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Le mystère résolu de la disparition en mer d’Antonio et de Rémi Bouchard

10:00 AM - 2 mars 2026
Temps de lecture :
Sur cette photo de 1930 environ, Antonio Bouchard en habit de scaphandrier aux côtés de Pierre Tremblay.

Marins de Petite-Rivière-Saint-François

Par Gabriel Landry

Préface de Diane Larouche

L’histoire suivante m’a été soumise par le biais d’un courriel que m’a fait parvenir le mari d’une cousine par alliance, en l’occurrence Gabriel Landry. Je n’avais jamais entendu parler du naufrage dont il est question, ayant emporté deux marins de Petite-Rivière. Cette histoire tragique m’a immédiatement fascinée et interpellée. Il aura fallu plus de 93 ans pour que les gens de Petite-Rivière sachent ce qui s’est passé…

Avec la permission de l’auteur, je vous soumets donc ce texte, à la mémoire de Rémi et d’Antonio Bouchard, mais également de leurs proches qui ont pleuré leur absence sans jamais avoir eu de confirmation officielle de leur décès ni de corps pour faire leur deuil. Leur absence est demeurée inexpliquée pour eux et je suis émue d’y penser… Nombre de familles de Petite-Rivière le seront sans doute également…

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Récit de Gabriel Landry

Dans la nuit du 4 au 5 décembre 1932, Antonio Bouchard, scaphandrier, 24 ans, et son frère Rémi, 30 ans, tous deux marins, disparaissent lors d’un naufrage au large des côtes du Labrador, à Forteau Bay croyait-on.

Ils étaient les fils de Benjamin Bouchard et de Marie-Anne Bouchard, de Petite-Rivière-Saint-François.

La famille de Benjamin et de Marie-Anne Bouchard vers 1924.

Antonio était marié à Louise Bouchard, fille de Noël Bouchard et de Marie-Anne Bouchard (coïncidence mais pas d’erreur), également de Petite-Rivière. Il était père de deux enfants : Dalhia Bouchard, mariée à Jean-René Bouchard, et Edouard, marié à Ubaldine Dufour. Il n’aura jamais connu son fils, qui est né peu avant le naufrage. 

Louise et Antonio vers 1930.
La Famille de Noël et Marie-Anne Bouchard.
Édouard, Dalhia et Églantine Bouchard vers 1942.
Louise, Édouard et Dalhia Bouchard vers 1932.

Quant à Rémi, il était marié à Antonia Tremblay, fille de Thomas Tremblay et de Desanges Bouchard.  Il était père de cinq filles : Bibiane, Anne-Yvette, Oliva, Lucille et Louise.

Et comment la nouvelle de la mort de ces deux frères parvint-elle à Petite-Rivière? Je n’ai pas de détails. Mais les communications rudimentaires de l’époque, l’accès difficile aux principaux journaux et le fait qu’on ne parlait à peu près pas anglais à Petite-Rivière ont peut-être fait que bien des détails se sont perdus.

Lorsque la nouvelle du naufrage parvint à Petite-Rivière, on entreprit des recherches afin de savoir ce qui s’était réellement passé. Entre autres, Monsieur Lionel Bouchard, frère de la veuve, donc beau-frère d’Antonio, fit des voyages de recherches à Québec auprès de compagnies de navigation. 

Mais on comprend que ces recherches étaient vouées à l’échec : on ne connaissait ni le nom du bateau, ni son port d’attache, ni la cargaison, ni son point de départ et d’arrivée, ni la date exacte du naufrage. Les seuls indices étaient Forteau Bay, mais c’était une fausse piste, et une explosion.

Monsieur Lionel Bouchard revint toujours bredouille, sauf avec des rumeurs des plus farfelues de sabotage, de moralité douteuse du capitaine, de jalousie, de femmes, etc.

Les rumeurs de moralité du capitaine et de sabotage? Aucune mention dans les journaux de l’époque de la moindre information de cette nature. Ni de la population de Corner Brook d’où provient la dernière lettre qu’Antonio a écrite à sa femme le 25 novembre 1932. Peut-être le fait que le capitaine ait dû se rendre au tribunal à St-Johns et traverser l’île de Terre-Neuve par train pour représenter la compagnie pour des dettes de celle-ci furent le point de départ de ces rumeurs et légendes.

Voici l’article du journal La Patrie du 7 décembre 1932.

Le naufrage n’a rien à voir non plus avec Forteau Bay. Il a eu lieu à au moins 600 kilomètres de là. Ce fait et l’absence du nom du bateau orientaient mal la recherche. Cependant, les lettres qu’Antonio fit parvenir à sa femme en 1931 et en 1932 confirment qu’il avait fait plusieurs visites à Forteau Bay.

