Ce qui sera décidé prochainement au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie pourrait influencer la protection des routes et des berges de Charlevoix, estime un expert.
Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) ouvre, le 4 mars, une période d’information sur le Programme décennal de protection des infrastructures du ministère des Transports face aux aléas côtiers, visant le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine.
Le programme s’échelonnerait sur dix ans et couvrirait 228 sites, soit environ 266 kilomètres de routes répartis dans 47 municipalités. Le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) prévoit intervenir en priorité sur 97 sites jugés les plus vulnérables à l’érosion, à la submersion marine et aux glissements de terrain.
Même si Charlevoix ne figure pas parmi les régions ciblées dans cette première phase, l’expert retraité en évaluations environnementales Mario Heppell estime que le dossier concerne l’ensemble des communautés riveraines du Saint-Laurent.
« Voilà un dossier qui devrait attirer l’attention de l’ensemble des citoyens (…) non seulement des régions concernées, mais de l’ensemble des régions du Québec », écrivait-il récemment sur LinkedIn.
À la suite de cette publication, Le Charlevoisien l’a contacté afin de comprendre les implications pour la région.
« On parle du premier vaste programme gouvernemental d’adaptation aux changements climatiques touchant des infrastructures publiques majeures. », insiste-t-il.
Mario Heppell cumule plus de 40 ans d’expérience et a participé à plus de 750 dossiers liés à l’environnement, notamment en matière d’infrastructures routières et maritimes.
Pourquoi le BAPE?
Le BAPE est saisi du dossier parce que le MTMD demande un décret d’autorisation pour un programme global d’interventions. En vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement, un projet de cette ampleur, susceptible d’avoir des impacts sur les milieux naturels, la biodiversité ou l’accès aux services, doit être soumis à une évaluation environnementale et à une consultation publique.
Le ministère reconnaît d’ailleurs que les interventions pourraient avoir des effets sur les milieux côtiers et les terres agricoles. Pour l’instant, le programme demeure de nature générale. Les solutions précises seront déterminées ultérieurement, site par site.
Mario Heppell explique que le projet repose sur une formule hybride mêlant étude d’impact et nouvelles formes d’évaluations environnementales prévues à la Loi sur la qualité de l’environnement.
C’est justement cet aspect qui interpelle Mario Heppell. Il craint que les interventions, jugées trop peu concrètes et encore trop conceptuelles, mènent à un décret global qui priverait les citoyens et entreprises touchés du droit d’être entendus au BAPE, limitant ainsi leur capacité de défendre leurs préoccupations.
« Les citoyens pourraient être appelés à se prononcer sur un cadre général sans connaître précisément les impacts locaux. Une fois le décret adopté, la marge de manœuvre pourrait être plus restreinte », soutient-il.
Et Charlevoix?
Même si le programme vise actuellement d’autres régions, l’expert rappelle que Charlevoix n’est pas à l’abri des aléas côtiers.
« Les tempêtes sont plus fréquentes et plus intenses, et il y a moins de glace pour protéger les rives en hiver », affirme-t-il.
Il estime que les municipalités riveraines et les citoyens de la région auraient intérêt à suivre attentivement les audiences du BAPE, ne serait-ce que pour anticiper ce qui pourrait éventuellement s’appliquer ici et de pouvoir signaler au gouvernement les lacunes à corriger.
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Pourquoi la Côte-Nord n’est pas incluse dans ce projet ?