l’installation de dos d’âne demeure impossible sur cette route provinciale.
Bruit des freins moteurs : un irritant persistant
Outre la vitesse, le bruit constitue un enjeu important. En hiver, les camions chargés de gravier et de sable circulent fréquemment pour les opérations de déneigement. En été, ce sont surtout les motos qui génèrent des plaintes.
Le maire rappelle que l’interdiction complète des freins moteurs — communément appelés « freins Jacob » — n’est pas réaliste. « Quand tu descends chargé, ça prend le frein moteur », explique-t-il, évoquant notamment les camions de livraison ou les véhicules agricoles transportant du purin. La topographie rend leur utilisation pratiquement incontournable.
Un enjeu de civisme, selon un citoyen
Pour Jean-Claude Vérault, résident du secteur, la problématique dépasse les seules infrastructures. « Le mal vient du manque de civisme », affirme-t-il. Selon lui, la sécurité des piétons dépend d’abord du comportement des conducteurs. « On voit quelqu’un qui veut traverser, on arrête, on le laisse passer. »
Il souligne également que la visibilité est parfois déficiente, notamment près de certaines traverses existantes. « Ceux qui montent la côte ne voient pas toujours les piétons, surtout les petits », dit-il, rappelant que les routes sinueuses exigent une vigilance accrue.
Des aménagements à plus long terme
Le secteur fait partie d’un projet plus large de réaménagement de l’agglomération, prévu d’ici trois à cinq ans. Les plans détaillés ne sont pas encore connus de la municipalité, mais le maire assure que la sécurité des piétons figure parmi les priorités.
En attendant ces travaux structurants, la Ville espère obtenir des mesures temporaires pour apaiser la circulation. « On ne peut pas éduquer tout le monde, mais on peut tenter d’envoyer des signaux clairs », résume l’administration municipale.
Dans un village où la route principale traverse le cœur des activités communautaires, l’équilibre entre fluidité du transport et sécurité des citoyens demeure un défi constant.
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