Tous les corps furent-ils retrouvés? Seuls six corps sur douze furent retrouvés, dont ceux du capitaine Moody, du lieutenant J.-F. Tardif, officier de marine à la retraite, d’Andrew Berg, de Gus Samson et de Thomas Short, qui ont pu être identifiés. Tous seraient morts noyés. Et selon le représentant de la compagnie, tous les hommes cités étaient bien à bord du S.S. Sandbeach au départ de Corner Brook. Outre ceux nommés précédemment, il s’agit d’Antonio et de Rémi Bouchard, bien sûr, mais également d’Oscar Bennett, mécanicien, de James McCall, de G. Butt et de John Custigan.

Et pour rendre l’histoire plus romantique, on dit que la veuve d’Antonio, à chaque fin d’après-midi du reste de sa vie, aurait surveillé l’arrivée du train à la gare tout près pour attendre l’arrivée de son mari. Elle dépérit graduellement et meurt quelques années plus tard, de ce que les médecins attribuèrent au chagrin.  

Maintenant, si le lecteur se demande ce qu’un gaspésien de 85 ans, résident de Trois-Rivières, vient faire dans cette histoire… c’est que je suis marié à Odile Bouchard, fille de Joachim (Bébé) Bouchard, autre frère de la veuve d’Antonio, et de Léonie Bouchard. De plus, le frère de ma femme, Marcel, a épousé Clairina Dufour, sœur de Ubaldine, l’épouse d’Édouard, fils d’Antonio.

Depuis que je suis entré dans la famille, j’entends parler de cette histoire étrange mais, avec le temps, les gens vieillissent et s’éteignent de sorte qu’on n’en parlait presque plus aujourd’hui. (En passant…ça fait beaucoup de Bouchard mais c’est comme ça à Petite-Rivière!)

En mai 2025, notre fille Catherine et son mari Marc visitent Terre-Neuve. En flânant dans l’île de Fogo, Catherine entre dans la seule librairie de l’île. Elle qui adore les chiens (Oscar est son 4e) tombe sur un livre qui raconte des histoires de bravoure, de fidélité, des faits cocasses, et de drôles de chiens terre-neuve : The Newfoundland Dog, par Robert C. Parsons. Elle l’achète. Odile le lit et découvre que l’auteur a beaucoup de connaissances et a fait de nombreuses recherches en rapport avec les naufrages à Terre-Neuve. L’adresse de l’auteur étant mentionnée à la fin du volume, Odile ose lui écrire et lui demande si par hasard il pourrait l’aider dans ses recherches à-propos du naufrage qui nous intéresse. Comme Odile parle et lit peu l’anglais, mais ne l’écrit pas, je deviens son secrétaire anglophone. 

Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’une dizaine de jours plus tard une lettre de l’auteur nous parvint : il connaît très bien cette histoire qu’il raconte dans un de ses livres Survive the Salvage Sea publié en 1998. Malheureusement, les trois dernières éditions de ce livre sont épuisées. Il nous suggère alors de fouiller dans différentes bibliothèques. Odile finit par en trouver un exemplaire. Chaque chapitre est le sujet d’un naufrage et, heureux hasard, le premier chapitre raconte les derniers jours du S.S. Sandbeach, qui a coulé dans la nuit du 4 au 5 décembre 1932 avec entre autres à son bord, Antonio et Rémi.

Comme plusieurs des plus âgés de la parenté qui sont encore vivants ne parlent pas anglais non plus, je décide de traduire ce chapitre qui contient sept pages. En cours de traduction, je constate que le récit est complet pour le grand public mais qu’il manque quelques précisions pour la parenté et les gens de Petite-Rivière. Je téléphone donc à l’auteur lui-même qui répond généreusement à mes questions. Il me dit qu’il a même rencontré quelques témoins encore vivants à Corner Brook durant les recherches pour écrire le livre. 

Donc voici cette traduction, en italique, à laquelle j’ai omis quelques phrases et paragraphes portant sur des détails techniques qui rallongent inutilement le texte. Aussi, on voit que cette histoire débute véritablement avec le naufrage d’un bateau de la Marine britannique, le H.M.S. Raleigh, en 1922, même si le naufrage du S.S. Sandbeach a lieu en 1932. 

