5e édition du Méga Drag Charlevoix : la vitesse malgré le blizzard

Par Félix Côté 1:27 PM - 28 février 2026
Temps de lecture :

Vent soutenu, visibilité réduite à quelques centaines de pieds… et pourtant, personne ne voulait quitter la ligne de départ. Pour sa 5e édition, le Méga Drag Charlevoix a encore une fois démontré que la passion de la course de motoneige dépasse largement les caprices de la météo.

Sur la piste de 500 pieds, les moteurs ont rugi toute la journée, même lorsque la moitié du tracé disparaissait dans le voile blanc. Le président de l’événement, John Hudon, résume la situation : « On ne voit même pas jusqu’à 250 pieds. La moitié de la track, on ne la voit pas. Mais les gars veulent courir quand même. »

Une piste attendue tout l’hiver

Après plusieurs compétitions où les pilotes devaient composer avec une surface trop dure, la neige abondante a complètement changé la dynamique. « On a 18 pouces de neige présentement. La semaine passée, les gars allaient chercher le fond. Là, ils capotaient : enfin une track avec pleine adhérence », explique-t-il, ajoutant que plusieurs coureurs leur ont affirmé que c’était « la plus belle de l’année au Québec ».

Mais ces conditions idéales ont aussi amené leur lot de risques. À près de 170 km/h, le champ de vision se rétrécit drastiquement et la motoneige se dirige souvent plus par transfert de poids que par contact réel des skis avec le sol. « Quand tu ne vois plus ton point, tu dévies un peu… et tu peux aller chercher ton voisin », souligne John Hudon. Dans ce contexte, le mot d’ordre reste la prudence : « Quand tu vois que tu vas le perdre, lâche-le. Mets-toi pas dans la marde pour rien. » Un conseil toutefois difficile à appliquer « parce que l’adrénaline est dans le tapis ».

Une participation impressionnante

Malgré des rafales annoncées à 70 km/h, la compétition a attiré 220 inscriptions réparties dans 21 classes. « On s’attendait à plus, mais avec la température, on est extrêmement fiers », affirme le président, rappelant les efforts colossaux derrière l’organisation : « Ça fait des mois qu’on travaille là-dessus. Moi, deux semaines temps plein non-stop. »

Les spectateurs ont également droit à une immersion inédite cette année. Ils peuvent circuler dans les paddocks et observer la mécanique de près. « Vous pouvez être au travers des motoneiges, ressentir la vibration, voir les mécaniciens travailler », décrit-il, invitant la population à profiter du spectacle.

Et la compétition n’est plus exclusivement masculine.

Une tradition qui s’installe

Cinq ans après sa création, le Méga Drag Charlevoix dépasse la simple compétition mécanique. C’est devenu un rendez-vous hivernal régional où bénévoles, pilotes et curieux partagent la même obsession : la vitesse — même lorsque la ligne d’arrivée disparaît dans la neige.

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires