De l’amiante dans vos bâtiments publics

Par Emelie Bernier 4:58 AM - 27 février 2026 Initiative de journalisme local
Temps de lecture :
Istock

L'amiante a été utilisé jusque dans les années 1980, mais ses liens avec le cancer et les maladies pulmonaires l'ont fait tomber en disgrâce.

Les municipalités de Charlevoix gèrent de nombreux bâtiments, dont certains ont été bâtis il y a plusieurs décennies quand l’utilisation de l’amiante était monnaie courante. La très vaste majorité a déjà fait analyser les bâtiments sous sa gouverne dans le but de répertorier la présence d’amiante dans les différentes composantes et de planifier les travaux futurs en conséquences.

La MRC de Charlevoix-Est a pris en charge la gestion de cette étape et fait affaire avec l’entreprise GESFOR pour le recensement.

Sur le territoire de la MRC de Charlevoix, chaque municipalité a géré son propre inventaire, parfois même en régie interne comme ce fut le cas à Petite-Rivière-Saint-François.

L’évaluation des coûts supplémentaires associés à la présence d’amiante lors d’éventuels travaux sur les bâtiments concernés doit être inscrite dans les états financiers des municipalités, une norme comptable exigée par le gouvernement québécois depuis 2023. (Voir autre texte) Plusieurs municipalités accusent un retard en la matière, mais devraient corriger la situation cette année.

Tour d’horizon

À Baie-Sainte-Catherine, de l’amiante est présent dans deux bâtiments, soit l’Édifice-Albert-Boulianne et la Salle Henri-Paul-Chamberland. On estime que le désamiantage coûterait 47 670 $ pour le premier et 22 070 $ pour le second, partage la directrice générale Marieve Bouchard qui rappelle que chaque dépense compte.

L’édifice Albert-Boulianne. Archives

« En 2014, on avait dû enlever de l’amiante apparent dans une partie de la chaufferie, une dépense de 6000 $. Ce n’est pas énorme, mais pour une municipalité comme la nôtre, c’est beaucoup », commente Mme Bouchard.

Aucun autre bâtiment municipal ne contient de matériaux amiantés puisque bâti « aux normes de construction récentes ».

À Saint-Siméon, un feu a réglé le cas de la présence d’amiante, relate la directrice Josyanne Gauthier.

« Avec l’incendie du garage, le dossier de l’amiante a été réglé parce que c’est le seul bâtiment qui en contenait encore », explique-t-elle.

L’incendie du garage municipal à Saint-Siméon, en février 2025. Archives

La démolition des ruines a toutefois coûté plus cher en raison de la présence d’amiante. « C’était un niveau assez extrême de protection. Ça prenait des combinaisons spéciales, il fallait poser de grosses toiles dehors pour ne pas avoir de particules volatiles. Il fallait l’envelopper, aviser d’avance le centre d’enfouissement technique… On avait des rapports à remplir, des normes de conformité à respecter. Ç’a rajouté une couche de travail. La CNESST nous a guidés, c’est eux qui donnaient l’aval », explique Mme

Elle estime que « la portion amiante a coûté environ 30 000 $ de plus. »

 « C’est beaucoup plus laborieux que si c’était des matériaux sans amiante. C’est une job qui aurait pris une journée, mais ça rajouté et de la complexité.

Des travaux de désamiantage ont eu lieu au milieu « en 2016 ou 2017 » à la bibliothèque, située dans l’ancien presbytère.

« Pour nous, le cas de l’amiante est enfin réglé », conclut la DG.

Les Éboulements ont effectué l’inventaire de leurs bâtiments pour y déceler la présence d’amiante aussi tôt qu’en 2016, à la demande de la mutuelle d’assurance. La municipalité avait déboursé moins de 1000 $ pour l’analyse de ses immobilisations (Édifice Jean XXIII, Hôtel de Ville, caserne) et la conclusion était plutôt favorable puisqu’aucune présence d’amiante n’avait été confirmée.

