Des services de sages-femmes toujours réclamés dans Charlevoix

Par Félix Côté 4:59 AM - 28 février 2026
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Photographe Clara Laflamme 

Le dossier de l’implantation éventuelle de services de sages-femmes avance lentement. Le CIUSSS de la Capitale-Nationale confirme que « le dialogue se poursuit », mais le contenu des rencontres n’a pas été partagé au comité citoyen Enfanter entre Mer et Montagne : Objectif Sages-Femmes Charlevoix.

Le projet n’est pas neuf : une première mobilisation avait eu lieu entre 2016 et 2018 avant de s’essouffler, notamment à cause de la pandémie. Il a été relancé en 2022 par une nouvelle cohorte de parents de la région.

Plusieurs ont dû quitter Charlevoix pour leurs suivis. « Il y a une heure et demie pour Québec, deux heures pour Chicoutimi », rappelle Marine Midré, ajoutant que les rendez-vous répétés en fin de grossesse pèsent lourd : « Ça te prend une demi-journée ou une journée au complet pour aller faire ton suivi. »

Certaines familles supportent la contrainte ; d’autres, faute de temps, de ressources ou d’énergie, renoncent au suivi sage-femme distant. Autrement dit : certains prennent sur eux et voyagent, d’autres abandonnent le suivi par manque d’accessibilité — un choix contraint plutôt qu’un vrai libre choix. Administrativement, la région demeure tout de même considérée comme desservie, en raison de la présence de maisons de naissance dans la Capitale-Nationale.

Comprendre ce qu’est un suivi sage-femme

Les membres du comité précisent que la démarche vise à offrir un choix, pas à remplacer les médecins. Le suivi par sage-femme couvre la grossesse, l’accouchement et les six semaines postpartum. « Le lien thérapeutique est vraiment au centre », dit Charlie Laplante Robert : « On renseigne la famille, puis elle prend sa décision de façon éclairée. »

Contrairement aux idées reçues, accoucher avec une sage-femme ne signifie pas nécessairement accoucher à la maison : l’accouchement peut se dérouler à domicile, en maison de naissance ou à l’hôpital. Comme le souligne Marine, « quand ça ne marche pas… on s’en va à l’hôpital ».

Il faut nuancer ce point : les sages-femmes exercent dans un cadre et un champ de pratique précis — elles prennent en charge de nombreuses situations et certaines complications mineures — et lorsqu’une situation dépasse ce cadre, elles transfèrent la patiente à un médecin ou à un établissement hospitalier.

Pour plusieurs parents, la demande tient autant au vécu qu’à l’accessibilité. « Je ne voulais pas être vue en dix minutes. Je voulais me sentir préparée », explique Charlie Laplante Robert (phrase identifiée comme tienne). Mais elles insistent : « On ne veut pas que tout le monde soit suivi par une sage-femme. On veut que les familles aient le choix. »

Quant à l’image d’une maison de naissance, Marine ajoute : « Une maison de naissance, c’est comme être à la maison avec un cadre professionnel. »

Un service encore marginal au Québec

Selon le comité, environ 4 % des naissances au Québec seraient suivies par des sages-femmes, contre des proportions plus élevées ailleurs au Canada. L’OMS estime que, pour les grossesses sans complication, une majorité d’accouchements pourraient se dérouler de façon sécuritaire dans un cadre non-médicalisé. Pour le comité, il s’agit donc d’un service complémentaire et d’un élargissement de l’offre de soins et de choix.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale poursuit des discussions internes avec médecins et professionnelles; le comité reçoit des mises à jour ponctuelles mais n’est pas systématiquement présent aux rencontres. « On sait qu’ils en parlent, mais on n’est pas dans les rencontres », dit Marine Midré.

Le comité ne se pose pas en opposant au réseau : « On ne veut pas être en combat. On veut travailler main dans la main », affirme Marine.

Mobiliser la population

En attendant une décision, le comité mise sur la sensibilisation. Une projection-discussion du long métrage Sage et Rebelle aura lieu le 6 mars au Bistro des Balcons; une discussion publique suivra et la publication du lien se fera sur leur page Facebook. « Chaque maison de naissance a ouvert après une mobilisation citoyenne », rappelle Charlie Laplante Robert.

L’objectif demeure simple : que les familles de Charlevoix aient les mêmes options qu’ailleurs au Québec. Aucune échéance n’a toutefois été annoncée pour l’instant.

https://www.facebook.com/sagesfemmescharlevoix

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