Le S.S. Sandbeach détruit par une explosion

Le naufrage d’un bateau de la Marine britannique, le H.M.S Raleigh, le 8 août 1922 au large des côtes de Terre-Neuve et Labrador, a une histoire souvent racontée. Mais celle du désastre du S.S. Sandbeach, un remorqueur impliqué dans la récupération des restes du H.M.S. Raleigh, est beaucoup moins connue. 

Le H.M.S. Raleigh, un croiseur à vapeur de douze mille tonnes de la Marine britannique, après avoir visité Corner Brook en août 1922, mit le cap vers la côte du Labrador. Alors qu’il naviguait dans le détroit de Belle-Isle, une combinaison de brume, d’icebergs et d’erreurs de navigation le poussa sur des récifs près du phare de Point Amour au Labrador (Photo 8 – Endroit précis du naufrage du H.M.S. Raleigh). Au moment de cette croisière d’été, ce bateau transportait entre 600 et 700 hommes. 

En vue d’établir un lien avec la côte, une équipe formée de membres de l’équipage mit à l’eau le cotre (cutter) qui renversa aussitôt dans une mer très agitée, rejetant à la mer tous ses occupants. [Un cotre est un voilier à un seul mât, équipé d’au moins deux voiles à l’avant (foc et trinquette). Il est rapide et facile à manœuvrer.]  Onze hommes se noyèrent. Les survivants réussirent à attacher un câble à la rive.  Se tirant avec le câble dans des chaloupes de sauvetage, le reste de l’équipage réussit à atteindre la rive.

L’équipage du H.M.S. Raleigh récupéra plusieurs petits articles facilement transportables. Puis l’épave fut laissée aux résidents des alentours pour qu’ils prennent ce qu’ils pouvaient. À l’aide de schooners (des goélettes), des hommes d’affaires locaux récupérèrent de plus gros objets et des articles de plus grande valeur comme du cuivre, du plomb, des meubles et des chaloupes de sauvetage. Des pêcheurs découvrirent plusieurs contenants de rhum dans un entrepôt du bateau, de sorte que l’hiver 1922 en aurait été un particulièrement joyeux.

En 1926, le Stanhill’s amena une équipe de démolition à Point Amour pour compléter les dommages commencés par la mer et les intempéries. Quand le travail du Stanhill’s fut terminé, les restants du H.M.S. Raleigh furent éparpillés autour, au fond de la mer, et on chargea sept des canons de quinze pouces pour les transporter à Halifax. Puis, la T.F.& M Salvaging and Wrecking Company, dont les agents étaient W.A. Murray de New York, entreprit une dernière tentative de récupération sur le H.M.S. Raleigh. Le bateau nolisé pour faire l’ouvrage était le S.S. Sandbeach basé à Halifax. Le S.S. Sandbeach quitta Halifax le 25 septembre 1932, vint directement sur le site du naufrage et se prépara à rassembler le matériel au fond de la mer ou sur la grève aux alentours.

Bâti à Thompkins Cove, New York, le S.S. Sandbeach était un vapeur en bois à hélice de 248 tonnes à un seul pont, et mesurait 119 pieds et un pouce de longueur (36,3 mètres) par 28 pieds et 11 pouces de largeur (8,8 mètres), avec un tirant d’eau de 9 pieds et 3 pouces (2,8 mètres). Il était la propriété de Rockaway White Sand Company et était enregistré à New York. Le capitaine B.M. Moody du Nouveau-Brunswick était responsable du bateau tandis que le Lieutenant J.A. Tardiff, représentant la marine, était sujet britannique. Les autres membres d’équipage étaient : le cuisinier Andrew Berg de la Saskatchewan; René (Rémi) et Antonio Bouchard de Petite-Rivière St-François au Québec; le chef ingénieur G.J. (Thomas) Shortt, Oscar Bennett, James McCall et G. Butt qui venaient tous d’Halifax; Gus et Wilfred Sampson de la Nouvelle-Écosse et John Costigan du village de Colliers sur la rive de Conception Bay, seul terre-neuvien sur le bateau….

(…) La récupération fut fructueuse. Des scaphandriers, ces professionnels de la récupération de naufrages, utilisant des plateformes flottantes et des explosifs, rapportèrent un plein voyage vers Corner Brook où ils devaient faire un arrêt afin de se ravitailler, en vue de se rendre à Halifax et à New York. Quand le S.S. Sandbeach arriva à Corner Brook début décembre, ses propriétaires furent frappés par un arrêt de la Cour venant du Newfoundland Railway. Apparemment, la compagnie de sauvetage devait de l’argent pour du charbon, des salaires d’équipage et du retard à charger ou à décharger à temps du matériel. La cause fut entendue devant la Cour Suprême de l’Amirauté à St.John’s où le capitaine et un représentant de la compagnie durent se rendre. Sur l’ordre de cette Cour, le S.S. Sandbeach fut relâché (…) 

(…) Des gens de Corner Brook se souviennent que ce bateau à vapeur était lourdement chargé, non seulement du matériel récupéré sur le H.M.S. Raleigh, mais aussi de l’équipement utilisé pour la récupération du matériel, et d’une bonne quantité d’explosifs.