« Par contre, en 2020, la municipalité a fait l’acquisition du Camp Le Manoir. Il n’y a pas de travaux comme tels qui ont été faits pour répertorier ce qui contenait de l’amiante, mais à l’inspection générale de préachat, ils ont fait le tour et trouvé de l’amiante dans le revêtement extérieur des petits chalets », explique la directrice générale adjointe, Rebecca Bleau.

Aucun montant n’a été inscrit à ce jour dans les états financiers. « Ce n’est pas assez significatif, alors à ce moment-ci, ce n’est pas un passif », conclut Mme Bleau.

En ce qui concerne L’Isle-aux-Coudres, des inspections ont été menées en 2016. Ces inspections ont permis de déceler des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante.

« Nous avons fait faire des inspections en 2016 et nous attendons une offre de services professionnels de notre mutuelle de prévention afin de faire des échantillonnages aux endroits où des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante avaient été soulevés dans les rapports », explique la directrice générale Paméla Harvey.

L’hôtel de ville, l’ancienne usine de traitement d’eau potable du secteur de Saint-Louis (un seul matériau : panneau de polystyrène extrudé), le bloc sanitaire du terrain de jeux de L’Islet (un seul matériau : revêtement de sol), la Maison du meunier aux Moulins de L’Isle-aux-Coudres, passeront sous la loupe.

« C’est en procédant à des échantillonnages que nous pouvons savoir si ces matériaux contiennent réellement de l’amiante », ajoute la dg.

Des tests préalables à des travaux menés en 2023 sur le bâtiment de l’hôtel de ville ont confirmé que la partie concernée était exempte d’amiante.  

Des travaux à court terme sont ensuite prévus au terrain de jeux de L’Islet concernant la réfection du bloc sanitaire.

À Saint-Irénée, l’inventaire commandé par la MRC de Charlevoix-Est a eu lieu à l’automne 2024. Les résultats ont été connus en 2025 et concluaient à la présence possible d’amiante dans le bâtiment qui abrite la salle municipale notamment. « L’Hôtel de ville, la salle municipale, le garage, les loisirs, tout ce qui est public a été analysé. C’est un peu comme jouer à Cherche et trouve… », indique la directrice générale Alexandra Simard.

L’ajout de l’évaluation des coûts des travaux aux états financiers est prévue pour cette année, mais des questions demeurent.

La municipalité de Saint-Irénée a fait analyser tous ses bâtiments, dont l’Hôtel de Ville. Archives

« On prévoit désamianter le plus loin possible. Pour le moment, on constitue des réserves pour le faire. Il n’y a aucun travaux urgents. Si on avait eu des rapports qui disaient que c’était dangereux, on l’aurait fait », conclut Alexandra Simard.

L’inventaire du vaste parc immobilier de La Malbaie pour y détecter la présence d’amiante a coûté 21 660 $. L’étape suivante, soit l’accompagnement de la firme Mallette pour répondre aux exigences administratives gouvernementales, représente un investissement de 9100 $.

La présence d’amiante ne concerne, au final, que 4 des 55 bâtiments répertoriés de la Ville soit la station de pompage du 1275, boulevard Malcom Fraser, le bâtiment de la patinoire de Cap à l’aigle, le centre communautaire de Saint-Fidèle et le centre des loisirs de Sainte-Agnès.

Le coût total pour le désamiantage de ces 4 bâtiments est évalué à 300 963 $, soit le passif total des 4 bâtiments incluant l’indexation des coûts.

Il ne faut toutefois pas perdre de vue que ces frais ne seront engagés que lorsque des travaux iront de l’avant pour la mise aux normes des bâtiments.

« Nous sommes à évaluer le remplacement de la chaudière et du désamiantage par la même occasion pour un des centres des loisirs qui sont prévus en 2026 pour une mise à niveau », précise Myriam Gagnon, directrice générale de la Ville de La Malbaie.

La Ville rappelle qu’à court terme, « il n’y a aucun risque pour la population lors de l’utilisation de ces endroits ».

La Ville de Clermont a octroyé le contrat de service d’experts-conseils en amiante à Groupe GESFOR Poirier, Pinchin inc. pour un montant approximatif de 31 090 $ taxes non incluses pour nos 15 bâtiments, résume sa dg France D’Amour.

