Désamiantage des bâtiments publics: les MRC n’y échappent pas
Le bâtiment de la MRC de Charlevoix au 4, rue de l'Église, a fait l'objet de travaux. Archives
Elles-mêmes gestionnaires de parcs immobiliers, les MRC ont également dû se prêter à l’exercice imposé aux municipalités pour intégrer la norme comptable GC 3280, Obligations liées à la mise hors service d’immobilisations, dans leurs états financiers.
Sur son territoire, la MRC de Charlevoix Est a pris les rênes pour l’étape des inventaires afin d’obtenir « un meilleur prix sur l’analyse et pour aider nos municipalités à avoir une analyse rapidement », indique le directeur général, Jean-Christophe Maltais.
La firme GESFOR a ainsi mené les inventaires pour toutes les municipalités de la MRC, un contrat d’environ 100 000 $.
« Ce n’est pas l’inventaire qui coûte cher ! La facture est plus salée quand vient le temps de faire les travaux là où des matériaux contiennent de l’amiante parce que la nature des travaux change. Il y a beaucoup plus de contraintes », résume Michel Boulianne, directeur de l’environnement et des bâtiments. Il estime que l’objectif de ces inventaires est de « savoir à quoi s’en tenir ».
« Ça ne veut pas dire qu’il faut tout désamianter demain matin ! Une toiture est à refaire ? On regarde le rapport et si elle contient de l’amiante, il faut prendre toutes les procédures… Parfois, ce sera juste d’avertir les soumissionnaires qu’ils vont avoir à faire à du matériel contaminé. Et il faut avoir les fonds nécessaires quand ça va arriver parce que oui, ça coûte plus cher », indique M. Boulianne.

La MRC de Charlevoix-Est elle-même, qui détient l’aéroport, le lieu d’enfouissement technique et les bâtiments qui abritent ses bureaux ainsi que le poste de la Sûreté du Québec, est plutôt en bonne posture face aux enjeux de désamiantage.
« Pour nos bâtiments, on a fait l’analyse, mais il n’y a rien de majeur. Il faut rappeler que tant que tu ne brasses pas le matériel, il ne sort pas d’amiante », indique Michel Bouliane.
M. Maltais n’hésite pas à parler d’une « drôle de norme comptable ».
« Ce n’est pas une norme qui nous a rendu la vie facile. Il faut un peu jouer au devin parce que plein d’éléments, dans un bâtiment, sont susceptibles de contenir de l’amiante, mais n’en contiennent pas nécessairement. La toiture de la partie la plus ancienne du local qui abrite nos bureaux contiendrait potentiellement de l’amiante. Est-ce qu’on va arracher un bout de toiture pour l’analyser quand on sait justement que c’est là, quand elle est manipulée, que l’amiante devient dangereux ? », questionne le dg.
Et du côté de l’ouest
Karine Horvath, directrice de la MRC de Charlevoix, rappelle que la préoccupation à propos de la présence d’amiante ne date pas d’hier.
« Dans les 10 à 15 dernières années, les firmes ont travaillé dans ce sens-là. Par exemple, lors des travaux à la façade extérieure de nos bureaux au 4, de l’Église, une chute de plastique a été installée pour contenir les matériaux. »
La différence est que la prise en compte du coût associé au désamiantage est désormais une exigence comptable imposée à chacune des municipalités. « Comme nous, elles doivent indiquer un chiffre dans leurs états financiers, s’il y a, un jour, désamiantage », résume Mme Horvath.
La MRC possède quelques bâtiments relativement âgés.
« L’édifice principal date de 1906 et l’ancien hôtel de ville de 1927. On avait une bonne idée qu’il y avait sûrement présence d’amiante dans la plupart des matériaux isolants qui servaient à l’époque. Maintenant, on a un estimé s’il y avait des travaux à inscrire. En tout pour les deux édifices, ça pourrait représenter environ 350 000 $, mais ce sont des estimés », insiste Mme Horvath. La présence d’amiante est aussi notée sur certains bâtiments du Domaine à Liguori
Pour l’instant, aucune rénovation n’est prévue aux bâtiments.
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