 À partir d’ici, le sort tragique du S.S. Sandbeach se joue au large de Little Friars Cove, petite bande inhabitée de la côte sud-ouest de Terre-Neuve à environ 12 milles à l’ouest des Highlands et 100 milles au sud-ouest de Corner Brook (Photo 9 – Trajet approximatif de retour prévu du Sandbeach de Corner Brook à Halifax, avec indication de l’endroit approximatif du naufrage). À partir du 5 décembre 1932 et pour les jours suivants, les recherches pour reconstituer ce mystère de la mer consistèrent à mettre ensemble les indices sur les corps mutilés et les débris déchiquetés rejetés par la mer. 

Deux hommes des Highlands, John Flynn et Richard McEachern, qui ne savaient rien du S.S. Sandbeach ni de ses activités, découvrirent une chaloupe de sauvetage et le corps d’un cadavre sur une petite plage de Little Friars Cove le lundi soir 5 décembre. Deux ceintures de sauvetage, dont l’une tachée de sang, y furent aussi découvertes. Le cadavre ne portait aucune cicatrice et les deux hommes présumèrent que le sang sur la ceinture appartenait à quelqu’un d’autre. Ils rapportèrent que le nom écrit sur la chaloupe était « S.S. Sandbeach » et que le corps et les autres articles avaient dérivé entre le dimanche soir et le lundi matin. La chaloupe de 17 pieds était renversée sur le rivage et le corps gisait tout près face contre le sable. Le cadavre avait à peu près 35 ans, pesait environ 175 livres, et on voyait qu’il avait quitté le navire précipitamment. Il portait un habit de sortie avec une chemise blanche, des souliers de cuir et des couvre-chaussures. Il avait l’apparence de quelqu’un qui serait mort sur la plage. Un aviron fut trouvé dans la chaloupe et il semblait que les tolets avaient été utilisés. [Les tolets sont des tiges de bois ou de métal qui servent de point d’appui pour les avirons.] La macabre découverte fut faite dans un endroit difficile d’accès, entouré de falaises où il n’y avait presque pas de grève (…)

(…) La nouvelle se répandit dans les villages de la côte ouest des Highlands (St. Fintan’s, Maidstones et Heatherton), mais personne n’était au courant d’un bateau manquant ni de l’identité du marin trouvé.

Le même jour, à 7 heures du soir, le corps d’un autre homme fut trouvé à Fischells. Il semblait âgé d’environ 60 ans et portait dans ses vêtements un couteau de poche, une montre et des papiers personnels dont un était une lettre adressée au Capitaine B.M. Moody. Le 9 décembre, il fut établi que ce corps était bien celui du Capitaine Moody. De cette évidence, le bateau et son équipage furent ainsi identifiés hors de tout doute. Dans les jours suivants, d’autres preuves que c’était bien le S.S. Sandbeach furent trouvées à Heatherton et indiquaient qu’il y avait bien eu une explosion : des pièces éparpillées, des parties cassées de la roue, des pièces du pont et de la cabine. Aussi, deux autres corps furent trouvés portant, sur les bras et le visage, des marques de brûlures causées par de la vapeur. D’autres vestes de sauvetage étaient échouées sur les plages (Photo 10 – Principaux villages mentionnés).

Dans les semaines suivantes, le ministère de la Justice de Terre-Neuve entreprit une enquête présidée par le Magistrat O’Reilly de St. Georges. Le 23 décembre 1932, le rapport sur la perte du S.S. Sandbeach concluait : « C’est l’opinion de la Cour que le S.S. Sandbeach fut détruit par une explosion. L’éparpillement des pièces du naufrage pointent vers cette direction. De plus, les marques de brûlures causées par de la vapeur sur les corps allaient en ce sens, mais la mort était due à la noyade. »

Richard Grace, représentant de la compagnie, qui n’avait pas navigué sur le vaisseau naufragé, identifia les corps trouvés. À l’évidence, Grace trouva que les vêtements indiquaient que les hommes avaient quitté le navire à la hâte. 

Les éraflures, coupures, brûlures et os cassés signifiaient que certains hommes d’équipage avaient été frappés par des objets volants, et brûlés par de la vapeur.