En octobre dernier, un « mandat d’accompagnement en lien avec l’application de la nouvelle norme comptable SP3280 » a été confié à Malette S.E.N.C.R.L. pour un montant approximatif de 9 000 $ pour la comptabilisation et l’adéquation du rapport de Gesfor pour l’élaboration des calculs pour les états financiers, la préparation de la réserve et l’application de la nouvelle norme comptable. Les évaluations devraient être connues sous peu.

« Pour l’instant, nous n’avons pas de travaux majeurs planifiés dans nos bâtiments », indique Mme D’Amour.

À Baie-Saint-Paul, l’inventaire est « en cours de réalisation ». « Dès 2015, selon les exigences de la CNESST de l’époque, un inventaire des bâtiments de la Ville a été réalisé. En 2019, certains nouveaux bâtiments furent vérifiés. Nous sommes présentement en préparation d’appel d’offres afin de sélectionner les professionnels qui réaliseront l’expertise afin de finaliser l’inventaire en fonction des nouvelles normes comptables », indique Émilien Bouchard, greffier et directeur général adjoint.

Un montant de 60 000 $ a été prévu à cette fin au plan triennal d’immobilisation pour 2026.

Pour le moment, impossible de dire, donc, si de l’amiante est présent dans les quelque 12 bâtiments gérés par la Ville, excluant les stations d’eau potable et d’eau usées.

« On aura la réponse suite à l’inventaire à être réalisé par les professionnels au cours de l’année. Les frais supplémentaires inhérents aux travaux de désamiantage seront connus en cours d’année », ajoute M. Bouchard.

Le chalet de Gabrielle Roy à Petite-Rivière-Saint-François. Archives

Le directeur des travaux publics de Petite-Rivière-Saint-François, Jean Harvey, explique pour sa part que l’inventaire a été fait à l’interne. Une seule occurrence de présence d’amiante a été relevée.

« Tout a été analysé et il n’y en a nulle part. Notre caserne est neuve, on a un nouveau garage, l’édifice municipal est aux normes. Le revêtement du chalet Gabrielle-Roy est en tuiles d’amiante, mais c’est sans danger parce que c’est très stable tant qu’on n’y touche pas », précise M. Harvey. Les revêtements « en losanges » sont considérés sans danger.

À Notre-Dame-des-Monts, l’inventaire a été complété dans la foulée du mandat octroyé GESFOR par la MRC de Charlevoix-Est.

« Les deux garages, soit le principal situé au 98, rue Notre-Dame, et l’autre au 15, rue Principale, ont quelques feuilles de fibrociment. La firme pense qu’elles pourraient contenir de l’amiante », résume Éric Thivierge, directeur général et greffier de la municipalité. On ne prévoit pas de travaux pour le moment.

Saint-Hilarion a servi une réponse laconique à notre demande d’information. « Aucun travail de désamiantage n’a été effectué à ce jour et aucun travail de cette nature n’est actuellement prévu », a indiqué la directrice générale et greffière Nathalie Lavoie.

La municipalité de Saint-Aimé-des-Lacs n’a pas donné suite à notre requête malgré des demandes répétées.

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

À lire également

Désamiantage des bâtiments publics: les MRC n’y échappent pas

La ZEC des Martres retrouve son droit de commerce

Record de participation pour le 23e RVGRH

Horizon

Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.

Horizon

Quand on devient maman, on ne regarde plus les écoles de la même manière

Présenté par Assemblée nationale du Québec
Horizon

La gestion des déchets ultimes dans Charlevoix-Est : un engagement naturel pour nos générations futures !

Présenté par MRC de Charlevoix-Est
Horizon

Le mystère résolu de la disparition en mer d’Antonio et de Rémi Bouchard

Présenté par Municipalité de Petite-Rivière-Saint-François
Horizon

M&K Charlevoix : le café mobile à l’image de Baie-Sainte-Catherine

Présenté par SADC Charlevoix
Horizon

Fondation Hôpital de Baie-Saint-Paul : Investir dans le bien-être de sa communauté

Présenté par Fondation Hôpital de Baie-Saint-Paul
Horizon

Charlevoix Toutes Saisons : un rendez-vous local à savourer!

Présenté par Saveurs Authentiques