La MRC de Charlevoix-Est souhaite modifier son ordonnance de suivi comportemental des chiens afin de pouvoir intervenir plus efficacement dans les situations jugées à risque. Au cœur du problème : la rareté d’évaluateurs habilités à déterminer l’état de dangerosité d’un animal.
Selon la réglementation provinciale, avant qu’une municipalité puisse imposer des mesures sévères — muselière obligatoire, restrictions ou euthanasie — un chien doit obligatoirement subir une évaluation comportementale réalisée par un vétérinaire spécialisé. Or, ces experts sont très peu nombreux au Québec.
« Il y en a environ une douzaine dans la province et ils ne viennent pas nécessairement dans la région. Tant que cette évaluation n’est pas faite, on ne peut pas intervenir », explique le préfet de la MRC et maire de La Malbaie, Michel Couturier.
Une compétence municipale… difficile à appliquer
Dans plusieurs municipalités de la MRC, des citoyens ont signalé des situations problématiques : morsures, animaux errants ou comportements agressifs.
À Saint-Agnès, par exemple, trois bergers allemands gardés sur une galerie ont suscité l’inquiétude des résidents. Les chiens auraient sauté la clôture à quelques reprises et causé des incidents dans le voisinage, au point où une pétition a circulé.
Malgré la pression populaire, la municipalité demeure limitée. « Les gens nous disent d’intervenir parce que c’est notre compétence, mais je ne peux pas décider qu’un chien est dangereux sans évaluation. Je ne peux pas agir autrement », résume M. Couturier.
Sans rapport officiel, même la SPCA ne peut appliquer de mesures permanentes. Résultat : les interventions se limitent souvent à des amendes temporaires.
Le cas d’une coureuse à Clermont
Une situation récente illustre la complexité du processus. Une joggeuse avait signalé avoir été attaquée par un chien à Clermont. Après analyse par un spécialiste, le rapport a conclu que l’animal ne présentait pas d’état de dangerosité. Les mesures imposées ont donc été levées et le chien n’a plus à porter de licou obligatoire.
Le dossier rappelle toutefois l’importance des responsabilités partagées, notamment la surveillance et l’attache des animaux. La MRC en profite pour rappeler aux propriétaires qu’ils doivent garder leurs chiens sous contrôle en tout temps.
Une résolution pour élargir les évaluateurs
Pour débloquer la situation, la MRC de Charlevoix-Est a adopté une résolution demandant au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) d’élargir les critères permettant d’évaluer les chiens.
L’objectif : permettre à d’autres professionnels qualifiés — comportementalistes ou spécialistes reconnus — de réaliser ces évaluations, ou faciliter l’accès aux experts existants. « Notre enjeu principal, c’est la disponibilité des vétérinaires spécialisés. Tant que ça ne sera pas réglé, on ne pourra pas exercer pleinement notre compétence sur les animaux dangereux », affirme le préfet.
La MRC explore aussi des pistes pour accélérer les démarches, notamment en obligeant les propriétaires à se déplacer vers les centres d’évaluation lorsque les experts ne se rendent pas en région.
Sécurité publique et prévention
En attendant une solution provinciale, les municipalités doivent composer avec des délais importants entre un incident et une décision officielle.
La MRC rappelle que la prévention demeure essentielle :
- attacher son chien
- éviter la divagation
- collaborer avec les autorités lors d’une plainte
Car sans évaluation comportementale, même les situations jugées préoccupantes peuvent demeurer sans conclusion juridique définitive — un vide administratif que la MRC espère voir corrigé rapidement.
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