Désamiantage des bâtiments publics : le spectre de l’amiantose
L'inhalation des petites fibres d'amiante (ou de la poussière d'amiante) libérées dans l'air à partir de matériaux de construction pendant des activités de rénovation ou de démolition est dangereuse pour la santé selon Santé Canada.
Largement utilisé dans les matériaux de construction entre les années 1950 à 1980, l’amiante a connu une solide débandade quand on lui a attribué un rôle dans la prévalence de maladies pulmonaires, dont l’amiantose, et certains cancers.
La présence d’amiante n’est pas systématiquement dangereuse. « Les matériaux contenant de l’amiante qui sont en bon état, qui ne sont pas friables et qui ne sont pas manipulés ne présentent pas de risques pour la santé, indique Émilie Lavoie, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux.
C’est lorsque des fibres d’amiante sont libérées dans l’air, « par exemple lors de travaux nécessitant de scier, percer, découper, poncer, sabler ou casser les matériaux », que les personnes qui y sont exposées courent des risques.
Selon une étude de l’INSPQ parue il y a quelques années, « les matériaux contenant de l’amiante peuvent être présents sous diverses formes, telles que des calorifugeages (isolation des tuyaux, bouilloires et réservoirs), des revêtements de surface appliqués par flocage ainsi que divers autres produits (tuiles de plancher et de plafond, plâtre acoustique, tuiles de fibro-ciment…). »
Les conséquences d’une exposition à des fibres d’amiante dans l’air peuvent être très graves : maladies pulmonaires chroniques, cancers du poumon, du larynx ou des ovaires, des conditions pouvant mener au décès.
Ce n’est qu’en novembre 2016 que le gouvernement fédéral a annoncé l’interdiction de fabriquer, d’utiliser, de vendre, de mettre en vente ou d’importer de l’amiante ou des produits qui en contiennent. La législation entrait en vigueur en 2018.
La CNESST applique une politique de tolérance zéro sur les chantiers lorsque la présence d’amiante est confirmée.

L’employeur a la responsabilité de réduire l’exposition des travailleurs lors de travaux émettant des poussières d’amiante. Il devra, à priori, effectuer la vérification de la présence d’amiante et son type, le cas échéant, avant d’entreprendre un travail susceptible d’émettre de la poussière d’amiante.
Les travailleurs devront avoir accès à un appareil de protection respiratoire approprié. L’employeur devra également prendre les mesures requises pour contrôler l’émission de la poussière d’amiante avant d’entreprendre un travail sur des matériaux ou des produits, y compris sur des flocages et des calorifuges, contenant de l’amiante.
« En cas de manquement à ces règles, une inspectrice ou un inspecteur de la CNESST peut ordonner la suspension de travaux ou la fermeture d’un lieu de travail. Il peut également apposer des scellés. Les fautifs seront passibles de poursuites pénales. »
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