« Je ne suis pas au Mexique, je suis en Irak » : le récit d’une vacancière de Baie-Saint-Paul
Guylaine Guay a assisté à des scènes de véhicules incendiés et d’explosions depuis son condo à Puerto Vallarta, dimanche matin.
La citoyenne de Baie-Saint-Paul, Guylaine Guay, a vécu des heures d’angoisse dimanche à Puerto Vallarta, au Mexique, alors qu’une série d’incidents violents secouait la région de Jalisco.
Arrivée le 5 février pour un séjour de sept semaines, il s’agissait de sa première visite dans cette destination prisée des touristes. Or, tôt dimanche matin, alors qu’elle prenait son café dans son condo loué, la situation a rapidement basculé.
« On voyait plein de feux autour de nous. Au début, on pensait qu’ils brûlaient des poubelles », raconte-t-elle. En montant au 13e étage de l’immeuble pour mieux voir, elle et ses proches aperçoivent plutôt des fourgonnettes, des voitures et même des camions en flammes.
« Il y avait des explosions un peu partout. Ce n’était pas beau à voir. »
Nemesio Oseguera, surnommé « El Mencho », chef du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG), a été blessé dimanche lors d’une opération militaire à Tapalpa, dans l’État de Jalisco. Il est décédé pendant son transfert en avion vers Mexico, selon l’armée mexicaine.
L’annonce de sa mort a déclenché une violente riposte du cartel. Des membres présumés ont bloqué des routes, incendié des véhicules, attaqué des stations-service, des commerces et des banques, et affronté les forces de l’ordre dans une vingtaine d’États du pays.

« Je me suis trompée, je ne suis pas au Mexique, je suis en Irak », a-t-elle lancé à ses fils en leur envoyant des vidéos des explosions.
Des hélicoptères de l’armée survolaient le secteur avoisinant leur condo et des hommes armés étaient visibles, raconte Mme Guay. Les occupants de l’immeuble ont été invités à se préparer au cas où une évacuation serait ordonnée. « On ne savait pas quoi faire. On était dans l’incertitude totale », confie-t-elle.
Depuis, la situation semble graduellement se stabiliser. Les commerces rouvrent et la circulation reprend. « Les gens sont calmes. Il n’y a pas eu de cohue. Mais c’est certain que ça fait réfléchir », dit-elle, admettant ne pas savoir si elle mènera son séjour à terme comme prévu, jusqu’au 28 mars.
« Pour une première fois ici, c’est quelque chose », ajoute-t-elle.
La femme fait toutefois confiance aux autorités en place et estime qu’elle demeure en sécurité malgré tout.
La ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand, invite ce lundi les Canadiens au Mexique à respecter les consignes des autorités locales, notamment en restant à l’abri lorsque demandé. Elle précise toutefois qu’aucun rapatriement n’est envisagé pour le moment, ni avec les transporteurs aériens ni avec les Forces armées canadiennes.
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