Alors que la municipalité de Saint-Aimé-des-Lacs souhaitait obtenir l’appui de la MRC de Charlevoix-Est pour intervenir auprès du gouvernement provincial concernant la forte hausse du rôle d’évaluation, la réponse du préfet Michel Couturier demeure mesurée.
Le sujet a bel et bien été abordé, confirme-t-il, mais il rappelle que l’enjeu dépasse largement la simple adoption d’une résolution. Il parle d’« un assez gros dossier complexe », soulignant que chaque dépôt de rôle provoque son lot de réactions, particulièrement lorsque les augmentations atteignent « 40 % ou 42 % comme à Saint-Aimé-des-Lacs ».
Même si la MRC produit le rôle d’évaluation, elle le fait dans un cadre légal strict. La méthode repose sur une loi provinciale et l’application d’un évaluateur agréé, ce qui limite la marge de manœuvre locale. Selon lui, demander au gouvernement de revoir le système ne peut se résumer à une prise de position politique, puisqu’il s’agit d’« autre chose que de faire une résolution puis dire : revoyez ça », qualifiant le chantier d’« énorme ».
La question n’est d’ailleurs pas nouvelle : les unions municipales (FQM et UMQ) se sont déjà penchées sur la méthode d’évaluation et ont même déposé des mémoires dans le passé. Malgré ses imperfections, le modèle actuel demeure, selon le préfet, le plus viable pour établir la richesse foncière d’un territoire. Il admet toutefois que l’impact peut être brutal pour certains contribuables, rappelant que la moyenne de 40 % peut cacher des hausses individuelles de « 60 % ou 80 % ».
Pour cette raison, la MRC n’entend pas dénoncer officiellement le système pour le moment. Michel Couturier estime qu’une critique doit s’accompagner d’une solution, et qu’il demeure difficile de trouver « une autre façon uniforme de définir la richesse foncière ». Il ajoute que le débat relève davantage des unions municipales et des ministères que d’une seule MRC.
L’organisation préfère donc suivre attentivement la situation plutôt que mener une intervention politique immédiate, notamment alors que les comptes de taxes commencent à être envoyés ailleurs dans la région.
Le préfet rappelle finalement que l’ampleur de la hausse demeure exceptionnelle. À son expérience, les rôles précédents oscillaient entre « 2 % et 8 % », et il ne croit pas que les prochaines mises à jour atteindront encore les 40 %, évoquant plutôt un marché qui « s’ajuste ».
Pour l’instant, la MRC de Charlevoix-Est adopte ainsi une posture d’observation. La réaction des citoyens à la réception des comptes de taxes pourrait toutefois relancer le débat sur la méthode d’évaluation foncière au Québec.
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