La majorité des paramédics songent à quitter le navire
Selon un sondage mené auprès des paramédics de la Capitale-Nationale, syndiqués à la membres de syndicats CSN, une forte majorité d’entre eux songent à quitter leur employeur actuel.
Au total, 209 paramédics de la région ont répondu au sondage. Parmi les répondants, seulement 74 estiment qu’ils seront toujours à leur poste dans cinq ans. Pas moins de 102 envisagent un changement de carrière d’ici les cinq prochaines années. Sept répondants comptent prendre leur retraite d’ici cinq ans.
« Comme président du Syndicat des paramédics de Charlevoix–CSN, je ne peux pas dire que ça m’étonne », poursuit Kevin Côté. « Les paramédics ne se sentent pas respectés par le gouvernement, qui laisse traîner les négociations en longueur et agit comme s’il tenait tous les paramédics pour acquis. Le coup de sonde que nous avons mené devrait le convaincre au contraire qu’il y a urgence d’agir. »
« C’est un signal d’alarme qu’il faut prendre au sérieux », prévient le président de l’Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH–CSN), Frédéric Maheux.
Il mentionne que les paramédics « vivent un niveau élevé de stress lié à l’emploi, des surcharges de travail, des risques physiques et psychologiques… quand ils comparent leur salaire et leurs conditions de travail à ce qui est offert ailleurs, le secteur préhospitalier n’est vraiment pas concurrentiel… Qu’il s’agisse des travailleurs des autres services d’urgence, de leurs collègues du réseau public de santé et de services sociaux, voire des conducteurs de véhicule lourds, tous ces travailleurs et travailleuses reçoivent un salaire plus en phase avec leur réalité», poursuit-il
Ce sera bientôt le 3e anniversaire de la fin de leur convention collective. La dernière augmentation de salaire des paramédics remonte au 1er avril 2022. Ils ont entrepris une grève en juillet 2025 tout en maintenant des services essentiels. La cinquantaine de rencontres de négociation n’ont pas permis d’en arriver à un accord. Le salaire, la surcharge et l’accès à certaines mesures octroyées par le gouvernement à d’autres groupes de la santé et des services sociaux comme la bonification de certaines primes et de la rémunération des heures supplémentaires sont au cœur des échanges.
La CSN rappelle quele principal défi de main-d’œuvre dans le secteur préhospitalier est de convaincre la relève d’y faire carrière.. La rémunération inadéquate, la surcharge de travail et les conditions difficiles, autant physiques que psychologiques, expliquent cette difficulté que connaît le réseau à conserver la main-d’œuvre.
« À moins d’un changement de cap immédiat de la part du gouvernement, c’est toute la population de la région qui finira par faire les frais des mauvais choix de la CAQ », réagit la présidente du Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches–CSN, Barbara Poirier. Décidément, ce gouvernement a un drôle de sens des priorités : « S’assurer qu’il y aura toujours des paramédics prêts à intervenir dans toute situation d’urgence devrait être au sommet de ses préoccupations », dit-elle.
La CSN représente 3300 paramédics du Québec, dont les 60 qui œuvrent dans Charlevoix.
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