Parc national de la Côte-de-Charlevoix: le secteur Pointe-aux-Alouettes axé sur la culture

Par Félix Côté 10:24 PM - 19 février 2026
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Le projet de parc national de la Côte-de-Charlevoix franchit une nouvelle étape. Réunis à Pointe-aux-Alouettes devant une vingtaine de citoyens, des représentants du ministère de l’Environnement et de la SÉPAQ ont présenté les grandes lignes du premier secteur d’aménagement, appelé à devenir le cœur historique et culturel du futur territoire protégé.

Le parc, dont le nom définitif reste à déterminer, couvrira environ 63 km² et sera divisé en trois secteurs complémentaires. Celui de Pointe-aux-Alouettes mettra particulièrement en valeur la signature de la Grande Alliance entre Français et Autochtones, un élément identitaire ressorti fortement lors des consultations menées auprès de plus d’une centaine de résidents.

« Les gens nous ont parlé d’attachement au territoire, de fierté et de l’importance de raconter l’histoire du lieu », explique la chargée de projet au ministère de l’Environnement, Geneviève Brunet. « Le concept vise donc autant la protection que la mise en valeur du patrimoine. » La SÉPAQ agira comme gestionnaire du parc.

Un aménagement axé sur l’accès et la découverte

Le secteur de Pointe-aux-Alouettes conservera plusieurs infrastructures déjà présentes, mais elles seront bonifiées.

Des sentiers existants seront améliorés, des belvédères aménagés et des escaliers permettront d’accéder à la plage. Un stationnement sera construit et des haltes d’interprétation raconteront l’histoire du site. Un sentier universel, nommé « halte découverte », sera accessible aux personnes à mobilité réduite. « On veut rendre le territoire accessible au plus grand nombre tout en protégeant les milieux sensibles », souligne Jean-François Beaulieu, également chargé de projet. « La forêt sera conservée notamment pour l’observation des oiseaux, très présente dans ce secteur. »

L’accès se fera directement depuis la route 138, avec l’ajout d’une voie de virage à gauche. Mais certains citoyens s’inquiètent déjà de la sécurité routière. « Le secteur est dangereux pour les piétons. Il faudrait revoir l’aménagement actuel », a fait valoir un résident, demandant aussi le retrait du terre-plein central.

Un autre a soulevé la question du bruit des freins moteurs des camions, craignant que cela nuise à la tranquillité de la faune.

Érosion et protection du patrimoine

L’érosion côtière demeure un enjeu majeur. Un citoyen a rappelé la situation vécue à Tadoussac avec les dunes. « Oui, il y a de l’érosion. On veut analyser le phénomène avant d’intervenir », répond Geneviève Brunet. « Des solutions ont déjà été appliquées ailleurs, par exemple au parc national de la Pointe-Taillon, et on s’en inspirera. »

Le ministère prévoit aussi du nettoyage forestier afin de réduire les risques d’incendie liés au bois mort, notamment après les ravages de la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Les bâtiments patrimoniaux seront évalués un à un. Certains seront restaurés, d’autres pourraient être abandonnés. « On ne s’engagera pas dans un puits sans fond avec des bâtiments irrécupérables », précise M. Beaulieu.

Accès payant et réactions locales

L’accès au parc sera payant, y compris pour les résidents de Baie-Sainte-Catherine. Une carte annuelle d’environ 50 $ sera offerte.

Le maire Donald Kenny a confirmé que la municipalité ne compensera pas ce coût. « Notre budget ne nous permet pas de payer pour les citoyens. Les résidents devront débourser ce montant », indique-t-il.

Cette mesure fait réagir certains citoyens, notamment Claude Dallaire, dont des ancêtres reposent dans le cimetière du site. « Ma famille est enterrée ici. Il devrait y avoir une exception pour accéder à la tombe », estime-t-il.

Un parc vivant en été accessible en hiver

Le territoire sera ouvert à l’année, sans barrière ni accueil permanent. Les animaux domestiques seront permis dans les sentiers et la fréquentation hivernale sera libre.

Les Premières Nations d’Essipit et la Nation wendat seront impliquées dans le projet et u ne table d’harmonisation réunissant le milieu local se rencontrera trois fois par année pour discuter du développement futur.

Les prochaines étapes

Après les rencontres citoyennes de février 2026, une consultation publique officielle suivra au printemps, incluant 60 jours de commentaires. Une audience du BAPE pourrait avoir lieu à l’été ou à l’automne 2026. Si l’échéancier est respecté, le parc pourrait être officiellement créé à l’été 2028. « Le projet avance bien et il est de mieux en mieux perçu par la population », conclut Geneviève Brunet.

Pour les citoyens, le débat ne porte désormais plus sur l’existence du parc, mais sur la manière dont ce nouveau territoire protégé prendra forme.

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