(MISE À JOUR) Santé : des départs redoutés dans Charlevoix
Le ministre québécois de l'Immigration, Jean-François Roberge, répond aux questions de l'opposition à l'Assemblée nationale du Québec, le mardi 10 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot
Des travailleuses et travailleurs du réseau de la santé dans Charlevoix sont directement touchés par la fermeture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), dénonce la CSN, qui réclame une clause grand-père immédiate pour éviter des départs forcés.
De passage à Baie-Saint-Paul ce mardi, le secrétaire général du Conseil central Québec–Chaudière-Appalaches (CSN), François Proulx-Duperré, affirme que des infirmières, des préposés aux bénéficiaires, des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS), ainsi que du personnel en services alimentaires et en entretien œuvrant dans Charlevoix pourraient voir leur permis de travail expirer sans possibilité de régulariser leur statut.
« Ça touche Portneuf, Québec et Charlevoix. On ne peut pas se permettre de perdre ces personnes alors que le réseau tient déjà à bout de bras », soutient-il.
Selon la centrale syndicale, plus de 400 travailleurs au CHU de Québec et près de 700 au CIUSSS de la Capitale-Nationale détiennent des permis fermés venant à échéance en 2026. Bien que les chiffres précis pour Charlevoix ne soient pas encore confirmés, la CSN assure que la région est concernée.
François Proulx-Duperré reproche au gouvernement d’avoir « changé les règles du jeu en cours de route ». « Ces gens-là ont tout laissé derrière eux avec la promesse qu’après deux ans de travail et la maîtrise du français, ils pourraient obtenir un CSQ par le PEQ et accéder à la résidence permanente. On ne peut pas retirer ça sans clause transitoire. »
Il critique également la position de l’actuel ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, qui a évoqué la possibilité pour les travailleurs de renouveler leur permis de travail en attendant. « Dire qu’ils n’ont qu’à renouveler leur permis, ce n’est pas exact. S’il délivre les CSQ par le PEQ, ils n’ont pas besoin de renouvellement », affirme-t-il.
Le ministre a aussi indiqué vouloir soumettre différents scénarios à la prochaine personne qui dirigera le gouvernement. Une approche jugée inacceptable par la CSN. « Attendre au 12 avril, c’est trop tard. Pendant ce temps, des gens doivent quitter. »
Au-delà des chiffres, le syndicat insiste sur la dimension humaine du dossier. « Ce ne sont pas des numéros. Ils enrichissent le Québec économiquement, mais aussi humainement. C’est une tragédie humaine. Il faut rouvrir le PEQ maintenant. »
Le 6 février dernier, le ministre Roberge a assuré que les 6 300 travailleurs de la santé concernés conserveront leur poste, malgré les changements.
Le CIUSSS répond
Par courriel, le CIUSSS de la Capitale-Nationale indique employer plus de 800 travailleurs étrangers temporaires dans différents corps d’emploi, dont des infirmières, préposés et employés de soutien.
D’ici la fin de 2026, « plus de 300 permis de travail viendront à échéance » et environ 35 % de ces employés pourraient éprouver des difficultés de renouvellement, « notamment en raison des récents changements du Programme de l’Expérience québécoise (PEQ) », précise l’organisation.
Le CIUSSS assure que « ce dossier est suivi de près » et qu’il travaille avec ses partenaires afin d’accompagner ces travailleurs, qui « contribuent pleinement à assurer une prestation de soins et de services sécuritaires et de qualité ».
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Les travailleurs de la santé seront épargnés d’après les énoncés du ministre Roberge. La CSN voit encore une façon de faire parler de lui et de s’objecter, contre toutes propositions de projet de loi d’ailleurs, sans laisser aucune chance de s’adapter ou de reconsidérer.