Selon le témoignage de Grace, le bateau-vapeur transportait neuf boîtes pleines de dynamite et trois boîtes ouvertes. Elles étaient entreposées dans la lazarette (ou lazaret). [C’est un espace de rangement situé à l’arrière d’un bateau, généralement sous le cockpit ou dans la poupe.] Cependant, on ne pouvait déterminer ni l’heure exacte ni le lieu exact du naufrage.

Toujours selon son témoignage, le corps trouvé sur la rive à Fischells était bien celui du capitaine; les deux à Heatherton étaient ceux de Shortt et de Sampson. Le corps qui avait dérivé avec la chaloupe de sauvetage à Little Friars Cove était celui du cuisinier Andrew Berg. Probablement que le corps de Costigan, seul terre-neuvien à bord, ne fut jamais retrouvé.

À l’enquête, McEachen et Flynn, fermiers des Highlands, décrivirent les difficultés à récupérer le corps de Berg et à l’emmener à St.Georges…

(…) Alors, après la parution du rapport de l’enquête, les bribes de l’histoire entourant la fin mystérieuse du S.S. Sandbeach disparurent peu à peu des journaux de Terre-Neuve. Aujourd’hui, ses restes, ainsi que les objets de valeur du H.M.S. Raleigh, tels que des armements, de l’étain, du cuivre et des objets récupérés, reposent au fond de la mer entre les Highlands et Fischells.

Note de Gabriel : 

Merci à Camil Bouchard, écrivain et petit-fils d’Antonio, qui m’a fait parvenir les photocopies des lettres que celui-ci a écrites à sa femme en 1931 et en 1932.

Complément d’informations par Diane Larouche:

Par curiosité, j’ai fouillé dans les archives de divers journaux et documents de l’époque, aujourd’hui facilement accessibles. J’ai effectivement trouvé plusieurs articles dans ces journaux : Le Droit, Le Soleil, La Presse, La Patrie, The Evening Telegram, The Daily News, The Fishermen’s Advocate, The Western Star, The Guardian et The New York Times. 

J’ai également retrouvé l’enregistrement du bateau et la mention de son naufrage dans les archives de la Lloyd’s of London (Photo 11 -1932 – Archives de la Lloyd’s of London). Le naufrage est daté du 2 décembre 1932 mais en réalité, cette date est celle du dernier départ du port de Corner Brook du Sandbeach.

Selon le New York Times, la femme du lieutenant Tardif, représentant de la marine et responsable des opérations de démantèlement,  était à bord au départ du bateau de Halifax. Le capitaine Moody lui aurait alors fait une blague à propos d’une femme qui porte malheur sur un bateau… Elle a quitté le navire à North Sydney pour retourner chez elle près de Montréal.

Selon les divers journaux consultés et leur date de parution, le nombre de corps retrouvés varie de six à huit.

Selon le Fichermen’s Advocate du 6 janvier 1933, le corps de G. Butt n’a pas été retrouvé, contrairement aux informations initiales. Un corps échoué à cet endroit aurait pu être le sien, mais son identification finale a révélé qu’il s’agissait d’une autre personne. 

Le dernier article que j’ai retrouvé dans le Western Star de Corner Brook à Terre-Neuve, à propos du naufrage du S.S. Sandbeach, date du 22 août 1981. Le naufrage s’y étant produit tout près, et la récupération des corps et des biens ayant impliqué plusieurs citoyens de Corner Brook et ses environs, l’histoire a marqué les esprits et on en a parlé bien davantage et plus longtemps qu’au Québec. 

Comment la nouvelle du décès d’Antonio et de Rémi est parvenue à Petite-Rivière : Selon un témoignage récent de Madame Ubaldine Dufour (l’épouse d’Édouard, fils d’Antonio), le curé de la paroisse aurait demandé à Benjamin Bouchard, le père d’Antonio et de Rémi, de rester à la fin de la messe parce qu’il voulait lui parler. C’est alors qu’il lui aurait annoncé la triste nouvelle de la disparition en mer de ses deux fils qui se seraient noyés lors d’un naufrage.

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Nathalie Rochefort
Nathalie Rochefort
1 heure il y a

Très bel hommage aux deux charlevoisiens disparus. Merci pour votre perspicacité à vous et votre fille.
L’histoire et les faits véridiques sont vraiment importants, pour ceux qui restent. Félicitations! Monsieur.
Charlevoisienne d’origine.

Leopold bouchard
Leopold bouchard
6 minutes il y a

Tellement de la belle recherche
Un gros merci