Flexiprêt pour les femmes : « On est vraiment venu répondre à ce besoin-là »

Par Félix Côté 5:42 PM - 25 février 2026
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Le projet Flexiprêt pour les femmes a officiellement pris fin le 25 février 2026 à La Malbaie, lors d’une activité de clôture tenue à l’Hôtel le Petit Manoir du Casino. L’événement a permis de dresser le bilan du projet pilote déployé dans Charlevoix, sur la Côte-de-Beaupré et à l’Île d’Orléans.

Sur place, les organisateurs ont présenté les résultats globaux du programme, dévoilé une mosaïque des « flexipreneures » accompagnées et souligné la contribution des partenaires du Réseau des SADC et CAE. Une mini-conférence de Kim Auclair, productrice de Capable – Entreprendre sans limites, a également inspiré les participantes avant une période de réseautage.

« Les femmes entreprennent tout autant »

Au-delà du bilan chiffré, c’est surtout une réflexion plus large sur l’entrepreneuriat féminin qui a marqué la rencontre.

« Les femmes entreprennent tout autant que les hommes », a affirmé Marilyn Tremblay, directrice générale de la SADC Charlevoix–Côte-de-Beaupré–Île d’Orléans. « Mais moins souvent, par contre, elles vont s’assumer comme entrepreneures. »

Marilyn Tremblay, directrice générale de la SADC Charlevoix–Côte-de-Beaupré–Île d’Orléans.

Elle a rappelé qu’« il y a plus de 57 % des entreprises qui sont démarrées par des femmes qui le sont à temps partiel ». Plusieurs conjuguent leur projet avec un emploi, des études ou des responsabilités familiales. « On voit ça pas comme étant négatif, c’est juste une réalité qui existe. »

Des barrières encore présentes

Selon Mme Tremblay, cette réalité explique en partie les obstacles au financement. « C’est plus difficile pour les femmes d’avoir accès à du financement ou à des capitaux de risque », a-t-elle souligné, évoquant « des biais inconscients » et « des stéréotypes ».

Elle a ajouté que les caractéristiques traditionnellement associées à la réussite entrepreneuriale sont souvent perçues comme plus masculines « fonceur, audacieux » alors que des qualités comme « l’intelligence émotionnelle » ou « le sens stratégique » sont moins spontanément valorisées.

Elle a aussi noté que plusieurs programmes exigent un engagement à temps plein. « Quand on est à temps partiel dans notre projet d’entreprise, ça nous coupe une multitude de projets de financement », a-t-elle expliqué.

Un prêt adapté à la réalité des femmes

Le projet Flexiprêt a été conçu pour répondre précisément à cette situation. « On est vraiment venu répondre à ce besoin-là », a affirmé la directrice générale. « On est venu leur offrir un prêt dédié qui convenait à leurs besoins, avec de la flexibilité, de la rapidité. »

L’analyse s’est concentrée sur « la viabilité économique du projet, la capacité de remboursement et le dossier de crédit de la promotrice », permettant « de bien gérer notre risque » tout en accélérant le traitement des demandes.

Les résultats ont été concluants. « On n’a pas eu de perte sur prêt », a-t-elle indiqué. « Chaque dollar que nous, à la SADC, on a investi en Flexiprêt, ça a permis de faire lever plus de cinq dollars auprès d’autres partenaires financiers. »

Pour l’organisation, l’approche graduelle a démontré qu’« il est moins risqué de partir un projet à temps partiel », puisque cela permet « de démarrer graduellement, de tester le marché, de bien gérer sa prise de risque ».

Une volonté d’entreprendre en déclin

Un constat plus préoccupant a également été soulevé. « Les volontés d’entreprendre des femmes sont en déclin en ce moment », a mentionné Mme Tremblay. Si l’indice entrepreneurial a rebondi chez les hommes après la pandémie, « chez les femmes, ça ne remonte pas ».

Elle s’est interrogée sur les causes possibles : la charge familiale, l’accès au financement ou encore le manque de modèles féminins diversifiés mis de l’avant dans l’espace public. « Pour nous, c’est vraiment important de changer le message, de véhiculer qu’il y a toutes sortes de façons d’entreprendre différentes. »

Le repreneuriat comme opportunité

La question de la relève entrepreneuriale a aussi occupé une place dans les discussions. « Reprendre, c’est différent de partir une business », a-t-elle expliqué. Une entreprise existante demande « d’être un bon communicateur, habile dans la gestion du changement » et de faire preuve de « sensibilité » et « d’intelligence émotionnelle ».

« Le repreneuriat, c’est encore moins risqué qu’un démarrage », a-t-elle conclu, en insistant sur l’importance de préparer les transferts d’entreprise plusieurs années à l’avance.

Au terme de la soirée, les organisateurs ont affirmé avoir voulu démontrer qu’un financement adapté pouvait devenir un levier concret pour les régions. L’événement a surtout permis de rappeler une réalité claire : les femmes entreprennent déjà, et lorsqu’on adapte les outils à leur réalité, elles réussissent.

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